Covid : avec Véran, "le ministère de la Santé s'est bunkerisé", dénonce Renaud Muselier

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Renaud Muselier 2:29
Renaud Muselier, président de la région Paca, était l'invité d'Europe 1, mercredi. © Europe 1
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Invité d'Europe 1, mercredi matin, Renaud Muselier a dénoncé l'attitude du ministère de la Santé, Olivier Véran. Le président de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur et des Régions de France estime également que l'exécutif n'a pas suffisamment fait confiance aux "forces locales" pour la gestion de l'épidémie.
INTERVIEW

La défiance se poursuit entre le gouvernement et les régions : mercredi matin, Renaud Muselier, président de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, s'en est ouvertement pris à l'attitude d'Olivier Véran dans la gestion de l'épidémie de coronavirus, dénonçant nombre de ses choix depuis dix mois. Au micro d'Europe 1, celui qui est également président des Régions de France appelle notamment l'exécutif à s'appuyer sur les "forces locales" pour tenter de vaincre durablement le Covid-19, qui frappe durement certains départements du sud-est comme les Bouches-du-Rhône.

Un ministère "arrogant"

C'est la stratégie globale menée par Olivier Véran et son cabinet qui est décriée par l'élu LR : "Le ministère de la Santé s'est bunkerisé. Nous sommes dans une guerre, le président la République l'a dit. Et ce n'est pas une guerre de tranchées comme l'organise le ministère de la Santé, mais une guerre de mouvement. Dans cette guerre de mouvement, il faut aller vite. Il faut être efficace."

Alors qu'il a "confiance" dans l'action du Premier ministre et d'autres ministres, Renaud Muselier étrille le comportement du ministère de la Santé dans cette crise : "Avec le ministère de la Santé, nous n'avons jamais aucune réponse. Ils ont l'arrogance et la prétention de savoir qu'ils ont raison. Ils osent nous dire qu'eux sont là pour sauver les gens. Nous, on est là pour les tuer ? On a vu ça où ?"

"Les errements de Monsieur Véran"

Dimanche, sur Europe 1, Olivier Véran avait balayé les accusations des élus locaux sur les supposés défauts de la stratégie vaccinale française. "Certains présidents de région sortant sont dans l'outrance", avait-il dénoncé. "Monsieur Véran a quand même une mémoire très sélective, tout ce qu'il fait est remarquable et tout ce que font les autres, ce n'est toujours pas bien, au mauvais moment", a ironisé Renaud Muselier sur Europe 1. "Je me permets de rappeler les errements de Monsieur Véran sur les masques. Il n'y en avait pas et donc il nous expliquait qu'il ne fallait pas le porter. Il a dit qu'il allait faire les tests et on ne les a pas faits. Parallèlement à ça, il nous a dit qu'on allait éviter le deuxième confinement. On l'a eu. Il est en train de dire une chose pour le troisième."

Renaud Muselier appelle le gouvernement à des mesures plus fortes pour lutter contre l'épidémie, notamment en matière de vaccins : "Si nous voulons arriver à 10 millions de vaccins par mois, il faut s'appuyer sur toutes les forces vives de la région, des départements, des municipalités, des médecins, des pharmaciens, des infirmières, des sapeurs-pompiers, des pompiers, de l'armée, pour démultiplier à l'infini les capacités de vaccination."