Pour les Français, le vaccin a été élaboré "trop rapidement"

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Six Français sur dix seraient prêts à se faire vacciner contre le coronavirus selon un sondage BVA pour Europe 1. 6:40
Six Français sur dix seraient prêts à se faire vacciner contre le coronavirus selon un sondage BVA pour Europe 1. © Nicolas ASFOURI / AFP
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Six Français sur dix sont partants pour se faire vacciner, d'après un sondage BVA exclusif pour Europe 1. Mais seulement 20% des Français sont d'accord pour se faire vacciner dès maintenant.
INTERVIEW

Selon un sondage BVA exclusif pour Europe 1, dévoilé lundi matin, 60% des Français sont d'accord pour se faire vacciner contre le coronavirus. Mais seulement 20% seraient près à le faire dès maintenant. Mais pourquoi sont-ils si nombreux à vouloir attendre un peu ? La directrice de l'institut de sondage BVA, Adélaïde Zulfikarpasic, invitée de la matinale d'Europe 1, explique les résultats de ce sondage.

L'élaboration rapide du vaccin

Les annonces sur la mise au point des vaccins commencent à s'accumuler. Vient alors maintenant la question de la vaccination de la population. Et à cette question, les Français seraient donc plutôt partants pour se faire injecter un vaccin. Il existe surtout "une forme d'attentisme" face au vaccin contre le Covid-19, détaille Adélaïde Zulfikarpasic. Pour une première raison, toujours selon la directrice de l'institut de sondage BVA : celle de la conception rapide du vaccin.  

"Il y a des craintes liées aux conditions de conception du vaccin, et notamment au fait que le vaccin ait été établi dans un délai record. Ils sont sept sur dix à nous dire, qu'il a été conçu trop rapidement (...) On a des arguments qui ont trait essentiellement à ce vaccin là, avec principalement une crainte des effets secondaires et le corollaire de cette inquiétude liée aux délais de conception trop rapide qu'on nous cite également", explique-t-elle. 

Mais la directrice du sondage affirme que lorsque ceux qui n'envisagent pas du tout de se faire vacciner sont interrogés, ce sont plus les arguments financiers qui entrent en compte. "Ce sont des arguments qu'on retrouve très souvent chez ceux qu'on appelle les anti-vaccins, avec notamment des inquiétudes liées aux enjeux financiers qui entourent ce vaccin. L'enjeu financier qui n'inspire pas la confiance. Les doutes également sur l'efficacité du vaccin", analyse Adélaïde Zulfikarpasic. 

Une scission générationnelle 

La division sur la vaccination contre le coronavirus se fait aussi de manière générationnelle. "Les plus jeunes sont ceux qui sont les moins enclins à vouloir se faire vacciner. Ils sont majoritaires et même une très nette majorité, puisqu'ils sont 56 % à ne pas avoir du tout l'intention de se faire vacciner. Chez les plus âgés, à l'inverse, on a une intention beaucoup plus forte. Forcément, on s'adresse à des catégories qui sont potentiellement plus à risque, les 65 ans et plus", explique Adélaïde Zulfikarpasic.

Mais il faut tout de même nuancer cette division. Selon la directrice de l'institut de sondage BVA, "la proportion de seniors qui ont l'intention de se faire vacciner dès que possible n'est que de 35%. Donc, à peine un tiers. Ça montre bien que même chez les sujets potentiellement à risque, il y a une certaine méfiance".

Europe 1
Par Manon Bernard