Covid-19 : 38.289 morts en France, près de 3.900 patients en réanimation

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Le nombre de patients en réanimation continue d'augmenter.
Le nombre de patients en réanimation continue d'augmenter. © AFP
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Alors que l'épidémie de coronavirus continue de se propager en France, le gouvernement s'est emmêlé les pinceaux, mardi, sur la possibilité d'instaurer un couvre-feu en plus du confinement à Paris. La SNCF de son côté a indiqué qu'elle allait supprimer une grande partie de son offre TGV.
L'ESSENTIEL

Avec plus de 36.000 nouveaux cas détectés en 24 heures, l'épidémie continue de progresser en France. Dans ce contexte, le gouvernement va-t-il réinstaurer un couvre-feu à Paris et en Île-de-France en plus du reconfinement ? C'est ce qu'a affirmé mardi son porte-parole, Gabriel Attal, avant que Matignon démente cette information dans la foulée. De son côté, la SNCF a annoncé la suppression de 70% de ses TGV pour s'adapter à la chute vertigineuse des voyages, désormais interdits sauf exceptions.

Autriche, Grèce, bientôt Italie… Face à l'emballement de la pandémie de coronavirus, plusieurs pays européens imposent mardi un nouveau tour de vis. Car même si l’épidémie, qui a fait au moins 1,2 million de morts dans le monde, a été la plus meurtrière aux Etats-Unis, c’est actuellement sur le Vieux Continent qu’elle circule le plus vite.

Les principales infos à retenir :

  • Matignon dément Gabriel Attal sur la réinstauration d'un couvre-feu à 21h à Paris en plus du confinement
  • La SNCF réduit de 70% son offre de TGV circulant en France
  • En France, plus de 36.000 nouveaux cas ont été recensés en 24 heures
  • De nouvelles restrictions entrent en vigueur mardi en Autriche et en Grèce
  • Au moins 1,2 million de personnes sont décédées du Covid-19, selon les chiffres officiels

Plus de 36.000 nouveaux cas

Selon les chiffres communiqués mardi soir par le gouvernement, 36.330 nouveaux cas ont été recensés en 24 heures. La hausse du nombre de patients en réanimation se poursuit également, avec 469 nouveaux patients admis, pour un total de 3.878. Le nombre de lits de réanimation, déjà relevé de 5.100 à 5.800 après la première vague épidémique, était monté à 6.400 en début de semaine et devrait bientôt dépasser 7.000, selon le ministre de la Santé Olivier Véran. 

Après une actualisation des chiffres dans les Ehpad et les établissements médico-sociaux (+428 nouveaux décès), le bilan des décès s'alourdit, avec 38.289 morts depuis le début de l'épidémie. 426 nouveaux décès ont été enregistrés à l'hôpital. 

Le nombre de personnes hospitalisées est lui de 26.242, contre 25.120 la veille (+1.122). Les hôpitaux ont accueilli sur les dernières 24 heures 3.311 nouveaux malades du Covid.

Couvre-feu : couac au sommet de l'État

Un couvre-feu va-il être réinstauré à 21 heures, en plus du confinement, "à Paris et peut-être en Ile-de-France" ? C'est ce qu'a d'abord affirmé Gabriel Attal, porte-parole du gouvernement. Il a souligné sur BFMTV et RMC que 100.000 contrôles avaient donné lieu à 14.000 verbalisations en France depuis le début du confinement. "Au regard de ces situations, nous allons réinstaurer un couvre-feu sur Paris et peut-être l'Ile-de-France (…), à 21 heures je crois", a-t-il indiqué en précisant que le ministère de l'Intérieur détaillerait les conditions dans un arrêté à paraître "dans la journée".

Mais peu de temps après son intervention sur BFMTV, le porte-parole du gouvernement a été démenti par Matignon. Ce couvre-feu n'est "absolument pas décidé à ce stade", a affirmé l'entourage du Premier ministre. "Le préfet de police a évoqué cette mesure au regard de certaines situations observées en soirée à Paris", a-t-on précisé de même source. "Elle consiste à fixer une heure nocturne de fermeture des commerces autorisés à fonctionner. Cette mesure va être concertée avec la municipalité parisienne par la préfecture mais n’est pas décidée à ce stade. Une décision sera prise dans les prochains jours."

Castex monte au front contre le non-respect du confinement

Ce cafouillage illustre un problème : le gouvernement se rend bien compte que le confinement est moins suivi qu'en mars. Mardi matin sur Europe 1, Elisabeth Borne a rappelé que le télétravail n'était pas facultatif pour les salariés et les entreprises qui peuvent s'organiser. La ministre du Travail a même brandi la menace de sanction : 

Par ailleurs, Jean Castex est monté au front, mardi, contre les élus qui appellent les maires à "violer les règles de la République" en prenant des arrêtés pour rouvrir les commerces pourtant fermés. "Ça n'est pas possible", s'est insurgé le Premier ministre devant les députés lors de la séance des questions au gouvernement. "Je ne comprends pas que vous ayez envoyé aux adhérents de votre formation politique, aux maires, une demande leur suggérant vivement de prendre des arrêtés pour s'opposer aux décisions de l'état d'urgence sanitaire."

La SNCF supprime 70% de son offre TGV

La SNCF va supprimer progressivement jusqu'à 70% des TGV - inOui et Ouigo - circulant en France à partir de mercredi, la fréquentation s'étant effondrée avec le reconfinement de la population. En fonction de l'évolution de la situation, "des adaptations supplémentaires pourraient être mises en oeuvre dans le courant de la semaine prochaine", a précisé la compagnie, rappelant que 93% des TGV avaient été supprimés au plus fort du premier confinement au printemps.

