Duflot 4:25
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Ariel Guez , modifié à
La directrice générale d'Oxfam France Cécile Duflot détaille sur Europe 1 l'étude de l'organisation britannique, qui affirme que la crise sanitaire due au coronavirus pourrait plonger dans la pauvreté 500 millions de personnes. L'ancienne ministre du Logement liste les mesures d'urgence à mettre en place impérativement, selon elle. 
INTERVIEW

"On doit mettre en place un plan de sauvetage". Alors l’organisation britannique Oxfam estime que la crise sanitaire due au Covid-19 pourrait précipiter un demi-milliard de personnes dans la pauvreté, Cécile Duflot, directrice générale d'Oxfam France et ancienne ministre du Logement alerte au micro d'Europe 1 sur l'importance d'aider les pays en difficultés. "Dans le combat de la pauvreté", le coronavirus pourrait provoquer "un recul de dix ans", dit-elle. 

Une mobilisation à hauteur de 2.500 milliards de dollars

Cécile Duflot explique que la pauvreté causée par la pandémie va toucher "tous les pays dans le monde", mais "la menace est grande en Afrique et en Asie du Sud-est". Oxfam propose une mobilisation à hauteur de 2.500 milliards de dollars, "avec une mesure d'urgence : donner des subventions en espèces à ceux qui en ont besoin". "Il peut y avoir des gens qui meurent de faim avant même de mourir du Covid-19", justifie Cécile Duflot. 

Annuler les dettes en 2020

Autre proposition défendue par l'ancienne ministre du Logement : l'annulation des dettes pour l'année 2020, qui représentent des sommes considérables pour certains États. Cécile Duflot prend l'exemple du Ghana, en Afrique de l'Ouest, qui "paye chaque année onze fois plus pour rembourser la dette que pour sa politique de santé", ou du Sierra Leone, "où il n’y a qu’un respirateur pour l’ensemble de la population". "Les banques peuvent suspendre l’annuité 2020, comme ce qu'on fait avec les entreprises quand on reporte les paiements de cotisations".

Alors que la France va consacrer plus d'un milliard d'euros à la lutte contre le Covid-19 en Afrique, Cécile Duflot se veut prudente. "La question de savoir quel type d'argent et par quels intermédiaires on passe est très importante. C'est aussi le rôle des ONG d'apporter une réponse au plus près", explique la directrice générale d'Oxfam France.