Coronavirus : 69.031 morts, l'épidémie se stabilise à un niveau élevé

, modifié à
  • A
  • A
réanimation
Ce mercredi, le dernier bilan du coronavirus en France fait état de 69.031 morts, soit 229 de plus que la veille. © LUCAS BARIOULET / AFP
Partagez sur :
Ce mercredi, le dernier bilan du coronavirus en France fait état de 69.031 morts, soit 229 de plus que la veille. La situation épidémique se stabilise à un niveau élevé avec 24.769 hospitalisations et 2.711 réanimations. Un conseil de défense organisé mercredi à l'Élysée doit permettre à l'exécutif de plancher sur les mesures à prendre face au rebond de l'épidémie. L'hypothèse d'un couvre-feu national avancé à 18 heures est la plus probable.
L'ESSENTIEL

Ce mercredi, le dernier bilan du coronavirus fait état de 69.031 morts et les données hospitalières restent stables à un niveau élevé. Un conseil de défense s'est déroulé ce mercredi sur les suites politiques à donner à l'aggravation de l'épidémie de coronavirus en France. Dans ce contexte, l’hypothèse d'un couvre-feu national avancé à 18 heures est l'hypothèse la plus probable. L'organisation mondiale de la santé a estimé que le variant britannique du virus était présent dans une cinquantaine de pays, et a indiqué que 28 millions de doses de vaccin anti-Covid ont déjà été injectées dans 46 pays. 

Toujours à l'international, le Portugal va se reconfiner dès vendredi, tandis que le président russe Vladimir Poutine a ordonné d'entamer dès la semaine prochaine la vaccination de toutes les catégories de population.

Les principales infos à retenir :

  • 69.031 morts en France, les données hospitalières restent stables mais à un niveau élevé
  • Un conseil de défense mercredi à l'Élysée, la mise en place d'un couvre-feu national à 18 heures est l'hypothèse la plus probable
  • La vaccination s’accélère, Nancy étant la première ville à avoir débuté une campagne élargie
  • Le variant britannique du virus a été repéré dans 50 pays, selon l'OMS
  • 46 millions de doses de vaccins ont été injectées dans 46 pays

69.031 morts, l'épidémie se stabilise à un niveau élevé

La France compte ce mercredi soir 69.031 morts du coronavirus, soit 229 de plus que la veille. Les données hospitalières restent stables à un niveau élevé. Et l'on compte 24.769 patients hospitalisés à cause du coronavirus, soit 32 de plus en 24 heures. Quant aux cas graves en réanimation, on en dénombre désormais 2.711, soit 23 de plus par rapport au dernier pointage. Pas moins de 23.852 nouveaux cas ont été détectés sur le territoire depuis la veille. Par ailleurs, 247.167 personnes "ont été vaccinées parmi les publics prioritaires définis par les autorités sanitaires", a indiqué la Direction générale de la Santé dans un communiqué distinct.  

Un conseil de défense, vers des mesures plus strictes

Un conseil de défense doit avoir lieu mercredi dans la journée à l'Élysée autour d'Emmanuel Macron. De nouvelles restrictions pourraient y être décidées pour freiner la propagation de l'épidémie et notamment des variants anglais et sud-africain. De fait, la circulation du virus reste élevée en France : les données hospitalières se stabilisent mais sur un plateau haut, selon les derniers bilans. 

L'hypothèse la plus probable est celle d'un couvre-feu national avancé à 18 heures. Ce dernier prendrait effet à la fin du week-end prochain. Le gouvernement réfléchit également à limiter les flux avec l'Afrique du Sud et la Grande-Bretagne, afin de limiter la propagation des variants du coronavirus. Par ailleurs, les contrôles sanitaires aux frontières devraient être renforcés. 

Toutes les mesures ne sont pas encore tranchées, Emmanuel Macron devrait rendre les derniers arbitrages jeudi matin. Mais une chose est certaine, la situation est jugée suffisamment critique pour que Jean Castex prennent la parole lors d'une conférence de presse jeudi à 18 heures entouré de plusieurs ministres.  

