Villas-Boas, Sylvinho, Gourcuff… La Ligue 1 va aussi se jouer sur les bancs

  • A
  • A
De gauche à droite : André Villas-Boas (OM), Sylvinho (OL) et Christian Gourcuff (FC Nantes).
De gauche à droite : André Villas-Boas (OM), Sylvinho (OL) et Christian Gourcuff (FC Nantes). © Montage
Partagez sur :
Qu'ils soient novices ou revanchards, leurs performances seront particulièrement scrutées cette saison en Ligue 1. Europe 1 vous présente les coaches à suivre avant la reprise du championnat vendredi.

Après deux mois et demi de pause, la Ligue 1 reprend ses droits avec son lot de changements annuel. Mais une fois n'est pas coutume, le mercato a été - pour l'instant - plutôt calme côté joueurs. Et si les changements les plus excitants étaient finalement à chercher du côté des bancs de touche ? À l'image de Sylvinho à Lyon ou de Stéphane Jobard à Dijon, certains entraîneurs font leurs grands débuts à ce poste. D'autres, comme André Villas-Boas à l'OM ou Thomas Tuchel au PSG, ont des choses à prouver cette saison. Voire des revanches à prendre, tel le Monégasque Leonardo Jardim ou le Nantais Christian Gourcuff. Tour d'horizon de ces coaches pour qui la saison pourrait bien vite prendre des allures de tournant.

Villas-Boas, pour que le charme opère

villas

GERARD JULIEN / AFP

Arrivé fin mai sur la Canebière, André Villas-Boas n'a pas mis très longtemps à faire l'unanimité à l'OM. Les supporters apprécient sa façon de communiquer, les employés du centre d'entraînement louent son implication, et les joueurs sont ravis de leurs séances de travail balle au pied.

Mais à 41 ans, le Portugais doit encore prouver que sa réputation de jeune prodige n'a pas pris la poussière. Sans club depuis un an et demi, l'ex-assistant de José Mourinho est chargé de ranimer un géant endormi, sevré de Coupe d'Europe après une bien triste cinquième place en championnat.

C'est la Ligue Europa qui avait fait gonfler sa cote quand, en 2011, il était devenu avec Porto le plus jeune entraîneur à gagner une Coupe d'Europe, à seulement 33 ans. Ses aventures à Chelsea, Tottenham, au Zénith Saint-Pétersbourg etmême en Chine, au Shanghai Dongya, ne sont pas restées dans les annales du football mais "AVB" connaît parfaitement les exigences du haut niveau, comme l'avait loué le président Jacques-Henri Eyraud au moment de son recrutement.

Ses marges de manœuvre sont minces, tant l'OM est menacé par l'UEFA et son fair-play financier. Le "Special Two", comme il était autrefois surnommé, a donc d'ores et déjà décidé d'intégrer de jeunes pousses du centre de formation à l'équipe. Avec, toujours, le podium en ligne de mire. Mais l'objectif pour Villas-Boas, qui a signé deux ans dans la cité phocéenne, sera surtout de redonner du plaisir aux supporters, lassés par le visage affiché l'an dernier par la bande à Garcia. Tout un programme.

Sylvinho, un pari risqué

sylvinho

© Ben STANSALL / AFP

Il s'était déjà frotté aux bancs de touche, mais seulement comme assistant, notamment à l'Inter Milan ou avec la Seleçao. Le Brésilien Sylvinho n'aura d'autre choix que d'apprendre vite à Lyon, où son compatriote Juninho, nouveau directeur sportif du club, a soufflé son nom pour reprendre les clefs de l'équipe.

Réputé pointilleux et doté d'un fort caractère, l'ancien latéral gauche d'Arsenal et du Barça pourrait pâtir de son manque d'expérience, tout comme de ses lacunes en français, lui qui est le premier technicien étranger de Lyon depuis le Serbe Vladimir Kovacevic (novembre 1981-février 1983).

L'équipe a été profondément remaniée cet été, avec le départ de plusieurs joueurs cadres (Mendy, Ndombele, Fekir) et la mayonnaise a du mal à prendre. Après une pré-saison catastrophique (quatre défaites, une victoire contre le cours du jeu, treize buts encaissés, sept inscrits), le doute est permis.

Mais le duo auriverde peut s'appuyer sur ce qui a été fait, et bien fait, ces dernières années. Les objectifs restent d'ailleurs inchangés. "Le président m'a demandé une seule chose : être en Ligue des champions à la fin de saison", avait confié Sylvinho à son arrivée. Avant de poursuivre, prudent : "Le temps nous le dira pour les autres objectifs. Il faut travailler."

Tuchel, l'obligation de mieux faire

tuchel

© Christof STACHE / AFP

Ses premiers pas dans la capitale ont été salués de toute part, l'an passé. Mais la saison du Paris Saint-Germain a tourné en eau de boudin. Le titre de champion de France acquis haut-la-main par les Parisiens n'a pu faire oublier la débâcle contre Manchester United, en huitièmes de finale de C1 (2-0, 13), la sortie de route contre Guingamp en quarts de Coupe de la Ligue (1-2), ni même la défaite en finale de Coupe de France face à Rennes (2-2 a.p., 6-5 aux tab).

