50 marins ont été testés positifs au coronavirus à bord du porte-avions nucléaire français. (photo d'illustration) 1:30
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Hélène Terzian, édité par Ariel Guez , modifié à
Les 50 marins du porte-avions nucléaire français Charles de Gaulle, testés positifs au Covid-19, ont accosté dimanche à Toulon et ont été évacués en priorité vers des sites du ministère des Armées. Tous les autres soldats vont aussi être placés en isolement sanitaire, avec un dépistage de l'ensemble de l'équipage. L'origine de la contamination pourrait être une escale réalisée peu avant le confinement. "Tout le monde a à l’esprit l’escale de Brest", indique le porte-parole de la marine nationale sur Europe 1.

C'est sans aucun proche pour les accueillir qu'ils ont accosté, après trois mois de mission. Dimanche, les 1.900 marins du porte-avions Charles de Gaulle et de la frégate qui l'accompagnait sont arrivés à Toulon, après que cinquante d'entre eux aient été testés à bord positifs au coronavirus il y a quelques jours. Arrivés dans l'après-midi, les marins ont commencé à être débarqués et être placés en isolement sanitaire, qui durera deux semaines, dans des sites du Sud de la France.

Un suivi médical assuré par le service de santé des armées

Certains marins ont même été évacués à l'hôpital militaire de Toulon. Ce lundi doit s'achever le débarquement de tous les autres. Ils iront vers les bases militaires de Saint-Mandrier, de Toulon et d'Hyères. "Pendant leur quatorzaine, ils seront pris en charge avec un suivi médical par le service de santé des armés", explique au micro d'Europe 1 Christine Ribbe, porte-parole de la préfecture maritime de méditerranée. "Un dépistage de l'ensemble des marins est prévu pendant ce confinement", détaille-t-elle. 

La désinfection du navire va également être réalisée, a expliqué lundi sur Europe 1 le porte-parole de la Marine nationale et capitaine de vaisseau Eric Lavault. "La tache est gigantesque. Le processus d'expertise débute ce matin, avec tous les acteurs de ce chantier pharaonique". 

Des marins sont sortis lors de la dernière escale avant le confinement

Une question demeure néanmoins : comment le virus a-t-il pu être ramené sur le navire ? La réponse viendrait peut-être de la date de la dernière escale, à Brest, du 13 au 15 mars. Soit deux jours avant le confinement. "Tout le monde a à l’esprit l’escale de Brest", affirme Eric Lavault. 

"Le commandant avait parfaitement dicté les règles appliquées en droit commun à tous les Français à cette époque, notamment les gestes barrières d’une part, et l’interdiction des rassemblements de plus de 100 personnes", raconte le porte-parole de la Marine Nationale. Ce sont ces règles qui avaient provoqué l'annulation de la "journée des familles" initialement prévue à bord du Charles de Gaulle : personne n'était monté à bord. Mais les marins avaient été autorisés à se rendre à terre.

"On a partagé les mêmes restaurants avec amis et collègues", raconte Céline, qui avait pu retrouver son mari, aujourd'hui contaminé. "On a même trinqué avec d'autres militaires d'autres nations", raconte-t-elle. Certains marins auraient donc fait la fermeture des restaurants brestois, annonciatrice du début du confinement trois jours plus tard. Si cela s'est réellement produit, "alors les marins étaient en contradiction et en contravention avec les ordres donnés par le commandant", a réagi Eric Lavault.