Bolsonaro annule sa présence à un sommet régional sur l'Amazonie

Jair Bolsonaro doit être opéré dimanche pour la quatrième fois depuis l'attentat à l'arme blanche qui avait failli lui coûter la vie durant sa campagne électorale le 6 septembre 2018.
Jair Bolsonaro doit être opéré dimanche pour la quatrième fois depuis l'attentat à l'arme blanche qui avait failli lui coûter la vie durant sa campagne électorale le 6 septembre 2018. © MARCOS CORREA / BRAZILIAN PRESIDENCY / AFP
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Europe1.fr avec AFP
Le président brésilien "doit suivre un régime à base de liquide à partir de vendredi", deux jours avant de subir une intervention chirurgicale à l'abdomen.

Le président brésilien Jair Bolsonaro a annulé pour raisons médicales sa participation à un sommet régional sur les incendies en Amazonie prévu vendredi en Colombie, a annoncé lundi son porte-parole.

"Le président doit suivre un régime à base de liquide à partir de vendredi", deux jours avant de subir une intervention chirurgicale à l'abdomen, ce qui rend son voyage "pratiquement irréalisable", a déclaré le porte-parole de Jair Bolsonaro, Otavio Rego Barros. Il a ajouté que le Brésil enverra un "remplaçant" ou demandera le report de la réunion programmée à Leticia, une ville située en Amazonie colombienne sur la triple frontière entre la Colombie, le Pérou et le Brésil.

Une quatrième opération en un an

Ce sommet avait été proposé par le Pérou et la Colombie le 27 août, alors que les incendies en Amazonie, la plus grande forêt tropicale du monde dont la majeure partie est située au Brésil, suscitaient l'inquiétude de la communauté internationale. Jair Bolsonaro doit être opéré dimanche pour la quatrième fois depuis l'attentat à l'arme blanche qui avait failli lui coûter la vie durant sa campagne électorale le 6 septembre 2018. Il doit être réopéré pour "une hernie incisionnelle" à l'abdomen, c'est-à-dire une éventration de la paroi abdominale, suivie de dix jours de convalescence, selon ses médecins d'un grand hôpital de Sao Paulo (sud-est).

Jair Bolsonaro a affirmé lundi que cette opération ne l'empêchera pas de se rendre à New York pour défendre la position du Brésil sur l'Amazonie devant l'Assemblée générale de l'ONU le 24 septembre. "Je vais me présenter devant l'ONU même si ce doit être en fauteuil roulant ou sur un brancard, je vais y aller parce que je veux parler de l'Amazonie", a dit le président à Brasilia devant des journalistes.

Les incendies qui font rage dans diverses régions de l'Amazonie ont mis le Brésil sous une intense pression internationale. Ils ont provoqué une crise diplomatique avec la France, dont le président Emmanuel Macron a déclaré que la question de la souveraineté de la plus grande forêt tropicale du monde était ouverte car elle est essentielle dans la régulation climatique de la planète tout entière.

1.390 départs de feu enregistrés pour la seule journée de dimanche

Jair Bolsonaro a conditionné à plusieurs reprises une acceptation par le Brésil de l'aide de 20 millions de dollars débloquée par les pays du G7 pour lutter contre les incendies à une rétractation de Emmanuel Macron. "Nous n'accepterons l'aumône d'aucun pays dans le monde au prétexte de protéger l'Amazonie", a insisté Jair Bolsonaro lundi.

Entre le mois de janvier et dimanche dernier, les satellites de l'Institut national de recherche spatiale (INPE) ont recensé 91.891 départs de feu au Brésil, soit un record pour cette période depuis 2010. Environ 52% de ces incendies ont eu lieu en Amazonie. Un total de 1.390 départs de feu ont été enregistrés pour la seule journée de dimanche.

Jair Bolsonaro n'est pas allé en Amazonie depuis le déclenchement de la crise actuelle, et un seul ministre de son gouvernement a jusqu'ici survolé une région affectée par les feux de forêt. Le président d'extrême droite a soutenu depuis son arrivée au pouvoir les activités minières dans des réserves indigènes et autres zones protégées, et estime que des pays profitent de la préservation de l'Amazonie pour s'ingérer et remettre en question la souveraineté brésilienne.