Coronavirus : 32.365 morts en France, plus de 10.000 cas en 24h

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Le bilan du coronavirus en France est de 35.365 morts.
Le bilan du coronavirus en France est de 35.365 morts. © AFP
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L'épidémie de Covid-19 continue de circuler en France : 10.489 cas de Covid-19 ont été détectés au cours des dernières 24 heures. A Paris et sa petite couronne, zone d'alerte maximale, les mesures de restrictions sont entrées en vigueur ce mardi.
L'ESSENTIEL

Les nouvelles mesures de restrictions prises à Paris et sa petite couronne, en zone d'alerte maximale en raison de la circulation accrue du coronavirus, sont entrées en vigueur mardi. Les bars sont désormais fermés pour quinze jours, tout comme les salles de sports et piscines. En France, la situation épidémique se dégrade. Selon les derniers chiffres de Santé publique France, 32.365 personnes sont mortes depuis le début de l'épidémie en France, dont 65 au cours des dernières 24 heures. 

Les informations à retenir 

  • 10.489 cas de Covid-19 ont été détectés au cours des dernières 24 heures
  • Les nouvelles restrictions entrent en vigueur à Paris et sa petite couronne 
  • Donald Trump est sorti de l'hôpital

65 morts en 24 heures

Les indicateurs continuent de se dégrader en France. Plus de 10.000 cas de Covid-19 ont été détectés au cours des dernières 24 heures, selon Santé Publique France. 32.365 personnes sont mortes depuis le début de l'épidémie en France, dont 65 au cours des dernières 24 heures. On compte désormais 1.417 malades hospitalisés en réanimation, un chiffre en légère progression.

La proportion de tests positifs par rapport aux tests effectués ne fait que grimper : elle a atteint lundi 8,6% et est passée à 9% mardi. Mais ce chiffre est également lié à la réorientation de la politique des tests : ils sont pratiqués moins systématiquement, priorisés, et sont donc plus susceptibles de se révéler positifs.

Des indicateurs dégradés en Île-de France

L'Agence régionale de santé d'Ile-de-France a indiqué mardi que le taux d'occupation des lits en service de réanimation par des patients atteints de Covid-19 dans les hôpitaux de la région continuait de progresser, à 40,1% contre 37% lundi. Cela représente 449 personnes admises en services de réanimation, sur 2.393 patients Covid-19 hospitalisés dans la région la plus peuplée de France (12 millions d'habitants).

Un taux d'occupation des lits de réanimation supérieur à 30% à l'échelle de la région fait partie des trois critères établis par les autorités sanitaires pour placer un département en zone d'alerte maximale. Le deuxième est un taux d'incidence (nouveaux cas) supérieur à 250 pour 100.000 habitants, et le troisième, un taux d'incidence chez les plus de 65 ans au-dessus de 100.

Paris et sa petite couronne en zone d'alerte maximale 

Bars fermés, congrès interdits, restaurants soumis à des règles sanitaires plus strictes : le préfet de police de Paris Didier Lallement a annoncé des mesures restrictives à compter de mardi pour faire face à la progression inquiétante du Covid-19 dans la capitale française et en proche banlieue. Découvrez ici l'ensemble des restrictions annoncées lundi, en vigueur pour au moins quinze jours. Les salons professionnels et les foires sont également annulés. Un coup dur pour l'événementiel, déjà fragilisé par le confinement. 

"Ce sont des mesures de freinage car l'épidémie va trop vite. Il faut la freiner avant que le système de soins ne soit débordé", a expliqué lundi Didier Lallement tandis que la maire de Paris Anne Hidalgo a estimé que la situation sanitaire était "très grave" dans sa ville.

Pour Yazdan Yazdanpanah, chef du service des maladies infectieuses de l'hôpital Bichat et membre du Conseil scientifique, interrogé sur Europe 1 prendre ces mesures était une décision "rationnelle" et "vraiment nécessaire". En revanche, les propriétaires de bars s'inquiètent. Une telle fermeture pourrait entraîner de nombreuses liquidations judiciaires selon Romain Vidal, gérant de brasserie parisienne et secrétaire général du Groupement national des indépendants de l'hôtellerie-restauration de Paris Île-de-France.

Des mesures renforcées dans les Universités 

Face à la recrudescence du Covid-19, des universités vont devoir s'adapter dans les zones d'alertes renforcées ou maximales. Les capacités d’accueil des amphithéâtres sont réduites de moitié et les cours à distance sont privilégiés. Mais ces mesures de distanciation sont jugées inefficaces par les étudiants. Selon eux, ce n'est pas dans les amphis que le virus se transmet. Découvrez le reportage d'Europe 1 à Lille

Une reprise économique mise à mal

Sur le front de l'économie, le coronavirus continue d'avoir des effets délétères. L'économie mondiale, précipitée au printemps dans une profonde récession par la pandémie, a commencé une longue ascension vers la reprise qui sera "difficile", "inégale" et sujette à de potentiels "contretemps", a prévenu mardi la dirigeante du FMI.

