Coronavirus : près de 20.000 nouveaux cas en 24 heures

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Près de 20.000 nouveaux cas ont été enregistrés vendredi, selon les chiffres de Santé publique France.
Près de 20.000 nouveaux cas ont été enregistrés vendredi, selon les chiffres de Santé publique France. © AFP
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Les autorités de santé ont autorisé vendredi l'utilisation d'un deuxième vaccin en France, celui de Moderna. Alors que près de 20.000 nouveaux cas ont été enregistrés en 24h en France, vendredi, le couvre-feu pourrait être étendu dans une dizaine de nouveaux départements. 

La campagne de vaccination s'accélère en France. Les autorités sanitaires ont autorisé vendredi l'utilisation d'un deuxième vaccin contre le coronavirus, celui de Moderna, alors que le gouvernement a dévoilé jeudi plusieurs mesures pour accroître les capacités vaccinales. Selon les derniers chiffres publiés par Santé publique France, vendredi, près de 20.000 nouveaux cas de Covid-19 ont été enregistrés en 24 heures. La veille, le Premier ministre Jean Castex a annoncé le maintien des restrictions sanitaires en vigueur, au mois jusqu'à fin janvier. Par ailleurs, une dizaine de départements supplémentaires pourraient passer au régime du couvre-feu élargi à 18h. 

Au Royaume-Uni, les hôpitaux risquent d'être submergés à Londres, alors que la variant britannique du coronavirus se répand dans le pays. Au Japon, les Jeux Olympiques de juillet sont maintenus, assurent les organisateurs. 

Les informations à retenir

  • Près de 20.000 nouveaux cas en 24 h, Santé publique France s'inquiète d'un possible rebond de l'épidémie
  • Les autorités de santé ont autorisé un deuxième vaccin en France, celui de Moderna
  • Une dizaine de départements pourraient passer sous couvre-feu à 18h 
  • Jean Castex maintient les restrictions et promet une accélération de la vaccination
  • Les hôpitaux menacés d'être "submergés" à Londres

Près de 20.000 nouveaux cas, possible rebond de l'épidémie

Vendredi, près de 20.000 nouveaux cas de Covid-19 ont été enregistrés au cours des dernières 24 heures en France, selon les données publiées vendredi par Santé publique France qui s'inquiète d'un possible rebond de l'épidémie. Le nombre de cas confirmés a été de 19.814 vendredi, contre plus de 20.000 quotidiens les trois jours précédents. Le taux de positivité, qui mesure le pourcentage de personnes positives au Covid-19 sur l'ensemble des personnes testées, est toujours en hausse, à 6% (contre 5,7% jeudi et 3,8% vendredi dernier).

Le nombre de patients hospitalisés s'élève à 24.377, soit 71 de moins que le total de la veille, avec 1.445 nouvelles hospitalisations en 24 heures. Le nombre de malades en réanimation, où un lit sur deux est occupé par un malade du Covid selon le Premier ministre, est de 2.606, soit 33 de plus que la veille, avec 245 nouvelles admissions en 24 heures. Avec 281 nouveaux décès à l'hôpital en 24h et une mise à jour des décès en Ehpad (plus de 300 morts dans ces structures depuis mardi), la maladie a désormais tué 67.431 personnes, dont 46.815 à l'hôpital, depuis le début de l'épidémie.

Le vaccin Moderna autorisé en France

Le vaccin contre le Covid-19 développé par Moderna "peut être utilisé chez les personnes de 18 ans et plus, y compris les plus âgées du fait de son efficacité et de son profil de tolérance globalement satisfaisant", estime vendredi la Haute autorité de santé (HAS). Ce vaccin, qui a reçu mercredi l'autorisation de commercialisation de l'Union européenne, devient ainsi le deuxième à pouvoir être utilisé en France après celui de BioNTech/Pfizer, qui avait eu le feu vert de la HAS le 24 décembre.

Comme le vaccin BioNTech/Pfizer, celui de Moderna repose sur l'administration de deux doses. Pour ce dernier, un "délai de 28 jours entre les deux doses vaccinales doit être respecté", rappelle la HAS, soulignant qu'il s'agit d'un "seuil minimum". Les premières livraisons du vaccin Moderna "devraient se faire dans les jours qui viennent", au plus tard "deuxième quinzaine de janvier", a assuré vendredi matin sur BFMTV le Pr Alain Fischer, le "Monsieur vaccins" nommé par le gouvernement.

Aucun effet indésirable grave jusqu'ici, selon l'agence du médicament

Aucun effet indésirable grave n'a été observé en France lors de cette deuxième semaine de vaccination avec le vaccin de Pfizer/BioNTech contre le Covid-19, a indiqué vendredi l'Agence du médicament ANSM. "Un cas d'effet indésirable non grave a été enregistré dans la base nationale de pharmacovigilance. Il concerne une diminution temporaire de certaines cellules immunitaires (lymphocytes)", précise l'agence sanitaire dans un point d'information. 

Bien que déjà observé dans les essais cliniques, cet effet indésirable non grave n'a pas été retenu à ce jour pour figurer dans la notice du vaccin.

Statu quo sur les restrictions sanitaires

Face à la menace d'un rebond épidémique, le Premier ministre Jean Castex a maintenu les restrictions en vigueur sur le territoire national. Tous les établissements et équipements actuellement fermés en raison de l'épidémie de coronavirus "le resteront encore jusqu'à la fin de ce mois", a-t-il annoncé lors d'une conférence de presse. 

