Coronavirus : 51.914 décès, hospitalisations et réanimations toujours en baisse

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La réouverture de tous les commerces samedi et l'élargissement du périmètre de sortie marqueront en France la première étape du déconfinement, alors que les données sanitaires sur le Covid-19 continuent de faire état d'une décrue des hospitalisations, y compris en réanimation.
L'ESSENTIEL

Le Premier ministre Jean Castex a détaillé jeudi le déconfinement progressif annoncé par Emmanuel Macron. Il se fera en trois étapes, étalées jusqu’au 20 janvier si la situation sanitaire face au Covid-19 continue de s’améliorer. Première étape : ce samedi avec notamment la réouverture de l’ensemble des commerces. Les données sanitaires continuent de faire état d'une décrue des hospitalisations, y compris en réanimation. 

Dans le reste de l’Europe, la décrue se confirme également. L'Allemagne, en revanche, a franchi vendredi le cap du million de contaminations.

Les informations à retenir :

  • La France entame samedi la première étape d’un déconfinement progressif
  • Le Premier ministre a annoncé de nouvelles aides, ciblant plus particulièrement les jeunes et les travailleurs précaires
  • La pression hospitalière continue sa décrue, alors que le virus a tué 51.914 personnes dans le pays
  • L'Allemagne a franchi le cap du million de contaminations

La pression hospitalière toujours en baisse

Les données sanitaires sur le Covid-19 ont cessé de se dégrader, avec une nouvelle décrue des admissions en services de réanimation, mais l'épidémie a encore tué 393 personnes à l'hôpital au cours des dernières 24 heures, selon les chiffres de Santé publique France publiés vendredi. 

Avec ces nouveaux décès à l'hôpital, le nombre des décès liés au coronavirus s'élève à 51.914 depuis le début de l'épidémie en France, à l'hôpital et dans les Ehpad. 28.648 personnes porteuses du virus étaient toujours hospitalisées jeudi, contre 29.282 la veille, et après un pic à plus de 33.000 mi-novembre. Les services de réanimation comptaient 3.883 malades (contre 4.006 la veille), dont 206 nouvelles admissions en 24 heures. 

Le cadre du déconfinement fixé

Le Premier ministre français Jean Castex a détaillé jeudi les mesures d'allégement du confinement, qui sera levé le 15 décembre pour être remplacé par un couvre-feu national, de 21 heures à 7 heures. L'ensemble des commerces rouvriront samedi, selon un protocole stricte qui oblige certaines enseignes à trouver des solutions techniques, notamment pour compter le nombre de clients présents dans le magasin. Les déplacements seront permis dans un rayon de 20km pendant trois heures. Il sera "impératif" de limiter le nombre de convives aux réveillons et une jauge de 30 personnes maximum a été fixée pour les offices religieux, a encore indiqué le chef du gouvernement. Les stations de ski pourront rouvrir mais les remontées mécaniques demeureront fermées.

Un retour à la normale, avec réouverture des restaurants, est envisagé pour le 20 janvier, mais à la condition expresse que "la période des fêtes de fin d'année ne (se soit) pas traduite par un rebond de l'épidémie", a prévenu le Premier ministre, en rappelant que d'ici là, "le télétravail restera la règle et devra être le plus massif possible". Jean Castex a annoncé jeudi vouloir faire de 2021 "l'année de la gastronomie française" afin d'aider les restaurants, particulièrement touchés.

La grogne des naufragés du déconfinement

À l'issue de ces annonces, plusieurs secteurs estiment insuffisantes les réponses apportées par l'exécutif et demandent certaines inflexions. C'est le cas notamment des présidents d'université, qui estiment qu'une réouverture intégrale de leurs locaux pour février, dans le meilleur des cas, arriverait trop tardivement, en raison notamment du risque de décrochage chez les étudiants de première année. Ils doivent être reçus par le Premier ministre et la ministre de l'Enseignement supérieur dans les prochains jours.

Autre incompréhension du côté des professionnels de la montagne, qui s'interrogent sur la fermeture des remontées mécaniques pendant les vacances, alors que les stations de ski resteront accessibles au public. "Nous avons des activités qui sont fermées administrativement et d'autres qui ne le sont pas. Des questions se posent et il faut voir comment on va organiser tout ça", a réagi au micro d'Europe 1 François Gauthier, hôtelier-restaurateur dans la station de ski des Contamines-Montjoie, en Haute-Savoie

Une stratégie de vaccination présentée la semaine prochaine

"La stratégie et l'organisation que nous mettons en place pour le vaccin" sera présentée "la semaine prochaine", a indiqué le Premier ministre. Encore incertaine il y a quelques semaines, la perspective d'un vaccin protégeant contre le Covid-19 s'est concrétisée ces deux dernières semaines avec une pluie d'annonces de laboratoires concernant l'efficacité de leur vaccin: Pfizer et BioNTech ont dégainé les premiers, suivis par Moderna et AstraZeneca/Université d'Oxford.

