Incendie de Crans-Montana : le passé judiciaire du patron du bar refait surface
Cinq jours après l’incendie meurtrier d’un bar à Crans-Montana, en Suisse, une cérémonie d’hommage est prévue ce vendredi en présence d’Emmanuel Macron. Le bilan atteint 40 morts, dont 9 Français, et 116 blessés. Une enquête vise les gérants et le passé judiciaire du patron, Jacques Moretti, refait surface.
Cinq jours après le terrible incendie qui a ravagé un bar de Crans-Montana, en Suisse, une cérémonie est prévue ce vendredi. Un hommage en présence d’Emmanuel Macron, a annoncé la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon.
Le passé judiciaire de Jacques Moretti, mari de l’une des gérantes du bar touché, revient au cœur de l’actualité. L’homme est connu de la justice depuis la fin des années 1990, avec une succession de condamnations pénales en France.
Un patron condamné à de multiples reprises
À peine majeur, Jacques Moretti est condamné à la fin des années 1990 pour des faits d’enlèvement et de séquestration dans le sud de la France. Cette première affaire marque le début d’un long parcours judiciaire.
Quelques années plus tard, en 2005, il est de nouveau impliqué dans une affaire d’escroquerie. La même année, la justice le met en cause dans un dossier de proxénétisme. Selon l’enquête, Jacques Moretti recrutait de jeunes femmes en France avant de les envoyer en Suisse, à Genève, où elles travaillaient dans un salon de massages érotiques.
Une condamnation prononcée à Annecy en 2008
Ces faits lui valent une condamnation en 2008 pour incitation à la prostitution. Le tribunal correctionnel d’Annecy le condamne à un an de prison, dont quatre mois ferme. Le propriétaire du bar est également sanctionné d'une interdiction de gérer un commerce en France.
Deux ans plus tard, en 2010, Jacques Moretti est de nouveau condamné, cette fois par le tribunal correctionnel de Bastia. Il est reconnu coupable d’une escroquerie aux aides personnalisées au logement (APL) et écope de deux ans de prison.
Installation en Suisse et reprise d’activités commerciales
Dans le viseur des autorités françaises, le couple quitte la Corse en 2015 et s'installe en Suisse. C’est à cette période que l’homme, aujourd’hui âgé de 49 ans, ouvre trois bars et restaurants, dont Le Constellation, établissement devenu tristement célèbre après l’incendie mortel de la semaine dernière.
Mais la gestion de ces établissements est critiquée. D’anciens employés dénoncent des infractions répétées à la législation et des problèmes de sécurité : issues de secours fermées, extincteurs inaccessibles. Les gérants, de leur côté, affirment avoir été contrôlés à trois reprises en dix ans et que les normes de sécurité étaient respectées.
Des contrôles insuffisants selon les autorités
Les autorités locales estiment cependant que l’ensemble des obligations n'a pas été respecté. Le bar concerné n’aurait pas été inspecté depuis 2019, soit près de cinq années sans contrôle, entre 2020 et 2025.
Directement mis en cause après l’incendie mortel, Jacques Moretti et son épouse restent, pour l’heure, libres mais désormais prévenus. S’ils venaient à être reconnus coupables, ils encourraient une peine pouvant aller jusqu’à quatre ans et demi de prison.