«La rue est transformée en champ de bataille» : plongé dans le noir, l'Iran scande toujours la fin du régime des mollahs
Après 14 jours de mobilisation, le régime des mollahs ne tient toujours qu'à un fil. Avant de couper l'herbe sous le pied des manifestants, les autorités ont coupé l'intégralité du réseau Internet, isolant l'Iran du reste du monde. L'avocat franco-iranien Hirbod Deghani-Azar appelle les États à ouvrir leur connexion afin de poursuivre le suivi d'informations.
Internet, téléphone, sms... Plus rien ne fonctionne. À l’intérieur comme vers l’extérieur du pays, les Iraniens sont coupés alors que le régime des mollahs a décidé de bloquer l'accès à Internet. La raison : empêcher la diffusion d'images montrant des manifestations massives contre le régime en place.
Et alors que des vidéos diffusées ce vendredi montrent des rassemblements en faveur du gouvernement, l'avocat franco-iranien Hirbod Deghani-Azar, président de l’association Norouz - Pour une nouvelle ère en Iran, a reçu quelques informations via des contacts qui ont quitté le pays ces dernières heures.
"Les tanks sont de sortie"
"On a eu un retour d'informations qui nous dit que la rue est transformée en champ de bataille, que les tanks sont de sortie et qu'on se prépare à aller sur une sorte de loi martiale", a-t-il assuré.
Il lance ainsi un "appel tous ceux qui nous écoutent et surtout aux États qui, si jamais vous avez l'accès, d'autoriser ou d'ouvrir les sites Internet de leurs ambassades qui sont des flux séparés pour permettre aux gens de nous communiquer de l'information". Selon l'avocat exerçant à Paris, "couper Internet, c'est tuer les gens, mais c'est aussi créer l'impunité".
Une ampleur inédite
La mobilisation est d’une ampleur inédite sous la république islamique, affirme ce spécialiste. La répression est sanglante, signe que la peur change de camp selon lui.
"Aujourd'hui, les gens scandent la fin du régime, du système et la mort du guide suprême. Il y a un vrai fossé entre la population, jeune et éduquée, et le modèle de ce système archaïque qui les emmène à un temps au Moyen-Âge", analyse-t-il.
Selon plusieurs sources, certains dignitaires iraniens envisagent de fuir vers la Russie, le Canada ou la France. La famille de l'ancien président Rohani, a même demandé des visas pour l’Hexagone.