Coronavirus : l'application de traçage StopCovid, vraiment utile ?

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Moins de 2,5 millions de personnes ont téléchargé l'application de traçage StopCovid en France. 1:27
Moins de 2,5 millions de personnes ont téléchargé l'application de traçage StopCovid en France. © Clément Lesaffre / Europe 1
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En France, la crainte d'une seconde vague du Covid-19 s'intensifie. Pour la contrer, outre les dépistages, le gouvernement mise toujours sur StopCovid. Mais entre des "irrégularités" signalées par la Cnil et des dysfonctionnements sur iPhone, l'application de traçage made in France est pour l'instant un flop.

"On ne sera pas mécontents d’avoir StopCovid si l'épidémie revient." Il y a quelques jours, sur le plateau de CNews, le secrétaire d’État au Numérique Cédric O ventait les mérites de l'application de traçage StopCovid. Pourtant, ce dispositif, censé permettre d'identifier les personnes en contact avec les malades du Covid-19 pour éviter la propagation du virus, est un échec. Moins de 2,5 millions de personnes ont téléchargé le programme en l'espace de deux mois. Une nouvelle campagne de communication est prévue à la rentrée pour inciter les possesseurs de smartphone à l’installer, notamment dans les grandes villes.

StopCovid fonctionne bien sur Androïd, moins sur iPhone

"L’application marche, elle est à disposition des Français", martèle l’entourage de Cédric O. Sauf que… c’est un peu plus compliqué que ça. StopCovid fonctionne bien sur les téléphones Androïd. Beaucoup moins sur les iPhone. Les développeurs n’ont pas réussi à passer outre les restrictions d’Apple. Au bout de quelques minutes, le bluetooth, indispensable à la détection des potentiels malades dans l’environnement immédiat, se bloque automatiquement. Résultat, l’application "s’endort". Si deux personnes possédant un iPhone, avec StopCovid installée, se croisent plus de 15 minutes, il y a de fortes chances pour que rien ne se passe. Un angle mort qui limite fortement l’efficacité de l’application.

La Cnil a demandé de régler "plusieurs irrégularités"

Mise en service début juin alors que l'épidémie était en phase descendante, l'application est peu utilisée. 500.000 personnes l'ont déjà désinstallée et les résultats au bout de deux semaines étaient insignifiants (14 signalements de risque de contamination). Mi-juillet, le gardien de la vie privée des Français, la Cnil, avait demandé au gouvernement de régler "plusieurs irrégularités" concernant l'application "dans un délai d'un mois".

StopCovid empêche la France de rejoindre le projet européen de tracing

De plus, au nom de la souveraineté numérique, les informations collectées le sont via une architecture technique centralisée, non-compatible avec la technologie mise en place par Google et Apple. Résultat : la France ne pourra pas intégrer le programme de la Commission européenne, qui vise à permettre les échanges de données entre les éditeurs des 18 applications mobiles nationales de traçage de contacts échafaudées pour lutter contre la Covid-19. Dans l'Union, seule l'application hongroise est dans le même cas que StopCovid...

Europe 1
Par Clément Lesaffre, édité par Ariel Guez avec AFP