L'économie française est elle aussi lourdement touchée. La reprise de l'épidémie depuis la rentrée et les nouvelles restrictions imposées à certains secteurs devraient peser sur l'activité et stopper son rebond. Mardi, l'Insee a ainsi estimé que le produit intérieur brut (PIB) devrait stagner au dernier trimestre 2020, marquant un coup d'arrêt après le fort rebond du troisième trimestre (+16%). L'institut de la statistique anticipe aussi un taux de chômage revu à la hausse à 9,7% en fin d'année (contre 9,5% précédemment), soit 1,6 point de plus que fin 2019. 

Durcissement des mesures en Europe 

Face à l'augmentation inquiétante du nombre de nouvelles infections au Covid-19, les villes de Berlin et Francfort ont annoncé mardi la mise en place d'un couvre-feu et une restriction des contacts sociaux. Dans la capitale allemande, la plupart des magasins ainsi que tous les restaurants et bars devront fermer de 23 heures à 6 heures du matin à partir de samedi et au moins jusqu'au 31 octobre. Des exceptions sont prévues pour les pharmacies et les stations-service, mais ces dernières ne seront plus autorisées à vendre de l'alcool la nuit. "Après trois verres de vin, on respecte un peu moins les gestes barrières", a expliqué Dirk Behrendt, en charge du portefeuille de la Justice pour la ville de Berlin, lors d'une conférence de presse.

Un peu plus tôt dans la journée, la municipalité de Francfort avait décidé d'instaurer un couvre-feu d'ici vendredi et pour au moins une semaine entre 22h et 6h du matin pour les restaurants. La consommation d'alcool dans les lieux publics sera également interdite.

Plus au sud, en Espagne, trois villes vont être soumises à un bouclage partiel pour au moins deux semaines, afin de ralentir la progression de l'épidémie. Après Madrid vendredi, il s'agit de Leon, Palencia et San Andres del Rabanedo. S'ils ne sont pas confinés comme au printemps, les habitants n'ont pas le droit de sortir de leur ville de résidence sauf pour des raisons de première nécessité comme aller travailler, étudier ou se rendre chez le médecin.

La Russie assure avoir un vaccin "opérationnel à 100%"

Où en est le vaccin développé par la Russie contre le Covid-19 ? Mi-août, Vladimir Poutine avait surpris le monde entier en affirmant qu'un vaccin allait être disponible dès le mois de septembre pour certaines catégories de la population. Sur Europe 1, mardi soir, le ministre-conseiller de l'ambassade de Russie, Artem Studennikov, a défendu l'efficacité de "Spoutnik V". 

"Pour nous, c'est un vaccin opérationnel à 100%", a avancé Artem Studennikov au micro de Julian Bugier. "Ce vaccin est absolument efficace. Ça fait déjà quelques semaines qu'il a été enregistré et certifié en Russie", assure-t-il, alors que des scientifiques du monde entier avaient fait part de leur scepticisme au moment de l'annonce du président russe. Selon lui, ce vaccin sera disponible dès le début d'année 2021 et a commencé à être injecté à certaines personnes, notamment des professeurs et des médecins.

Donald Trump minimise le Covid, les réseaux sociaux sévissent

Facebook et Twitter ont pris des mesures punitives mardi contre des propos de Donald Trump assurant que la grippe saisonnière tuait plus de personnes que le Covid-19 dans certains cas, instaurant un jeu du chat et de la souris désormais routinier à moins d'un mois de la présidentielle américaine. "La grippe saisonnière arrive !", s'est exclamé le président pour son premier réveil à la Maison Blanche, après trois jours d'hospitalisation pour se faire soigner de la maladie qui a déjà causé la mort de plus de 200.000 personnes aux Etats-Unis. "Allons-nous fermer notre pays ? Non, nous avons appris à vivre avec, de la même manière que nous apprenons à vivre avec le Covid, qui, chez la plupart des gens, est beaucoup moins mortel !", a-t-il ajouté, au mépris des chiffres.

Facebook a complètement retiré ce message. "Nous retirons les informations incorrectes sur la sévérité du Covid-19 et nous avons enlevé ce post", a justifié un porte-parole du géant des réseaux sociaux. Le Covid-19 devrait être, en 2020, la troisième cause de décès aux Etats-Unis.

Twitter, de son côté, a simplement masqué le tweet avec un message expliquant qu'il enfreignait les règles du réseau sur "les informations trompeuses et potentiellement dangereuses liées au Covid-19". Il reste lisible en cliquant dessus, car "Twitter a décidé qu'il peut être dans l'intérêt du public de laisser le tweet accessible".

Plus de 35,5 millions de cas

La pandémie a fait au moins 1,045 million de morts dans le monde depuis fin décembre, selon un bilan établi par l'AFP mardi. Plus de 35,5 millions de cas ont été officiellement comptabilisés. Les Etats-Unis sont le pays comptant le plus de morts (210.196), devant le Brésil (146.675), l'Inde (103.569), le Mexique (81.877) et le Royaume-Uni (42.369).

Le directeur des urgences sanitaires de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a estimé qu'environ 10% de la population mondiale pourrait avoir été contaminée, soit environ 780 millions de personnes, bien plus que les chiffres officiels.