Quels produits "essentiels" vendus en grande surface ?

Face à la fronde des petits commerçants à la suite de la décision du gouvernement de fermer certains commerces pendant le confinement, Jean Castex a tranché dimanche soir : seuls les produits considérés comme essentiels pourront être vendus, y compris dans les grandes surfaces. Le Premier ministre avait alors annoncé que la mesure entrerait en vigueur à partir de mardi. Mais pour le gouvernement, le casse-tête pour déterminer quel produit est considéré ou non comme essentiel a continué toute la journée de lundi, pendant laquelle les discussions entre la grande distribution et le ministère de l’Economie ont été nombreuses.  "Il y a une tolérance jusqu'à mercredi", a expliqué Bercy. Les rayons concernés par la fermeture ont donc une journée de plus pour se mettre en ordre de marche.

Le gouvernement a précisé mardi matin, par décret, la liste des produits que les grandes surfaces peuvent continuer à vendre pendant le confinement. Il est indiqué que les centres commerciaux et grandes surfaces "ne peuvent accueillir du public que pour les activités" qui étaient déjà autorisées, notamment l'alimentaire, les journaux et papeterie, les matériaux de construction ou la quincaillerie, "ainsi que pour la vente de produits de toilette, d'hygiène, d'entretien et de produits de puériculture". Le gouvernement a laissé une "tolérance" jusqu'à mercredi pour l'application de la mesure.

Par ailleurs, l'Église catholique a décidé de déposer mardi matin un référé-liberté contre l'interdiction des rassemblements au sein des lieux de culte prévue dans le cadre de l'état d'urgence sanitaire. Selon la conférence des évêques de France, cette disposition est en effet une atteinte grave à une liberté fondamentale.

Plus de 11 millions de cas de coronavirus dénombrés en Europe...

Plus de 11 millions de cas du nouveau coronavirus ont été officiellement recensés en Europe, selon un comptage réalisé à partir de sources officielles mardi. Au moins 11.008.465 contaminations et 284.148 décès ont été déclarés dans le continent. Près de la moitié des cas ont été enregistrés dans les quatre pays d'Europe les plus touchés par l'épidémie : la Russie (1.673.686 cas), la France (1.466.433), l'Espagne (1.240.697) et le Royaume-Uni (1.053.864).

... d'où un nouveau tour de vis dans plusieurs pays

Quelques jours après la France, c’est l’Autriche qui entre dans une nouvelle phase de confinement mardi, quelques heures seulement après l’attentat de Vienne. Les écoles et les crèches resteront ouvertes dans le pays, mais il sera désormais interdit de sortir entre 20 heures et 6 heures, et les réunions privées seront limitées à deux foyers maximum, avait indiqué samedi le chancelier Sebastian Kurz. Outre la fermeture des musées, théâtres, cinémas et piscines, l'ensemble des événements sont annulés, y compris les mariages et marchés de Noël.  Le pays de 8,8 millions d'habitants, relativement épargné par la première vague, enregistre plus de 5.000 cas quotidiens contre 1.000 début octobre, pour 1.109 décès depuis l'émergence de la pandémie.

En Grèce - où un couvre-feu de minuit à 5 heures est imposé depuis le 22 octobre - un confinement partiel d'un mois entre en vigueur mardi dans tout le pays, pour tenter de freiner la hausse des contaminations. Les restaurants, cafés, salles de spectacle, musées et salles de sport seront notamment fermés à Athènes. Mais les commerces, les entreprises et les écoles continueront de fonctionner pour éviter de nuire davantage à l'économie. La deuxième ville du pays, Thessalonique, sera elle soumise à un confinement général pour quatorze jours.

Aux Pays-Bas, le Premier ministre néerlandais Mark Rutte a annoncé mardi la fermeture des musées, cinémas, zoos, sex-clubs et autres lieux accueillant du public pour deux semaines. La Belgique, pays au monde où le coronavirus circule le plus, est aussi entrée lundi dans un deuxième confinement de six semaines. Le télétravail est obligatoire partout où il est possible et les magasins non essentiels sont fermés. Cependant, fleuristes et libraires ont été autorisés à ouvrir. Au Royaume-Uni, pays le plus endeuillé d'Europe avec près de 47.000 morts, le Premier ministre britannique Boris Johnson a annoncé un reconfinement de l'Angleterre de jeudi jusqu'au 2 décembre. 

L’annonce d’un couvre-feu attendu en Italie, malgré des tensions

En Italie, les détails d'un couvre-feu nocturne national devaient être annoncés mardi, ainsi que des limitations de voyage vers des régions désormais classées en fonction de leur risque sanitaire. Depuis une semaine, l'Italie a fermé cinémas, théâtres, salles de sport et piscines. Les restaurants et les bars ne peuvent plus recevoir de clients après 18 h.

"Restons unis dans ce moment dramatique", a dit lundi le chef du gouvernement Giuseppe Conte. "La priorité est la défense de la santé". Mais le pari est risqué après les affrontements ayant opposé samedi à Rome la police à des manifestants en colère contre les restrictions. Des incidents similaires avaient éclaté vendredi à Florence.

Plus d’1,2 million de morts dans le monde

La pandémie a fait plus de 1,206 million de morts dans le monde depuis fin décembre, selon un bilan établi par l'AFP mardi. Près de 47 millions de cas ont été officiellement comptabilisés, dont plus de 30,9 millions ont été guéris. Lundi, les Etats-Unis comptaient le plus de morts (231.003), devant le Brésil (160.074), l'Inde (122.607), le Mexique (91.895) et le Royaume-Uni (46.717).

Europe 1
Par Europe 1, avec AFP