"Impatients et soulagés", les commerçants peuvent enfin rouvrir

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Les commerces dits "non essentiels" peuvent rouvrir samedi, après un mois de fermeture.
Les commerces dits "non essentiels" peuvent rouvrir samedi, après un mois de fermeture. © FRANCK FIFE / AFP
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Samedi, les magasins dits "non essentiels" pourront à nouveau accueillir leur clientèle. Un immense soulagement pour les commerçants, qui s'inquiétaient pour leur chiffre d'affaire à quelques semaines de Noël. En plein préparatifs, des gérants cannois et bordelais ont confié leur impatience au micro d'Europe 1.
REPORTAGE

Les commerçants peuvent enfin respirer. Les magasins dits "non essentiels" rouvrent samedi, après un mois de fermeture. Dans son magasin de chaussures, rue d'Antibes à Cannes, Sophie n'a pas une minute à elle. "C'est le speed, il faut faire toute la mise en place. Il n'y a pas de temps à perdre." Les boutiques n'auraient dû ouvrir que le 1er décembre, mais le gouvernement leur a finalement donné un feu vert anticipé. A quatre semaines de Noël, un week-end supplémentaire fait la différence sur le chiffre d'affaire. Les magasins de jouets, par exemple, font 60% de leurs recettes sur le mois de décembre. 

Un protocole sanitaire renforcé

Pour obtenir la réouverture, les commerçants avaient accepté un protocole sanitaire renforcé. Ils devront notamment réserver huit mètres carré à chaque client. "On a tout organisé. On a une file d'attente pour les clients qui viennent chercher leur commande et une file d'attente pour les clients qui veulent faire un tour dans la boutique. On accueillera 22 personnes maximum", explique Laetitia, responsable d'une grande enseigne de bijoux. 

Certaines villes, comme Bordeaux, ont aussi pris leurs dispositions pour gérer l'affluence de passants dans le centre-ville. "Nous avons installé des stands à l'extérieur des boutiques, où les commerçants et les associations peuvent faire les paquets-cadeau. On a confiance en eux pour ne pas non plus obstruer le passage", affirme Sandrine Jacotot, adjointe au maire en charge des commerces. Comme Jean-Michel, certains commerçants mutualiseront leurs stands dans de petits chalets prêtés par la mairie. "Plus les gens sont dehors, moins il y aura de risque de contamination", raisonne-t-il. 

"C'est Noël pour nous aujourd'hui"

Mais mêmes ces nouvelles mesures sanitaires n'entament pas le moral de boutiquiers ravis de retrouver leur clientèle. Relever le rideau de sa boutique de prêt à porter, Fred n'attendait que cela. "Ca fait très longtemps qu'on galère. On n'a pas envie de se rater parce qu'on sait qu'il va y avoir 25 jours pour rattraper tout un hiver, voire une année. On est comme des fous. C'est Noël pour nous aujourd'hui." Sa boutique cannoise restera ouverte tous les jours, même le dimanche, jusqu'à 21 heures.

La ville fait partie des zones dites touristiques, qui aux côtés de Paris, Nice et Deauville ont une dérogation à l'année. Dans le reste de la France, la ministre du Travail, Elisabeth Borne, a demandé dans la semaine aux préfets de lever les verrous administratifs afin de laisser les commerçants ouvrir les dimanche en décembre. Pour janvier, la question n'est pas encore tranchée.

Soulagement aussi dans ce magasin de gadgets et de décoration, où la directrice s'impatiente de revoir du monde. "On ne les a pas vus depuis un mois et demi alors on a hâte de voir tous nos clients. Les gens vont jouer le jeu, on ne se fait pas de souci. On sait qu'ils sont là et qu'ils vont faire travailler des petits commerces." Et c'est bien l'intention de Cathy, une habitante cannoise. "Je vais faire ce qu'il faut pour qu'on puisse reprendre une activité normale. S'il n'y a plus de commerçants, il n'y a plus de Cannes. Là c'est désert, et c'est triste à mourir." Samedi, la France revient donc à la vie.

Europe 1
Par Carole Ferry, Frédéric Michel et Stéphane Place, édité par Laetitia Drevet