Coronavirus : l’analyse des eaux usées suscite l’inquiétude

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egouts egout 1:21
© NICOLAS TUCAT / AFP
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Depuis le début de l’année, les chercheurs de l’observatoire Obépine, qui analysent les eaux usées dans plusieurs grandes régions françaises, constatent une augmentation de la quantité de génomes du coronavirus, notamment dans l’Est, en Paca ou en Ile-de-France. Les courbes épidémiques pourraient donc bientôt s’envoler.

Les signaux sont, sinon dans le rouge, au moins dans l’orange concernant l’épidémie de coronavirus. 24.812 patients étaient hospitalisés lundi soir pour Covid-19, un chiffre en hausse pour la deuxième journée consécutive. Surtout que les dernières données de l'observatoire Obépine, qui traque le virus dans les eaux usées, ne sont pas rassurantes non plus.

Car quand le coronavirus circule, cela se voit tout de suite dans les égouts. En effet, même des personnes très peu symptomatiques rejettent du virus quand elles vont aux toilettes. Or, ce que les chercheurs constatent depuis le 4 janvier, c'est une augmentation de la quantité de génomes viraux dans les eaux usées des régions Grand-Est, Paca ou Ile-de-France. Et ça, ça n'était pas arrivé depuis novembre.

"Une mauvaise nouvelle au mauvais moment"

Le virologue qui dirige ces travaux, le professeur Vincent Maréchal, s’attend donc à voir les courbes de l'épidémie monter dans les prochains jours. "C’est embêtant, parce que d’abord c’est peut-être le reflet de contacts trop nombreux qui auront eu lieu pendant les fêtes", explique-t-il. "Et puis ça présage d’une circulation plus importante du virus à une période où on sait qu’il est plus difficile à maitriser, notamment parce que les conditions météorologiques favorisent la circulation des infection respiratoires. Donc c’est une mauvaise nouvelle au mauvais moment."

Et les interrogations sur la présence de variants plus contagieux rajoutent à l’inquiétude. Car aujourd'hui, impossible de dire, en scrutant les eaux usées, si des virus mutants sont en train de gagner du terrain. Des chercheurs français, suisses et britanniques travaillent sur des techniques PCR pour les repérer dans les égouts. Mais elles ne seront pas disponibles avant plusieurs mois.

Europe 1
Par Anne Le Gall, édité par Rémi Duchemin