Le ministre de la Santé, Olivier Véran, a rappelé que la Haute autorité de santé (HAS) était saisie pour déterminer notamment quels seraient "les publics cibles" à vacciner en priorité, avec de "premières recommandations intermédiaires" attendues "fin novembre" et "consolidées" durant la "première quinzaine de décembre". "Tout sera présenté aux Français en toute transparence", a aussi promis Olivier Véran, concédant que "la France a beau être le pays de Pasteur, c'est un pays qui doute parfois, et qui doute parfois fortement, plus fortement que les autres, lorsqu'il est question de vaccin et que le vaccin est produit dans des délais aussi contraints".

Le gouvernement doit aussi trancher la question d'un éventuel isolement obligatoire pour les personnes contaminées, sujet très débattu. Le Premier ministre a annoncé que le gouvernement présenterait son propre projet de loi sur ce point, précisant que l'intention du gouvernement n'était pas de "contrôler pour contrôler" ou de "faire peser une contrainte". 

Nouvelles aides économiques

Face à la crise économique et sociale, le Premier ministre a annoncé une aide pour les travailleurs précaires, saisonniers, intermittents ou extras" avec une "garantie de ressource de 900 euros par mois" jusqu'en février 2021 pour ceux qui ont travaillé plus de 60% du temps en 2019, soit environ 400.000 bénéficiaires.

La Garantie jeunes, à destination des 16-25 ans qui ne sont "ni en emploi, ni en études, ni en formation" et "en situation de précarité financière", bénéficiera en 2021 à "au moins 200.000 jeunes", soit un doublement de ses bénéficiaires. Le Premier ministre a encore annoncé la montée en puissance du dispositif d'aide aux jobs étudiants qui vont passer de 1.600 à 20.000 emplois, pour accompagner "les décrocheurs" pendant les premières années de leurs études.

Pour les entreprises de certains secteurs toujours contraintes par une fermeture administrative au 1er décembre, comme l'hôtellerie, le tourisme ou l'événementiel, une aide à 20% du chiffre d'affaires et plafonnée à 100.000 euros sera accordée pour le mois. Ce plafond pourra éventuellement s'adapter selon la situation de certains professionnels, a laissé entendre vendredi sur Europe 1 Alain Griset, le ministre des PME.

La pandémie a continué de décélérer cette semaine en Europe

L'Europe est restée l'épicentre de l'épidémie de Covid-19 ces sept derniers jours, mais les contaminations ont continué de ralentir. Les nouveaux cas refluent (-10%) pour la deuxième semaine consécutive sur le Vieux Continent, où de nombreux pays sont confinés ou soumis à des couvre-feux. La plus forte décrue est observée en France (-48%, 13.900 nouveaux cas par jour), devant la Belgique (-37%, 2.700), la Suisse (-33%, 4.000), l'Espagne (-27%, 10.800) et le Royaume-Uni (-26%, 17.300).

L'Europe est la seule zone où les nouvelles contaminations baissent sensiblement. La tendance est stable aux Etats-Unis/Canada (+1%), en Afrique (-) et au Moyen-Orient (-1%), à l'accélération en Amérique latine/Caraïbes (+10%) et en Asie (+13%). Si la circulation du virus a fortement augmenté en Océanie (+64%), elle reste très faible (24 cas par jour).

Plus d'un million de cas en Allemagne 

L'Allemagne, longtemps considérée comme un des bons élèves européens dans la gestion de la pandémie, a cependant franchi vendredi le seuil du million de personnes testées positives, selon l'institut de veille sanitaire Robert Koch.

Le pays va finalement s'endetter à hauteur de 180 milliards d'euros en 2021, en raison de la seconde vague, qui l'a poussé à prolonger ses restrictions jusqu'en janvier, selon le budget annuel approuvé en commission des Finances du Bundestag vendredi.

61 millions de cas, 1,4 million de morts

La pandémie provoquée par le nouveau coronavirus a fait au moins 1.433.378 morts dans le monde, selon un bilan établi par l'AFP à partir de sources officielles vendredi à 11H GMT. Plus de 60.970.250 cas de contamination ont été officiellement diagnostiqués depuis le début de l'épidémie.

Les Etats-Unis sont le pays le plus touché tant en nombre de morts que de cas recensés, respectivement 263.462  et 12.885.299. Suivent le Brésil (171.460 morts), l'Inde (135.715), le Mexique (104.242) et le Royaume-Uni (57.031).