"Aujourd'hui, les étudiants en médecine subissent une double peine"

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Présents dans les hôpitaux pour aider les patients, les étudiants en médecine ne sont payés que 1,29 de l'heure, dénonce le vice-président de l'Anemf (photo d'illustration)
Présents dans les hôpitaux pour aider les patients, les étudiants en médecine ne sont payés que 1,29 de l'heure, dénonce le vice-président de l'Anemf (photo d'illustration) © AFP
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Invité de la matinale d'Europe 1 lundi, Sébastien Villard, vice-président de l'Association nationale des étudiants en médecine de France a dénoncé la situation dans laquelle se trouvaient ses camarades, à l'aube du "Ségur de la santé". "Ils subissent une précarité de leur statut et une précarité financière", explique-t-il. 
INTERVIEW

Ce lundi s'ouvre le début du "Ségur de la santé", des discussions pour établir un nouveau plan qui doit mettre un terme à des années de disette dans l'hôpital public. Les urgentistes, les infirmières et des responsables d'hôpitaux seront à la table des négociations, mais aussi les étudiants en médecine. Présents également dans la lutte contre le coronavirus pendant plusieurs semaines, il était normal qu'ils puissent participer aux débats, estime l’Association nationale des étudiants en médecine de France (Anemf)

 

Parfois plus de 48 heures de travail par semaine...

Invité de la matinale d'Europe 1, le vice-président de l'Anemf, Sébastien Villard, a affirmé qu'"aujourd'hui, les étudiants en médecine subissent une double peine". "D'abord par la précarité de leur statut", développe le jeune en quatrième année d'études. Sébastien Villard explique que les droits des étudiants "ne sont pas respectés", notamment sur la question du temps de travail, puisqu'une grande partie d'entre eux "dépassent le maximum légal par semaine qui est de 48 heures", dénonce le vice-président de l'Anemf.

"Pour certains, ils ne peuvent pas bénéficier d’un repos après une garde de 24 heures, et n’ont pas accès à une chambre de garde propre et salubre", poursuit-il. 

... payées 1,29 euro de l'heure

Sébastien Villard pointe aussi la "précarité financière" qui frappe les étudiants. "Il faut rappeler que l’indemnisation des étudiants en médecine en quatrième année, c’est 1,29 euro de l'heure : cette situation n’est plus acceptable".

"Nous voulons que cela change", maintient le vice-président de l'Anemf, organisation qui a adressé une lettre ouverte à Olivier Véran pour que les jeunes étudiants soient à la table des négociations. Il faut "que nos attentes soient écoutées", explique Sébastien Villard. "Nous sommes les professionnels de santé de demain, nous ferons vivre le système de santé".

Parmi les 20 mesures présentées par l'Anemf, Sébastien Villard propose de "faciliter l'installation des jeunes diplômés", par la création de stages dans les centres hospitaliers en périphérique, "mais aussi en ambulatoire dans d'autres services que la médecine générale". "Pour faire cela, il faut les accompagner, par exemple en leur donnant une indemnité d’hébergement", conclut sur Europe 1 le vice-président de l'Association nationale des étudiants en médecine de France.

Europe 1
Par Ariel Guez