Déconfinement : "Accueillir 100% des enfants d'une école, c'est totalement impossible"

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"Les locaux ne sont pas extensibles", prévient le vice-président de l'AMF (photo d'illustration). 1:24
"Les locaux ne sont pas extensibles", prévient le vice-président de l'AMF (photo d'illustration). © AFP
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"Les locaux ne sont pas extensibles, le nombre d'enseignants n'est pas extensible", prévient sur Europe 1 Philippe Laurent, maire de Sceaux et vice-président de l'Association des Maires de France, lundi, à la veille d'une réouverture plus large des établissements scolaires souhaitée par le gouvernement. 
INTERVIEW

Alors que le reflux épidémique se poursuit en France, le déconfinement s'accélère aussi pour l'école : le gouvernement a annoncé que tous les établissements scolaires devraient être ouverts à partir de mardi. Mais alors que l'épidémie de coronavirus n'est pas terminée et que des protocoles sanitaires stricts sont toujours recommandés, l'objectif d'un accueil de tous les enfants est-il réalisable ? Non, selon Philippe Laurent, maire (UDI) de Sceaux et vice-président de l'Association des Maires de France (AMF). 

"Les locaux ne sont pas extensibles"

"Il y a des normes qui ont été fixées par le gouvernement : pas plus de 15 enfants par classe, là où nous en accueillons la plupart du temps 26, 28, voire 30", rappelle en effet l'édile. Or, "les locaux ne sont pas extensibles, le nombre d'enseignant n'est pas extensible", pointe-t-il. "Pouvoir accueillir 100% des enfants d'une école, c'est totalement impossible."

Philippe Laurent prend l'exemple de sa commune, où environ 30% des enfants sont actuellement scolarisés. "On peut monter un peu, peut-être à 45-50%. Mais dans les communes où on accueille déjà 50 à 60% d'enfants, ça me parait difficile d'aller plus loin, ce qui pose un réel problème, notamment pour les parents qui sont amenés à retourner au travail", souligne-t-il. 

"Il va y voir une tension pour le mois de juin"

Le problème se pose, selon lui, également dans les crèches, "où les groupes sont au maximum dix, là où on pouvait avoir des sections qui accueillaient une vingtaine d'enfants". Là encore, les "personnels nécessaires" et les locaux manquent pour un retour des petits pensionnaires dans le respect des mesures sanitaires. 

Conséquence : "Il va y avoir, pour le mois de juin, une tension, avec des parents qui souhaitent confier leurs enfants à la fois aux crèches et aux écoles, et une capacité d'accueil qui sera forcément limitée", prédit Philippe Laurent. 

Europe 1
Par Margaux Lannuzel