Ligue 1, Ligue des champions, l'OM, Juninho... Jean-Michel Aulas se confie sur Europe 1

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Depuis le début de la crise sanitaire du coronavirus, il a beaucoup fait parler de lui en multipliant, notamment, les propositions pour que le Championnat ne prenne pas fin. Le président de l'Olympique lyonnais s'est longuement confié sur les sujets d'actualité du football, ce samedi soir dans Europe 1 Sport. Morceaux choisis
INTERVIEW

L'arrêt de la Ligue 1, la suite de la Ligue des champions, sa relation avec Juninho... Invité exceptionnel d'Europe 1 Sport ce samedi soir, Jean-Michel Aulas s'est longuement confié sur l'actualité du football français et européen. Le président emblématique de l'OL a notamment défendu "l'intérêt général" de la reprise du championnat et le plaisir de voir la Ligue des champions vraisemblablement se poursuivre, avec un "Final 8" à Lisbonne. Il s'est également projeté sur la suite, avec le tournoi d'été que doit organiser Lyon, sa relation avec Juninho au beau fixe et ses rapports, selon lui, tout à fait cordiaux avec l'OM. Morceaux choisis. 

 

Reprendre la Ligue 1 pour "l'intérêt général"

"Sur le plan juridique, c'est un échec puisque l'on avait demandé de reprendre la fin du championnat comme l'avait souhaité l'UEFA, avec toutes les autres Nations qui participent aux Coupes d'Europe. Donc, c'était une décision qui était une décision d'urgence. Il y a eu des choses anormales qui se sont passées et donc on ne les traitera pas en urgence mais on les traitera sur le fond, c'est certain. Sur le fond, la bataille n'est pas terminée.

Je voulais que nous allions au bout du championnat. Il y avait deux solutions : soit on reprenait suffisamment tôt et si on n'avait pas le temps de terminer on pouvait aller, ce que d'ailleurs la Ligue italienne a proposé aussi, vers un play-off. Et puis, il y avait une deuxième action qui avait été proposée par Jean-Pierre Rivère à l'époque, qui était de cadrer les années suivantes sur l'année de la Coupe du monde du Qatar et donc d'aller jusqu'au 20 décembre. (...) Moi, j'ai toujours été complètement droit dans mes bottes."

Vous savez, quand on arrête à la 28ème journée, il reste 30 points à prendre. L'Olympique lyonnais a souvent des résultats excellents sur les fins de championnat. Et donc, il apparaissait plus normal, puisque l'UEFA l'avait défini comme ça, et personne ne le rappelle, que nous allions au bout, quitte à faire des play-offs. C'est ce que nous avons proposé, d'une part, tout de suite au 30 avril, c'est-à-dire au moment de la décision, la Ligue. Et puis, deuxièmement, quand le juge a étudié cette solution de reprise en proposant pour terminer au 2 août, puisque c'était la demande de l'UEFA de pouvoir participer sur tout le mois de juillet à une fin de championnat, pour le haut et par le bas, par des play-offs. Mais il n'y a pas eu différentes versions [de sa part, ndlr].

 

L'intérêt général, c'est le fait que les clubs français vont perdre entre 600 et 800 millions d'euros par une année tronquée. Une année tronquée d'ailleurs, par la Ligue, puisque le juge du Conseil d'Etat a bien évoqué le fait que ce n'était pas l'Etat qui avait arrêté définitivement le championnat. Le championnat peut être arrêté que par la Ligue. Donc c'est une responsabilité de la Ligue et l'intérêt général, c'est de montrer que toutes les autres (ligues européennes) n'ont pas arrêté. Il va bien falloir dans le futur, trouver pour la France un certain nombre de compensations, un certain nombre de solutions, parce que nous sommes les seuls dans les dix premières Nations à s'être arrêté et nos compétiteurs en Coupe d'Europe, eh bien, ce sont les clubs des autres nations. Oui, c'était l'intérêt général parce que je n'ai jamais demandé une mesure particulière pour l'Olympique lyonnais. J'ai demandé simplement qu'on aille au bout des compétitions dans l'esprit de ce que avait indiqué, ce qu'indique toujours l'UEFA. Il pourra peut-être y avoir des surprises d'ici quelques jours. On dit que c'était l'intérêt particulier de l'OL. C'est faux."

