Bûchette, petit chapon... Comment le secteur de l'alimentation s'adapte aux "réveillons Covid-19"

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Les professionnels de l'alimentation doivent s'adapter aux changements d'habitudes des consommateurs. 3:48
Les professionnels de l'alimentation doivent s'adapter aux changements d'habitudes des consommateurs. © MEHDI FEDOUACH / AFP
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Les Français inviteront moins de personnes pour célébrer les réveillons des fêtes de fin d'année, à cause de la recommandation gouvernementale de six adultes par table, et du couvre-feu. Face à ces changements, les professionnels de l'alimentation adaptent leur offre. Au menu : des portions individuelles et des quantités réduites.
ENQUÊTE

Les réveillons des fêtes de fin d'année seront bien différents dans les prochaines semaines à cause de la recommandation gouvernementale de ne pas dépasser six adultes à table qui découle de la crise sanitaire du Covid-19. De nombreux Français ont donc fait le choix de limiter le nombre de convives pour ces moments de réunion. Et ces changements dans les habitudes de consommation bousculent les acteurs de la fête et de l'alimentation, contraints de se réinventer, comme l'a constaté Europe 1.

Les portions individuelles et les petites quantités ont la cote

Nombreuses sont les entreprises à avoir ainsi repensé leur offre. Du côté du traiteur parisien Lenôtre, on reconnaît par exemple ne plus avoir de commandes pour 10 à 12 personnes. Partout, l'heure est aux portions individuelles et aux petites quantités. Chez Picard, la traditionnelle bûche de Noël, toute blanche cette année, est par exemple proposée dans des tailles différentes. "Vous avez le choix entre des bûches classiques qui font à peu près huit parts et des petites bûchettes vendues par deux ou quatre", explique Cathy Collart Geiger, PDG de cette entreprise spécialisée dans les produits surgelés.

L'impact des nouvelles formes de réveillons se ressent jusque chez les fabricants d'assiettes et de plats. Géraldine Hottier-Fayon, présidente du spécialiste des arts de la table Guy Degrenne, explique que le Covid-19 a poussé sa société à proposer d'autres gammes, notamment pour la mousse au chocolat. "Au lieu de la faire refroidir dans un grand saladier, on va la préparer dans des petits pots individuels", observe-t-elle. Son entreprise commercialise donc désormais "une gamme d'une dizaine de couleurs pour ces petits contenants".

"Exactement le format de chapon qu’il faut pour une table de six"

Au-delà des industriels et des traiteurs, les producteurs, eux aussi, s'adaptent. Les fermiers de Loué ont ainsi développé la production d’une espèce de chapon unique au monde, de petite taille, comme a pu le constater Europe 1 dans la Sarthe. C’est un petit chapon blanc, créé il y a 20 ans, mais dont la production a presque doublé en 2020 pour les fêtes de fin d'année. "C’est une race très particulière, Sussex, qui est sélectionnée spécialement pour son petit format et qui permet d’avoir des chapons qui font un kilo de moins que le chapon classique. C’est exactement le format de chapon qu’il faut pour une table de six. C’est le chapon parfait pour l’année 2020", vante Yves de la Fouchardière, le directeur des fermiers de Loué.

"C’est un produit qui est un petit plus fin que le gros chapon. On sent qu’il s’est baladé pendant plusieurs mois. Ils sont en plus terminés avec du lait dans l’alimentation pour attendrir encore plus la viande, c’est un mets d’exception ! Un petit chapon avec une sauce au beurre blanc, ce n’est pas habituel mais c’est très bon", ajoute Cédric Landrein, un éleveur de ces petits chapons basé à Rouperroux-le-Coquet, au nord du département.

Reste que les petits formats alimentaires ne sont pas forcément synonymes de dépenses moindres cette année pour les consommateurs. Olivier Voarick, directeur général du traiteur Lenôtre, constate ainsi "une très nette hausse du ticket moyen." "On voit des hausses de trois à quatre fois du ticket moyen actuel", conclut-il.

Europe 1
Par Emmanuel Duteil et François Coulon, édité par Jonathan Grelier