Coronavirus : 26.380 morts en France, 280.000 dans le monde

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70 personnes sont mortes du coronavirus en 24 heures, en France. © AFP
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La France vit dimanche son dernier jour de confinement, avec la levée des premières restrictions lundi, tandis que l'épidémie de coronavirus a fait 26.380 morts dans notre pays. La reprise se prépare dans tous les secteurs, malgré l'apparition de deux nouveaux foyers de contamination.

Plus que quelques heures avant le déconfinement : après huit semaines de restrictions massives de circulation, la France vit dimanche son dernier jour de confinement. Mais alors que le bilan humain quotidien de l'épidémie de coronavirus a retrouvé son niveau de début avril, avec 70 morts en 24 heures, deux nouveaux clusters ont été détectés dans des départements "verts".

Les principales informations à retenir :

  • On dénombre 26.380 morts en France, deux nouveaux foyers épidémiques ont été identifiés en Dordogne et dans la Vienne
  • Le gouvernement en appelle au "bon sens" des citoyens à la veille du déconfinement
  • En Île-de-France, région très touchée, "il faut désormais porter des masques dans l'espace public" selon Valérie Pécresse
  • Le bilan est de 77.000 morts aux États-Unis, plus de 280.000 dans le monde, pour 4 millions de cas déclarés

70 morts en 24 heures en France, plus faible bilan depuis un mois 

Du côté du bilan, l'épidémie de coronavirus a fait 70 morts supplémentaires en 24 heures en France, le plus faible bilan quotidien depuis plus d'un mois, portant le nombre total de décès à 26.380 depuis le 1er mars, a indiqué dimanche la Direction générale de la santé dans un communiqué.

Dernier jour avant la levée des mesures les plus strictes 

Dimanche marque donc le dernier jour de confinement pour plusieurs dizaines de millions de Français, cloîtrés chez eux depuis plusieurs semaines afin de limiter la propagation du virus. Lundi, ils n'auront plus besoin d'attestation pour quitter leur domicile, sauf dans des cas précis, comme l'utilisation des transports en commun franciliens aux heures de pointe. À Mayotte, en revanche, le déconfinement est repoussé.

Le retour progressif au travail implique le retour en masse de centaines de milliers de Parisiens, qui s’étaient exilés en province pendant plusieurs semaines. Europe 1 a recueilli leurs témoignages dans cet article. 

Tandis que les maires de certaines communes s'interrogent encore sur la possibilité de rouvrir les établissements scolaires, dans une interview au JDD, dimanche, le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer dit sa volonté que tous les enfants retournent à l'école "au moins un jour" d'ici fin mai. Dans le même journal, la maire de Paris Anne Hidalgo explique qu'elle aurait souhaité que le port du masque soit obligatoire dans les rues de la capitale

Un déconfinement à hauts risques, deux nouveaux clusters

Car le déconfinement du pays s'annonce à hauts risques, alors que le virus circule toujours activement sur le territoire. La France va être clairement coupée en deux lundi, avec quatre régions du nord-est (Île-de-France, Grand Est, Hauts-de-France et Bourgogne-Franche-Comté) et Mayotte en rouge et sous surveillance renforcée, avec les collèges, les parcs et les jardins toujours fermés.

Les autorités ont annoncé samedi la formation de deux foyers épidémiques dans des départements "verts", en Dordogne et dans la Vienne. On vous explique dans cet article ce que l'on sait sur ce nouveau cluster en Dordogne, qui a vu le jour après le non-respect du confinement lors d'obsèques, fin avril. Dans la Vienne, les cas ont été détectés dans un collège, et une campagne de dépistage est en cours. Ces nouveaux foyers sont "la preuve que le virus circule aussi dans les zones vertes", selon Anne-Claude Crémieux, professeure en maladies infectieuses à l'hôpital Saint-Louis. 

Dans ce contexte, le gouvernement fait appel au "bon sens" des citoyens, a expliqué le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner dimanche, confirmant qu'il n'existait pas de "liste fermée" des motifs familiaux impérieux justifiant de se déplacer à plus de 100 km de son domicile - la nouvelle limite en vigueur dès lundi. 

Vigilance particulière en Île-de-France, Valérie Pécresse encourage le port du masque

Invitée du Grand Rendez-vous, dimanche sur Europe 1, Valérie Pécresse, la présidente de la région Île-de-France, qui a bien failli ne pas être déconfinée car la circulation du virus y est encore élevée, a appelé la population à poursuivre le télétravail si possible, et à porter des masques "dans l'espace public". Lundi, le fait de ne pas en porter dans les transports de région parisienne sera sanctionné d'une amende. Une tolérance est en revanche prévue jusqu'à mercredi pour les attestations employeurs aux heures de pointe

Les hôpitaux de région parisienne "font toujours face à la vague", a aussi rappelé le directeur de l'ARS d'Île-de-France, au micro de Patrick Cohen samedi matin. "Si les distanciations physiques sont trop peu respectées, des chaînes de transmission peuvent recommencer à se développer."

Par ailleurs, 7.000 chambres d'hôtel seront disponibles pour isoler les malades qui ne peuvent pas rester chez eux dans la région, a annoncé Valérie Pécresse sur notre antenne. 

L'état d'urgence sanitaire jusqu'au 10 juillet

Au bout d'une semaine agitée et d'ultimes tractations entre députés et sénateurs, le Parlement a définitivement adopté samedi soir la prolongation de l'état d'urgence sanitaire jusqu'au 10 juillet. La question de la responsabilité pénale des décideurs, et singulièrement des maires, en première ligne pour la réouverture des écoles décidée par le gouvernement, était un sujet de vive tension.

Le texte retenu modifie le code de la santé publique pour préciser qu'il est tenu compte des "compétences, des pouvoirs et des moyens" dont disposait "l'auteur des faits", dans "la situation de crise ayant justifié l'état d'urgence sanitaire", ainsi que de "la nature de ses missions ou de ses fonctions". Un nouveau protocole de suivi des malades est également mis en place, on vous le détaille dans cet article

Plus de 280.000 morts et 4 millions de cas dans le monde

Plus de 4 millions de cas de coronavirus ont été officiellement déclarés dans le monde, dont plus des trois quarts en Europe et aux États-Unis, selon un comptage réalisé à partir de sources officielles. Au total, 280.011 décès ont été recensés dans le monde (pour 4.052.677 cas), dont 156.095 en Europe (1.730.916 cas), continent le plus touché. Les États-Unis sont le pays ayant enregistré le plus de morts (78.862), devant le Royaume-Uni (31.855), l’Italie (30.560), l'Espagne (26.621) et la France (26.380).

Prolongement du confinement au Royaume-Uni

Le premier ministre britannique Boris Johnson a annoncé dimanche la prolongation du confinement lié au nouveau coronavirus au moins jusqu'au 1er juin. "Bien que nous ayons fait des progrès pour satisfaire au moins certaines des conditions que j'ai fixées, nous ne les avons pas toutes remplies. Ce n'est donc pas le moment, cette semaine, de mettre fin au confinement" décrété fin mars, a déclaré Boris Johnson. Il a dit toutefois viser une réouverture des magasins et écoles primaires "au plus tôt début juin", et de certains bars et restaurants début juillet. 

Premier cas à Wuhan depuis plus d'un mois

La Chine a relevé dimanche le niveau de risque épidémiologique dans un quartier de Wuhan, après la découverte d'un cas de Covid-19, le premier depuis le 3 avril dans la ville berceau de la pandémie. Particulièrement meurtrie par le virus, cette grande métropole du centre du pays avait été placée pendant plus de deux mois en quarantaine.