Un couvre-feu à 18 heures qui aurait de lourdes conséquences sur les commerces

Si un couvre-feu à 18 heures est une mesure plus favorable qu'un confinement strict, il n'en reste pas moins que cette restriction va avoir de lourdes conséquences, notamment sur les commerces. En effet, le créneau 17h30-20h représente un tiers des achats alimentaires. Un phénomène de report est donc à prévoir : en journée, entre midi et deux, et surtout le samedi. La grande distribution appelle donc à l'ouverture généralisée de ses magasins le dimanche pour désengorger les rayons le samedi.

Mais tous les secteurs ne vont pas profiter d'un report de la consommation. Le secteur de l'habillement par exemple pourrait perdre 25 à 30% de son chiffre d’affaires en cas de couvre-feu, selon sa Fédération. Ce chiffre pourrait même grimper à moins 40% dans les zones les plus éloignées des bureaux. 

"Quelques mois à passer, et après on verra la lumière"

Si la perspective d’un troisième confinement fait de plus en plus d'ombre sur la vie des Français, Jean-François Delfraissy, président du Conseil scientifique et invité de TF1 mardi, s'est montré un peu plus prudent sur cette question d'un reconfinement à très court terme : "Je ne répondrai pas ce soir (sur la nécessité d'un reconfinement). J'ai une opinion qui est qu'on n'est pas dans l'extrême urgence", a-t-il tempéré. "Comme je l'expliquais, les chiffres sont assez paradoxaux. Laissons-nous peut-être quelques jours pour finir de regarder les conséquences du 31 décembre, ce que deviennent les premiers chiffres de ce mutant anglais, poursuivons intensivement la vaccination. Dans l'équilibre et la course de vitesse, on va pouvoir se rattraper."

Se rattraper pour ainsi entrevoir le bout du tunnel ? C'est le message de Yazdan Yazdanpanah, membre du Conseil scientifique et invité d'Europe 1, mercredi matin : "On a encore quelques mois à passer, et après on verra la lumière", assure le chef du service des maladies infectieuses à l’hôpital Bichat. Retrouvez son interview ci-dessous : 

La campagne de vaccination accélère, comme à Nancy

La ville de Nancy a commencé dès mardi matin à vacciner contre le Covid-19 des personnes âgées de plus de 75 ans hors Ehpad, près d'une semaine avant le début de la campagne nationale. La mairie incite toutefois les patients intéressés à attendre jusqu'à mercredi. Une faille dans le système de prise de rendez-vous Doctolib a permis à quelques patients d'en prendre un dès mardi pour se faire vacciner, alors que la vaccination reste normalement réservée au personnel soignant.

Après un début poussif, la campagne de vaccination prend donc peu à peu son rythme de croisière. Selon des chiffres du ministère de la Santé dévoilés lundi, ce sont désormais 189.834 personnes qui ont reçu une première injection dans le pays, dont plus de 45.000 en 24 heures. L'objectif affiché est de 400.000 personnes vaccinées à la fin de la semaine. Par ailleurs, des plateformes privées de prises de rendez-vous médicaux (Doctolib, Maiia, Keldoc) ont été désignées comme partenaires officiels de l'Etat pour la prise de rendez-vous en ligne et la gestion des centres de vaccination. Car dès le 18 janvier, la vaccination sera ouverte à tous "les patients âgés de plus de 75 ans hors Ehpad, ainsi qu’aux "pompiers et aides-soignants de plus de 50 ans".

Des réponses sur le vaccin

À une semaine du lancement officiel de la campagne de vaccination, et alors que certains publics prioritaires ont déjà bénéficié d'injections, notamment dans les Ehpad, beaucoup de Français s'interrogent encore sur le vaccin contre le coronavirus. Au micro d'Europe 1, le docteur Jimmy Mohamed a donc répondu à trois questions qui lui sont souvent posées en consultation. Qu'est-ce qu'un vaccin à ARN ? Peut-il modifier notre code génétique ? Peut-on se faire vacciner si on a déjà eu le Covid ? Les réponses de Jimmy Mohamed sont à retrouver dans notre article.

