«Pour moi, il y a négligence» : des failles de sécurité au cœur de l'enquête sur l'incendie à Crans-Montana
«Pour moi, il y a négligence» : des failles de sécurité au cœur de l'enquête sur l'incendie à Crans-Montana
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© Robin MILLARD / AFP
Une instruction pénale a été ouverte ce samedi 3 janvier contre les deux gérants du bar Le Constellation, incendié le soir du Nouvel An. Porte de secours fermée, mousse isolante de mauvaise qualité… Certaines mesures de sécurité pourraient avoir été négligées.
Quatre jours après l'incendie d'un bar dans la station de ski Crans-Montana en Suisse, l'enquête se poursuit. Une instruction pénale a été ouverte à l'encontre des deux gérants français de l'établissement, ce samedi. La recherche de possibles failles de sécurité est au cœur des investigations.
"Pour moi, il y a négligence"
Le premier élément qui pose question, ce sont ces mousses acoustiques posées au plafond du bar. Chacun a pu constater en visionnant les vidéos du drame la vitesse avec laquelle elles ont pris feu juste après avoir été touchées par les bougies à étincelles. Jamais elles n'auraient dû être utilisée dans un bar, estime Nicolas, conseiller technique en matière de protection incendie.
"Pour moi, il y a négligence dans un bâtiment public, on doit avoir un produit qui est quasiment ininflammable. Et là, on voit tout de suite que ça part avec des gouttelettes en plus incendiaires. Donc, on n'est clairement pas dans un produit qui est conforme à ce qu'il soit utilisé dans un bâtiment d'utilité publique. C'est quelque chose que vous mettez chez vous, si vous faites une petite salle de musique, mais pas ici", souligne-t-il.
Deuxième questionnement : y avait-il une issue de secours bien visible, une porte facile à déverrouiller pour s'échapper ? Le témoignage de Paolo, qui a sauvé une dizaine de personnes cette nuit-là, ne va pas dans ce sens. "J'ai arraché la porte en fait. Je ne peux pas dire si elle était fermée à clé ou si elle était simplement mécaniquement bloquée par quelque chose. Mais elle ne s'ouvrait pas. Ce que je peux dire, c'est qu'elle était bloquée, il y avait des gens derrière", explique-t-il.
Il y a trois jours, le propriétaire a indiqué que son bar avait subi trois contrôles en dix ans. Est-ce suffisant ? Quelle a été la qualité de ces contrôles ? Des questions s'adressent donc aussi au service communal qui a réalisé ces inspections. Ce samedi, le maire de la station écartait déjà tout laxisme de ses services.