Pourquoi le gouvernement a-t-il accéléré sur le port du masque obligatoire ?

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Olivier Véran, ministre de la Santé. 1:47
Olivier Véran, ministre de la Santé.
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En quelques jours, le gouvernement est passé d'une vive recommandation sur le port du masque, à son obligation. Une accélération soudaine face à la menace d'une deuxième vague de coronavirus, au relâchement dans les gestes barrières, et à la pression des médecins.
ANALYSE

Le gouvernement préfère prévenir plutôt que guérir. En quelques jours, le discours des autorités sur le port du masque contre le coronavirus s'est accéléré en passant d'une vive recommandation à une obligation. Une évolution dont Jean Castex a posé la première pierre le week-end dernier, lors de son déplacement en Guyane, l'un des départements français les plus touchés par le Covid-19. Il affirmait alors : "développer le port du masque est à l'étude". Dans le même temps, une tribune signée par 14 médecins mettait la pression sur l'exécutif, en demandant un port obligatoire du masque dans les lieux publics clos.

La date du 1er août jugée trop lointaine

Un appel visiblement entendu par Emmanuel Macron, puisque lors de son interview du 14-Juillet, deux jours plus tard, il annonçait un port obligatoire dans les prochaines semaines, "par exemple" à partir du 1er août. Une date lancée comme un test, mais immédiatement jugée trop lointaine par de nombreux médecins. L'Elysée confesse d'ailleurs une petite erreur de réglage et affirme que le président a pris en compte la demande sociale d'aller plus vite.

Finalement, tandis que l'ombre d'une seconde vague se fait de plus en plus pressante sur le territoire, et qu'un relâchement des gestes barrières est unanimement constaté, Jean Castex a annoncé jeudi l'obligation du port du masque "dès la semaine prochaine". De son côté, le ministre de la Santé Olivier Véran a fait appel devant les députés à "la vigilance et l'esprit de responsabilité et de citoyenneté des Français", en invitant ses concitoyens à ne pas attendre la parution du décret, qui se fera selon lui "lundi ou mardi".

Une obligation qui soulève de nombreuses questions

Une période de quelques jours est tout de même nécessaire au vu du nombre de questions que soulève l'obligation. De quels lieux parle-t-on exactement ? Quid des contrôles, des sanctions ? À partir de quel âge applique-t-on la mesure ? Toute une série de points non-tranchés à l'heure actuelle, nécessitant un véritable travail juridique qui doit être précisé d'ici le début de semaine prochaine.

Pour l'heure, la seule certitude semble être sur le type de masques. Ce sera grand public : pas question pour le gouvernement de relancer un débat sur les stocks de masques chirurgicaux comme au plus fort de la crise.

Europe 1
Par Jean-Rémi Baudot, édité par Ugo Pascolo