Renaud Muselier tacle Olivier Véran

Invité d'Europe 1, mercredi matin Renaud Muselier, président de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, s'en est ouvertement pris à l'attitude du ministre de la Santé Olivier Véran dans la gestion de l'épidémie, dénonçant nombre de ses choix depuis dix mois. "Le ministère de la Santé s'est bunkerisé", a-t-il notamment dénoncé. Et de lancer : ""Avec le ministère de la Santé, nous n'avons jamais aucune réponse. Ils ont l'arrogance et la prétention de savoir qu'ils ont raison. Ils osent nous dire qu'eux sont là pour sauver les gens. Nous, on est là pour les tuer ? On a vu ça où ?".

L'OMS a repéré le variant britannique dans 50 pays

L'Organisation mondiale de la Santé estime que le variant britannique du coronavirus a été repéré dans 50 pays, tandis que celui venu d'Afrique du Sud serait présent dans 20 d'entre eux. Une troisième mutation, dont le Japon a annoncé dimanche la découverte, nécessite encore d'être étudiée, explique l'OMS dans son bulletin hebdomadaire.

Par ailleurs, les campagnes de vaccination massives ne suffiront pas à garantir une immunité collective en 2021, a averti lundi l'OMS, pour qui masques, distanciation sociale et lavages des mains seront encore le quotidien de l'humanité "au moins jusqu'à la fin de cette année". "Nous n'allons pas atteindre (...) l'immunité collective en 2021", a lancé la responsable scientifique de l'OMS, Soumya Swaminathan. Le déploiement des vaccins, quand il s'agit de milliards de doses, "prend du temps", a-t-elle expliqué, exhortant à "faire preuve d'un peu de patience".

28 millions d'injections dans 46 pays 

En 36 jours, quelque 28 millions de doses de vaccins anti Covid-19 ont été injectées dans environ 46 pays du monde, a indiqué mercredi le directeur chargé des questions d'urgence sanitaire à l'Organisation mondiale de la santé, Michael Ryan.
Malgré le début des campagnes de vaccination, il s'est inquiété de la vitesse de transmission constatée dans quelques pays notamment à cause de nouveaux variants plus contagieux. "Nous entrons dans la deuxième année de la pandémie et cela pourrait même devenir encore plus dur, quand on voit les rythmes de transmission", a-t-il dit au cours d'une des séances régulières de questions-réponses que l'OMS organise pour le grand public.

Poutine ordonne une vaccination massive, le Portugal se reconfine

Le président russe Vladimir Poutine a ordonné d'entamer dès la semaine prochaine la vaccination de toutes les catégories de population, affirmant que le vaccin conçu par son pays était le "meilleur". Par ailleurs, le Japon a étendu l'état d'urgence, déjà en vigueur dans la région du grand Tokyo, à sept départements supplémentaires, et a renforcé les restrictions aux frontières pour tenter de contrer la progression rapide du coronavirus. La province chinoise du Heilongjiang (nord-est), qui partage une longue frontière avec la Russie, a proclamé un "état d'urgence" épidémique, ordonnant à ses 37,5 millions d'habitants de rester sur place et d'annuler tout rassemblement.

De son côté, le Portugal va connaître un reconfinement dès vendredi a annoncé le Premier ministre Antonio Costa. Les nouvelles restrictions sanitaires correspondront "essentiellement" à celles qui avaient été en vigueur en mars et avril, mais cette fois les écoles resteront ouvertes, a-t-il précisé à l'issue d'un conseil des ministres extraordinaire.

Plus de 1,96 million de morts dans le monde

La pandémie a fait au moins 1.963.557 morts dans le monde depuis que le bureau de l'OMS en Chine a fait état de l'apparition de la maladie fin décembre 2019, selon un bilan établi par l'AFP à partir de sources officielles mercredi. Les États-Unis sont le pays le plus touché tant en nombre de morts que de cas, avec 380.821 décès, selon le comptage de l'université Johns Hopkins. Les autres pays les plus frappés sont le Brésil avec 204.690 morts, l'Inde (151.569 morts), le Mexique (135.682) et le Royaume-Uni (83.203).