Coronavirus : la lente décrue des réanimations se poursuit

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Le nombre de patients en réanimation baisse de nouveau entre mercredi et jeudi.
Le nombre de patients en réanimation baisse de nouveau entre mercredi et jeudi. © AFP
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Le protocole de "sortie progressive" des restrictions prises face à la troisième vague du Covid-19 est désormais connu, avec notamment un décalage du couvre-feu à 21h ainsi qu'une réouverture des commerces et terrasses le 19 mai. Alors qu'on a appris jeudi que le variant indien avait été détecté en France, le nombre de personnes en réanimation a poursuivi sa lente baisse.
L'ESSENTIEL

Le calendrier est désormais clair. Après des semaines de reconfinement face à la troisième vague du Covid-19, le président Emmanuel Macron a livré ses perspectives de "sortie progressive" dans un entretien à la presse quotidienne régionale publié jeudi après-midi. Europe 1 vous avait déjà révélé le détail des allégements avec notamment une réouverture des terrasses, des commerces et des lieux culturels le 19 mai. Alors qu'on a appris jeudi que le variant indien avait été détecté en France, la pression hospitalière a continué de baisser peu à peu dans l'Hexagone : les services de réanimation comptaient 5.804 patients jeudi contre 5.879 la veille. 

Dans le monde, le variant indien, déjà détecté dans plus de 17 pays, suscite l'inquiétude. La situation semble hors de contrôle en Inde, avec 3.645 décès du Covid-19 en 24 heures, un nouveau record.

Les principales informations : 

  • Le déconfinement se fera en quatre étapes selon les informations révélées par Europe 1 
  • Le couvre-feu sera décalé à 21 heures le 19 mai, à 23 heures le 9 juin puis supprimé le 30 juin
  • Les commerces et terrasses rouvriront le 19 mai avec des jauges limitées
  • Un premier cas de variant indien a été identifié en France
  • 5.804 patients sont en réanimation jeudi, un chiffre en légère baisse

Le couvre-feu peu à peu assoupli, les terrasses rouvertes le 19 mai 

Selon le calendrier révélé par Europe 1, le déconfinement se fera en quatre étapes, étalées sur les mois de mai et juin. Le couvre-feu sera maintenu à 19 heures du 3 au 19 mai. Il sera ensuite décalé à deux reprises, à 21 heures le 19 mai et à 23 heures le 9 juin. Il devrait enfin être supprimé au début des vacances d'été, le 30 juin. En ce qui concerne les bars et restaurants, ils pourront rouvrir leurs terrasses dès le 19 mai puis leurs parties couvertes le 9 juin, avec à chaque fois des tables de six personnes maximum et un protocole sanitaire adapté. 

Pour la réouverture des commerces et lieux culturels, l'horizon est fixé au 19 mai, dans le respect d'une jauge fixée à 800 en intérieur et 1.000 en extérieur pour les événements - dont le public devra rester assis. A noter également que l'assouplissement du télétravail n'est pas prévu avant le 9 juin. Il en va de même pour la réouverture des salles de sport. 

Les réouvertures seront soumises à la situation sanitaire

Emmanuel Macron s'est exprimé dans un entretien mis en ligne jeudi après-midi par la presse quotidienne régionale, et non à l'occasion d'une allocution télévisée comme il l'a fait à plusieurs reprises depuis le début de la crise. Le chef de l'Etat a notamment prévenu que les réouvertures ne pourront avoir lieu que si la situation sanitaire le permet. Certains départements pourraient donc ne pas être concernés par le même calendrier de levée des restrictions. 

"Les mesures seront nationales, mais nous pourrons actionner des 'freins d’urgence' sanitaires dans les territoires où le virus circulerait trop. À l’heure actuelle, il y a huit départements dans lesquels l’incidence dépasse 400 cas pour 100.000 habitants", a-t-il déclaré. Ces mesures de freins "s’appliqueront dans une métropole ou un département en fonction de trois critères : le taux d’incidence qui dépasserait à nouveau 400 infections pour 100 000 habitants, une augmentation très brutale de ce taux et une menace de saturation des services de réanimation." Si cela se produit, le gouvernement, en concertation avec les préfets et les collectivités locales, bloquera les réouvertures.

Bientôt un "pass sanitaire" pour les "stades, festivals et foires"

Emmanuel Macron considère également qu'il serait "absurde de ne pas utiliser" un système de pass sanitaire "dans les lieux où se brassent les foules, comme les stades, festivals, foires ou expositions", dont l'accès serait alors conditionné à un test négatif ou un certificat d'immunité. "Il ne saurait être obligatoire pour accéder aux lieux de la vie de tous les jours comme les restaurants, théâtres et cinémas, ou pour aller chez des amis", prévient toutefois le chef de l'Etat dans son entretien à la presse régionale.

"Ce pass, qui sera papier ou numérique, via l’application TousAntiCovid, permettra de montrer qu’on est vacciné ou testé négatif dans les deux jours qui précèdent", a précisé le président. 