"Les musées, les cinémas, les théâtres, les salles de spectacle, les équipements sportifs ou de loisirs ne connaîtront dans les semaines qui viennent, aucun assouplissement", a-t-il ajouté, douchant ainsi les espoirs de ces secteurs qui espéraient rouvrir prochainement. Quant aux bars et restaurants, ils ne rouvriront pas avant "a minima mi-février". Un point sera fait avec les professionnels de la montagne le 20 janvier pour étudier une éventuelle réouverture des remontées mécaniques début février. Découvrez ici la réaction des gestionnaires d'une station de ski.

Le gouvernement envisage en revanche d'étendre le couvre-feu à 18 heures, déjà en vigueur dans 15 départements depuis samedi, dans dix nouveaux départements. Une décision sera prise vendredi. Le Premier ministre n'a pas exclu des "mesures nationales supplémentaires" si "cela s'avérerait nécessaire en fonction de l'évolution des prochains jours", en laissant planer la menace d'un 3e reconfinement. Découvrez ici ce qu'il faut retenir des annonces de Jean Castex

Le point sur la campagne vaccinale

Sous le feu des critiques pour des lenteurs au démarrage, le gouvernement, par la voix du ministre de la Santé Olivier Véran a précisé la stratégie française et posé les bases d'un nouveau calendrier. Déjà 45.000 personnes se sont déjà faites vacciner en France, "au cours des cinq derniers jours", explique le ministre qui estime qu'une montée en puissance permettra d'atteindre un million fin janvier. 

Olivier Véran a également rappelé que la France a commandé 78 millions de doses d'ici avant l'été, pour les cinq vaccins les plus avancés. Dès le 18 janvier, la vaccination sera ouverte à tous les plus de 75 ans, avec une procédure simplifiée, un simple questionnaire. Découvrez ici les étapes à suivre pour les personnes concernées. Des centres de vaccination en ville seront ouverts dans les semaines qui viennent, d'abord 100, puis 300 puis 500. Découvrez ici notre reportage à l'intérieur d'un centre de vaccination à Lille.

3 généralistes sur 4 a priori prêts à se faire vacciner

Les étapes suivantes de la stratégie vaccinales pourraient impliquer le soutien des médecins de ville. Justement, trois médecins généralistes sur quatre seraient a priori prêts à se faire vacciner contre le Covid-19 ainsi qu'à recommander le vaccin à leurs patients, selon une étude publiée vendredi par la Drees, le service statistique des ministères sociaux. Interrogés pour savoir s'ils accepteraient de se faire vacciner si un vaccin était disponible, 47% ont répondu "oui certainement", 29% "oui probablement", 6% "non probablement pas", 5% "non certainement pas" et 14% ne se sont pas prononcés. 

Trois sites de production de vaccin en France

"Nous avons l'usine de Recipharm, implantée en France, qui va produire le vaccin Moderna dès fin février–début mars. Nous aurons ensuite Delpharm, pour le vaccin Pfizer/BioNTech et Fareva pour le vaccin CureVac, s'il obtient une autorisation de mise sur le marché, qui suivront", a expliqué la ministre chargée de l'Industrie, Agnès Pannier-Runacher, sur Europe 1.

Quelque 2,6 millions de doses de vaccins  seront livrées en France d'ici fin janvier, a également la ministre. 

Deux clusters "à risques" du variant britannique en France

Deux "clusters à risques" du variant britannique du coronavirus, plus transmissible, ont été détectés en France, en Bretagne et en Ile-de-France, a indiqué jeudi le ministère de la Santé soulignant prendre cette "menace" très au sérieux. Lire ici notre décryptage sur la détection de cette nouvelle souche. 

Pour le foyer détecté en Île-de-France, aucun lien avec le Royaume-Uni n'a été établi, ce qui laisse supposer que le variant britannique circule déjà dans l'Hexagone. Au total, 19 cas de contamination par ce variant sont pour l'instant avérés dans toute la France, ainsi que trois autres par un variant différent initialement repéré en Afrique du Sud, a précisé le ministère de la Santé dans un communiqué.

Les hôpitaux menacés d'être "submergés" à Londres 

Le maire de Londres, Sadiq Khan, a déclaré vendredi un état d'"incident majeur", impliquant une réponse coordonnées des services publics, dans la capitale britannique où le nouveau coronavirus est "hors de contrôle" et où les hôpitaux risquent d'être "submergés". "La situation à Londres est maintenant critique, avec une propagation du virus hors de contrôle", a indiqué l'élu travailliste dans un communiqué. "Nous manquerons de lits dans les deux prochaines semaines si la propagation du virus ne ralentit pas drastiquement", a-t-il ajouté, notant que 7.034 personnes étaient hospitalisées avec le Covid-19 dans la capitale, soit 35% de plus que durant le pic de la première vague en avril.

Les JO de Tokyo maintenus

Les organisateurs des Jeux olympiques de Tokyo ont insisté vendredi sur le fait que les JO reportés pour cause de coronavirus se dérouleraient comme prévu l'été prochain malgré la déclaration d'état d'urgence par le gouvernement japonais. Jeudi, le Premier ministre Yoshihide Suga a annoncé que l'état d'urgence d'une durée d'un mois couvrirait la région du grand Tokyo à partir de vendredi, alors que le Japon est confronté à une nette recrudescence de la pandémie.

Les responsables de Tokyo-2020 ont déclaré à plusieurs reprises qu'un nouveau report des Jeux, qui doivent commencer le 23 juillet, est hors de question. Et ils ont insisté vendredi sur le fait que l'état d'urgence ne ferait pas dérailler les plans.