StopCovid : "On aurait dû plus parler de l'efficacité de cette application"

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L'application Stop Covid, approuvée par la CNIL, n'a été que très peu téléchargée. 1:28
L'application Stop Covid, approuvée par la CNIL, n'a été que très peu téléchargée. © Clément Lesaffre / Europe 1
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Alors que les prévisions sont de moins en moins optimistes concernant l'évolution de l'épidémie, le flop de StopCovid trouve un nouvel écho. Sur Europe 1 mardi, la directrice de recherches à l'Inserm, Vittoria Colizza, a regretté que l'application n'ait pas été plus utilisée après sa validation par la Cnil.
INTERVIEW

L'épidémie de Covid-19 poursuit sa reprise. La semaine dernière, Olivier Véran a déclaré que l'objectif était "de faire mentir les courbes exponentielles". Directrice de recherches à l'Inserm et spécialiste de la modélisation des épidémies, Vittoria Colizza est revenu au micro d'Europe 1, mardi, sur le flop de l'application StopCovid. Selon elle, celle-ci a pâti d'une communication désastreuse. "Une fois que l’application a été validée par la Cnil, je pense qu’on devrait plutôt parler de l’efficacité de cette application, de ce que son utilisation pourrait nous éviter." 

StopCovid doit permettre de repérer plus facilement les cas contacts des personnes atteintes par le coronavirus. Mais en août, les autorités ne pouvaient que constater l'échec de l'entreprise : malgré 2,3 millions de téléchargements, seulement 72 notifications avaient été envoyées. Selon Vittoria Colizza, StopCovid a subi la polémique qui a entouré son lancement : "La communication a été beaucoup autour de la protection des données et de la vie privée."

Une application critiquée également à l'étranger

En effet, l'application StopCovid utilise la technologie sans fil Bluetooth pour détecter et garder une trace de toutes les personnes croisées de manière prolongée à moins d'un mètre. Le système ne pouvait pas échapper aux accusations de traçage et soulevait maintes interrogations sur la récolte massive de ces données. Du propre aveu de la directrice de recherche à l'Inserm, ce débat n'a pas épargné les autres pays ayant lancé leur propre application. "J’ai des collègues qui ont travaillés sur l’application en Italie, on s’est retrouvé à faire face exactement à la même polémique autour des données."

Si elle reconnait l'importance de ces enjeux, elle regrette qu'ils n'aient pas pu être dépassés pour que l'efficacité de StopCovid soit aussi soulignée : "Mais une fois que l’on a atteint un niveau de sécurité qui est celui garanti par les autorités de chaque pays, je pense que l’on pourrait aussi aller au-delà de ça."

Europe 1
Par Antoine Cuny-Le Callet