La suite de la Ligue des champions, "quelque chose de formidable"

"Pour nous qui sommes qualifiés, c'est une immense fierté. Rendez-vous compte, on a terminé le championnat alors que nous venions d'éliminer Marseille dans les coupes, nous avions éliminé Lille dans les coupes... On va jouer la finale contre Paris de la Coupe de la Ligue. On venait de battre la Juventus 1-0, ce n'est quand même pas rien ! Donc, il y a une passion fantastique dans la région et on va, je pense, aller jouer le match retour à la Juventus, puisque les Italiens ont beaucoup de chance, ils jouent au foot. Nous, on discute, on va au tribunal pour pouvoir jouer au foot. Les Italiens, qui pourtant avaient une situation sanitaire bien pire que la situation française, eh bien rejouent au foot, donc ce sera probablement à la Juventus.

On espère, on se dit que ce serait magnifique, dans une année où on a été contestés, que nos joueurs, qui sont des joueurs qui ont de l'envie, notre staff est gonflé à bloc, si on pouvait aller à Lisbonne jouer notre chance dans un Final 8. Si on élimine la Juventus, on serait à trois matchs ou deux matchs d'une finale de la Ligue des champions. C'est magnifique. Donc il y a beaucoup d'envie et on espère qu'on sera à Lisbonne. 

 

Il vaut mieux ça plutôt que rien du tout. Donc, il faut regarder cette reprise et cette fin de Champion's League comme quelque chose de formidable pour tout le monde, pour tous ceux qui aiment le football."

Ses rapports avec l'OM

"Je pense qu'il faut dissocier ce qui s'est passé un jour dans le Journal du dimanche où j'ai été diffamé [le président de l'OM Jacques-Henri Eyraud l'y a vivement critiqué, mi-mars, ndlr] , et puis le reste. Marseille fait partie des très grandes équipes. Vous le savez, j'ai démarré le foot à Marseille avec un certain Bernard Tapie, donc je sais ce que c'est que le haut niveau. J'ai beaucoup d'admiration pour ce que Bernard Tapie a fait à Marseille. J'ai beaucoup de relations, contrairement à ce que certains disent, avec les supporters de Marseille qui ont envie de gagner et qui ont cette formidable espérance de voir l'Olympique de Marseille revenir au plus haut niveau. Nous aussi, avec l'Olympique Lyonnais. Cet arrêt bénéficie à l'OM puisqu'il qualifie dans le contexte actuel l'équipe de Marseille. Bonne chance ! Vous savez, plus haut, il y a d'équipes performantes en France en Champion's League et plus l'élite française du football va performer. Vous savez, il n'y a plus que cinq équipes dans les 100 premières équipes au ranking UEFA. Cinq équipes françaises. Donc, il faut que Nice, Marseille, Bordeaux, que toutes ces équipes qui ont le potentiel reviennent au plus haut niveau alors qu'elles ne l'étaient pas au cours de ces dernières années."

Sa relation avec Juninho 

"Je vis avec Juni, je l'apprécie. Je suis allé les chercher. Il n'y a pas l'ombre d'une feuille de papier à cigarette entre Juni et moi. C'est un garçon formidable, il a été un champion extraordinaire, il a tous les rênes du sportif. le sportif est roi et Juninho est le patron du sportif. On lui a aujourd'hui recruté un adjoint sur la partie recrutement qui est Bruno Cheyrou. On a tous l'ambition et l'objectif, de gagner, avec Juni, une Ligue des champions. Ça a toujours été mon objectif, gagner, revenir en haut du championnat. Et pour ce faire, on y met des moyens économiques tout à fait importants." 

 

Le tournoi d'été avec Paris... et Marseille ?

"Il y aura un tournoi masculin et un tournoi féminin. Tournoi masculin à la mi-juillet, avec, je l'espère, huit équipes réparties dans deux poules de quatre, permettant de faire trois matches plus une finale. Mais c'est compliqué puisque tout le monde a été arrêté en France et les autres dans les autres pays européens jouent... Mais on aura, je pense les meilleures équipes françaises. On n'en a pas encore parlé encore [avec Jacques-Henri Eyraud de la présence de l'OM, ndlr), mais ceci étant, tout est possible. 

Et puis on aura aussi, pour préparer la Champion's League féminine, un tournoi avec six équipes. Et vous le savez, nous avons l'année dernière acquis l'une des meilleures équipes américaines, celle de Seattle, où elle règne. Et cette équipe va venir puisque c'est de notre ressort. On aura la chance, je pense, de revoir en France, Megan Rapinoe, qui a gagné son titre de championne du monde au Groupama Stadium.

Je ne peux pas le confirmer aujourd'hui parce que ça suppose une organisation très précise. Par contre, ce que nous avons fait avec le préfet de la région Rhône-Alpes, c'est de donner la possibilité à notre public de pouvoir commencer à revenir au stade. Donc, on est en train d'étudier toutes les mesures sanitaires avec un certain nombre d'innovations technologiques à l'entrée pour tester instantanément les gens qui viendraient."