Pannier-Runacher : "L'usine française de Recipharm va produire le vaccin Moderna fin février, début mars"

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Agnès Pannier-Runacher 1:22
Pannier-Runacher : "L'usine française de Recipharm va produire le vaccin Moderna fin février, début mars" © Europe 1
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Plusieurs sites industriels accueilleront prochainement la production de vaccins contre le Covid-19, notamment ceux des laboratoires Pfizer/BioNTech et Moderna. La ministre chargée de l'Industrie, Agnès Pannier-Runacher, détaille au micro d'Europe 1 les dates de lancement des lignes de production "européennes". 
INTERVIEW

La campagne de vaccination contre le Covid-19 accélère en France. Le ministre de la Santé, Olivier Véran, souhaite une montée en puissance qui permettrait d'atteindre un million de personnes vaccinés à la fin du mois de janvier. Il a indiqué que la France avait commandé 78 millions de doses d'ici avant l'été, pour les cinq vaccins les plus avancés. Comment tenir la cadence de ces productions de masse ? En France, trois sites se préparent à accueillir les productions des vaccins Pfizer et Moderna, qui vient d'être autorisé en Europe. Agnès Pannier-Runacher, ministre déléguée auprès du ministre de l'Économie, des Finances et de la Relance, chargée de l'Industrie revient sur les détails, au micro d'Europe 1.

"Nous avons l'usine de Récipharm, implantée en France, qui va produire le vaccin Moderna dès fin février–début mars. Nous aurons ensuite Delpharm, pour le vaccin Pfizer/BioNTech et Fareva pour le vaccin CureVac, s'il obtient une autorisation de mise sur le marché, qui suivront", explique la ministre. 

L'entreprise de sous-traitance pharmaceutique Delpharm devrait accueillir la production dans son usine en Eure-et-Loir, tandis que Recipharm devrait produire le vaccin Moderna dans son site de Monts, en Indre-et-Loire.

Les trois sites qui vont produire en France sont accompagnés par le gouvernement, assure-t-elle. "Les trois sites ont déposé un dossier au titre du plan de relance, deux d'entres eux ont déjà reçu une décision favorable et nous continuons à instruire." 

Pas de priorité française mais une solidarité européenne

La ministre chargée de l'Industrie prévient cependant : une production française ne signifie pas priorité française. "Ce sont des chaines de production européenne, nous avons veillé à cela", rappelle-t-elle, détaillant la production du vaccin Moderna comme exemple. "Le site où est réalisé le principe actif est en Suisse, car c'est celui qui a les plus grandes capacités de production d'ARN messager quasiment en Europe. Et ce site sert l'ensemble de l'Europe", explique Agnès Pannier-Runacher. "La mise en bouteille est effectuée dans plusieurs autres pays, en l'occurrence l'Espagne et la France. Nous allons servir, évidemment le marché français pour des raisons logistiques, mais l'ensemble du marché européen."

"C'est cette solidarité qui permet d'avoir cette organisation, qui est la plus efficace possible", assure-t-elle. "Je suis choquée de ce repli nationaliste où chacun irait produire son petit vaccin dans son coin. Si vous voulez produire le plus grand nombre de doses possibles, il faut prendre les sites les plus gros en Europe et s'organiser pour que ce soit ces sites qui livrent l'ensemble de l'Europe. Et c'est ce que nous avons fait."

Europe 1
Par Mathilde Durand