Pour Philippe Klein, le déconfinement des enfants devrait être la dernière étape. 3:00
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Jonathan Grelier , modifié à
Le président de la République Emmanuel Macron a annoncé lundi la réouverture progressive des écoles, collèges et lycées à partir du 11 mai prochain. "Dans le cadre d'un déconfinement, la dernière chose que l'on fera c'est de rouvrir les écoles" conteste Philippe Klein, un médecin français qui s'apprête à rentrer en France après avoir exercé à Wuhan en Chine, mardi sur Europe 1.
INTERVIEW

À partir du 11 mai prochain, les écoles, collèges et lycées devraient rouvrir progressivement en France selon les annonces faites lundi par le président de la République Emmanuel Macron. "Dans le cadre d'un déconfinement, un processus méthodique et long, la dernière chose que l'on fera c'est de réouvrir les écoles", critique Philippe Klein, un médecin français qui a exercé dans une clinique internationale à Wuhan en Chine, mardi sur Europe 1.

Philippe Klein regrette de ne pas avoir été écouté

"Ce déconfinement doit être économique, ce qu'ont fait les Chinois. Ensuite c'est la population, puis les enfants", estime le médecin. Lui qui avait conseillé à Emmanuel Macron de prendre des mesures de confinement plus strictes sur une période courte avant de passer à l'étape longue du déconfinement, regrette de ne pas avoir été écouté.

 

"La Chine a décidé d'ouvrir les écoles d'ici la fin du mois d'avril pour les classes qui passent des examens", témoigne-t-il. "Toutes les autres classes ne rouvriront qu'après les vacances d'été."

Les enfants, "vecteurs de l'épidémie"

Selon lui, cela s'explique par le fait que les enfants soient "souvent des porteurs asymptomatiques et donc des vecteurs de l'épidémie". Pour Philippe Klein, rouvrir trop rapidement les écoles s'apparent donc à "un énorme risque". "Lorsque les Chinois le feront, ce sera associé à des protocoles sanitaires extrêmement stricts", ajoute-t-il.

 

 

Plus globalement, le médecin fait part de son scepticisme par rapport à l'allocution du président de la République. "Le discours que j'ai entendu me semblait être un discours de temporisation" en attente d'une "montée en puissance des masques et des tests", affirme-t-il. Et de conclure : "À aucun moment je ne l'ai entendu parler de méthodologie, d'une technique de confinement qui soit efficace et qui permette d'aboutir à une phase de déconfinement."