Les 24 Heures du Mans virtuelles, "un tournant dans le e-sport" selon Romain Grosjean

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Romain Grosjean prendra samedi le départ des premières 24 heures du Mans virtuelles.
Romain Grosjean prendra samedi le départ des premières 24 heures du Mans virtuelles. © ANDREJ ISAKOVIC / AFP
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Empêchés par le coronavirus, les organisateurs des 24 Heures du Mans ont trouvé la parade. Samedi, à 15 heures, s'élancera la première édition virtuelle de la compétition. Le pilote Romain Grosjean explique au micro d'Europe 1 pourquoi cette course est importante pour le sport et l'e-sport en France.
INTERVIEW

Pas de public mais surtout, pas de voitures. Les 24 Heures du Mans démarrent samedi, mais coronavirus oblige, tout se passera en ligne. Dans l'impossibilité d'organiser la course automobile classique, les organisateurs ont décidé de proposer la première édition virtuelle de la compétition, en sim racing. Le pilote de l'écurie Haas Romain Grosjean explique au micro de Nathalie Lévy dans le Grand journal du soir en quoi cette compétition inédite sur simulateur, qui n'est pas si éloignée de la course automobile classique, pourrait marquer un tournant dans le sport électronique.

"On va tout faire pour les remporter" 

"Je ne sais pas si c'est l'avenir, mais en tout cas il y a un engouement et une certaine curiosité pour les courses en ligne. On va voir comment les gens réagissent, c'est tout nouveau et il y a un effort pour faciliter la compréhension." La compétition virtuelle sera l'occasion de participer à la démocratisation de l'e-sport, explique Romain Grosjean. "Aujourd'hui les courses de sim racing, c'est beaucoup sur [la plateforme] Twitch, mais là, on parle de France Télévisions et d'Eurosport donc on va voir ce que ça donne mais je pense que ça peut être vraiment sympa."

Cela peut aussi être un atout pour le sport automobile classique, estime le pilote français. "On peut essayer de trouver les talents du futur via le sim racing, ça coûte beaucoup moins cher", souligne-t-il. Ce qui est évident pour Romain Grosjean, c'est que cette course aura de l'impact. "Avoir gagné les premières 24 Heures du Mans virtuelles, je pense que c'est un événement qui peut marquer un tournant dans le e-sport, le sim racing et peut être même plus. On va suivre ça avec beaucoup d'attention. L'équipe se prépare à merveille et on va tout faire pour les remporter." 

Le sim racing, proche et différent de la course automobile classique

Le sim racing, ou simulation de course automobile, partage des points communs avec le sport qu'il imite. "On va choisir sa voiture, faire des réglages, on va avoir de l'usure de pneu, de la consommation d'essence, la météo qui va changer, des dégâts que l'on peut réparer au stand", comme pour une compétition physique, résume Romain Grosjean.

Pour cette première édition des 24 Heures du Mans virtuelles, la préparation des pilotes n'a rien à envier à celle des années précédentes. "On a amené des ingénieurs de la course automobile qui sont venus nous aider à analyser les données pour essayer de trouver les meilleurs réglages." Depuis plusieurs semaines, les pilotes des cinquante voitures qui seront au départ de la course s’entraînent de manière intensive. 

Pour autant les deux disciplines restent difficilement assimilables. Le sport "est accessible à tout le monde et ça c'est quelque chose de bien pour notre sport, après c'est assez différent de la réalité". Romain Grosjean le voit lorsqu'il compare ses performances ou celles de ses acolytes Matthias Beche et Daniel Juncadella, à celles des sim racers professionnels. "Je sais que j'ai des choses à comprendre, c'est un challenge et c'est intéressant aussi de travailler les réactions, la concentration et d'essayer d'aller vite sur quelque chose qui n'est pas naturel pour nous."

Une émulation parmi les sportifs français

L'ambiance non plus n'est pas la même. Pour le pilote automobile, "le plus bizarre c'est que quand la course se termine vous appuyez sur le bouton Échap de votre ordinateur et c'est terminé. Si on gagne on ouvrira tous une bouteille de champagne à la maison, mais il manquera un peu ce côté festif et l'absence du public".

Néanmoins "c'est une manière de mélanger les univers sportifs". Le basketteur Tony Parker qui lancera la course et agitera le drapeau français samedi à 15 heures est lui même très impliqué dans ce sport. "Il organise une fois par mois une course entre copains : Antoine Griezmann, Gaël Monfils, Charles Leclerc, moi et pas mal de basketteurs et on rigole bien", raconte Romain Grosjean.

Europe 1
Par Guilhem Dedoyard