L'Iran est toujours coupé du monde. Depuis deux semaines, un mouvement social massif s'étend à travers tout le pays. À l'origine, les manifestants marchaient contre la vie chère, mais c'est désormais tout le régime de la République islamique des mollahs qui est visé.
Mais ce dernier compte bien résister et use d'une violence inouïe contre la population. Au 13e jour de la mobilisation, ce sont 648 personnes qui auraient été tuées par le régime et 2.600 arrêtées, selon le Centre des droits humains pour l'Iran, une organisation basée en Norvège. Mais ce bilan pourrait être largement plus élevé, l'ONG évoquant un "massacre".
Les manifestants poursuivis dans les hôpitaux
Car sur le territoire iranien, même le réseau Internet Starlink, proposé par Elon Musk, a été brouillé par les autorités. Alors, les informations arrivent au compte-goutte auprès du média Iranwire, basé à Londres, où une manifestante a témoigné.
Elle révèle que les rangs des protestataires grossissent, même dans les quartiers de classe moyenne. Les commerçants-conservateurs se soulèvent désormais, même dans les villes profondément religieuses du sud-ouest. Ceux qui étaient restés chez eux lors du mouvement "Femme, Vie, Liberté" en 2022 envahissent aujourd'hui les rues.
En face, la violence est croissante. Le Centre des droits humains relaie le témoignage inédit d'un médecin catastrophé.
"Des dizaines d'établissements sont submergés, les manifestants blessés par balles d'armes automatiques", dit-il. Le soignant, qui a quitté l'Iran samedi, raconte que les victimes sont poursuivies jusque dans les hôpitaux et doivent donner leur identité aux gardiens du régime, dont les armes ont tué de simples passants et des personnes âgées.