Ouverture de la vaccination aux personnes obèses le 1er mai

Dans le même entretien, le président de la République annonce que la vaccination sera étendue "à compter du 1er mai" à toutes les personnes de plus de 18 ans "qui ont une surcharge pondérale sérieuse", soit un indice de masse corporelle supérieur à 30. "J'invite les 2,3 millions de Français concernés à se rendre dans les centres de vaccination dès ce week-end", indique Emmanuel Macron, excluant pour le moment d'ouvrir la vaccination à tous. Les personnes obèses de plus de 55 ans étaient déjà prioritaires pour la vaccination.

Un premier cas de variant indien détecté en France

Un cas de variant indien du Covid-19 a été détecté en Lot-et-Garonne sur un patient revenu d'Inde, a annoncé jeudi l'Agence Régionale de Santé de Nouvelle-Aquitaine. Le ministre de la Santé, Olivier Véran, avait indiqué mardi qu'"aucun cas de variant d'origine indienne" n'avait été détecté "en France métropolitaine".

Selon Benoît Elleboode, le directeur de l'ARS en question, "c'est le premier cas en France, en tout cas c'est le premier cas dans notre région en Lot-et-Garonne qui a été confirmé". Le "séquençage a été fait à Toulouse sur un patient qui était revenu d'Inde et qui refaisait un test parce qu'il devait repartir à l'étranger. On a identifié que c'était le variant indien et donc tout le dispositif de retrotracing, d'isolement et de protection de toutes les personnes a été mis en place vis-à-vis de ce variant indien", a ajouté Benoît Elleboode.

Sur CNews, le directeur régional a ajouté qu'un second cas, cette fois-ci à Bordeaux, était suspecté. "Le virus est en train d'être séquencé au CHU de Bordeaux et on aura la réponse normalement demain" vendredi, a-t-il ajouté.

La pression hospitalière en baisse

Le nombre de malades hospitalisés en réanimation a continué de baisser jeudi, sous la barre des 6.000, avec 5.804 patients, selon les chiffres de Santé publique France, contre 5.879 personnes la veille. Le nombre total de patients Covid-19 hospitalisés était jeudi de 29.487. 321 malades sont morts à l'hôpital entre mercredi et jeudi, portant le bilan total depuis le début de l'épidémie à 104.239 décès. Par ailleurs, 26.538 tests se sont avérés être positifs entre mercredi et jeudi, bien moins que la veille (31.539). 

Depuis un peu plus de deux semaines, le nombre de malades Covid-19 hospitalisés dans ces services est proche des 6.000 patients. Un chiffre en-deçà du pic de la première vague en avril 2020 (autour de 7.000) mais supérieur à celui de la deuxième vague à l'automne (4.900).

700 personnes en quarantaine contrôlées 

Un total de 708 personnes ont été contrôlées et 62 verbalisées depuis l'entrée en vigueur de la quarantaine pour tous les voyageurs revenant de cinq pays à risques, face à la menace des nouveaux variants du Covid-19, selon le ministère de l'Intérieur.

Depuis samedi, tous les passagers en provenance du Brésil, de l'Inde, du Chili, d'Afrique du Sud, d'Argentine, mais aussi de Guyane, font l'objet d'une mise en quarantaine de 10 jours décidée par arrêté préfectoral, et quel que soit le résultat de leur test, positif ou négatif à l'arrivée en France.

Le variant indien détecté dans "au moins 17 pays"

Selon l'OMS, le variant B.1.617, plus communément appelé variant indien, a été détecté dans plus de 1.200 séquences de génome, dans "au moins 17 pays". "La plupart des séquences téléchargées sur la base de données GISAID viennent d'Inde, du Royaume-Uni, des Etats-Unis et de Singapour", a déclaré l'OMS. Ces derniers jours, le variant a aussi été signalé dans plusieurs pays européens (Belgique, Suisse, Grèce, Italie).

L'Inde a enregistré jeudi 3.645 nouveaux décès du Covid-19, soit 350 de plus que la veille, un nouveau record pour ce pays violemment frappé par une deuxième vague épidémique, selon les chiffres du ministère de la Santé. Le pays déplore désormais 204.832 décès dus au coronavirus, mais de nombreux experts estiment que le bilan réel est beaucoup plus élevé. Près de 380.000 nouvelles contaminations ont été recensées au cours des dernières 24 heures, battant une fois encore un record mondial.

Face à cette situation hors de contrôle, la communauté française s'inquiète. Simples touristes ou résidents, tous s'interrogent sur les jours et semaines à venir. Découvrez ici leur quotidien, confié au micro d'Europe 1.

Plus de 50 millions de cas en Europe, plus de 3 millions de morts dans le monde

Sur la journée de mercredi, 14.955 nouveaux décès et 863.564 nouveaux cas ont été recensés dans le monde. La pandémie a fait au moins 3.152.646 morts depuis décembre 2019, selon un bilan établi par l'AFP à partir de sources officielles, jeudi. 

Les Etats-Unis comptent le plus grand nombre de morts (574.329) suivis par le Brésil (398.185), le Mexique (215.918), l'Inde (204.832) et le Royaume-Uni (127.480). Parmi les pays les plus durement touchés, la Hongrie est celui qui déplore le plus grand nombre de morts par rapport à sa population.