Thomas Tuchel n'a pas le choix. Il est condamné à avoir de meilleurs résultats. Cette saison, il devra composer avec Leonardo, de retour au poste de directeur sportif, six ans après son premier passage. Le Brésilien lui a déjà offert les milieux de terrain qu'il réclamait tant à son prédécesseur - Ander Herrera (Manchester United), Pablo Sarabia (Séville) et Idrissa Gueye (Everton) -, et a déjà haussé le ton en prévenant qu'aucun passe-droit ne serait accordé aux joueurs. Avec tout ça, le technicien allemand n'aura plus d'excuses.

Jardim, opération reconstruction

jardim

© DAMIEN MEYER / AFP

Lui aussi était là l'an passé, et plutôt deux fois qu'une. Chassé du Rocher en octobre, Leonardo Jardim était revenu à la rescousse de Monaco trois mois plus tard, après l'intermède manqué de Thierry Henry. Le Portugais avait certes évité le pire en terminant à la 17ème place du classement, mais n'était pas parvenu à redonner au club princier le lustre qui était encore le sien un an plus tôt.

Pour lui comme pour l'ASM, cette saison sera donc assurément charnière. Si pendant la préparation, l'équipe a livré de belles prestations face à des équipes de qualité - Porto (1-0), Braga (0-0), Valence (1-0), Everton (0-1 et Sampdoria (1-0) -, difficile de savoir si Jardim sera capable de satisfaire les ambitions de son vice-président Oleg Petrov. Nommé en février, le Russe fait toujours du podium un objectif prioritaire.

Mais "les objectifs et les résultats de l'équipe dépendent de l'effectif", ne cesse de marteler le coach. "Aujourd'hui, l'équipe ressemble au niveau de l'année dernière", a-t-il aussi glissé mercredi en conférence de presse. Il devra pourtant faire avec. Du moins avant la fin du mercato.

Christian Gourcuff, le calme ou la tempête

gourcuff

© ROMAIN LAFABREGUE / AFP

C'est le quatorzième entraîneur de Nantes en douze ans, le sixième depuis 2016. Après Sergio Conceiçao, Claudio Ranieri, Miguel Cardoso et Vahid Halilhozic, démissionnaire au début du mois, le président des Canaris Waldemar Kita a cette fois jeté son dévolu sur Christian Gourcuff. L'ancien entraîneur de Rennes (2001-2002 puis 2016-2017) et Lorient (1991-2001, puis 2003-2014) était libre depuis sa dernière expérience à Al-Gharafa SC, formation qatarienne avec laquelle il a notamment remporté la QSL Cup l'hiver dernier.

On sait le technicien breton attaché à ses principes de jeu, proches du football pratiqué dans les années 1990 par… le FC Nantes. Une belle promesse pour les supporters, dans l'esprit desquels revient toutefois une question lancinante : pour combien de temps ? La réussite du club, 12ème du dernier exercice, dépendra en grande partie de l'entente entre Gourcuff et Kita. L'un comme l'autre sont réputés intransigeants.

Jobard, l'enfant du club a l'occasion de grandir

jobard

© Capture d'écran

Stéphane Jobard n'est pas seulement l'entraîneur de Dijon. Stéphane Jobard est Dijon. Il y a été joueur, capitaine même, puis entraîneur des joueurs et adjoint. À 48 ans, et après avoir fait partie du staff de Rudi Garcia à Marseille, l'heure est venue de se lancer dans le grand bain en Bourgogne.

La tâche n'est pas des plus aisées : redonner un nouveau souffle au DFCO, passé tout près de la relégation l'an passé et désormais orphelin de Wesley Saïd (Toulouse), Valentin Rosier (Sporting Portugal) ou encore Chang-hoon Kwon (Fribourg). "Je rêve un peu debout, c'est vrai, conscient du challenge qui m'est proposé. Nous tenterons de vivre une saison plus douce", a commenté l'intéressé lors de sa prise de poste. Il sera en tout cas l'une des curiosités à suivre cette saison sur les bancs de Ligue 1.

Elsner, le benjamin mystère

elsner

 

© Capture d'écran

Et que dire de Luka Elsner, Franco-Slovène de 37 ans sorti de nulle part ou presque pour remplacer Christophe Pélissier à Amiens ? Le plus jeune entraîneur de Ligue 1 a fourbi ses armes du côté de Domzale et Ljubljana, en Slovénie, à Pafos, en D1 chypriote, puis à l'Union Saint-Gilloise, un club de deuxième division belge. Fils d'un ancien joueur de Nice, fan de Pep Guardiola et de Napoléon Bonaparte, Elsner n'a finalement pas grand-chose à perdre en Picardie.

À peine plus âgé que certains de ses joueurs, comme l'ancien international tricolore Christophe Jallet (35 ans), recruté cet été, Luka Elsner, d'un naturel calme, ou tout du moins en apparence, a d'ailleurs indiqué qu'il ne fallait "pas s'attendre à une révolution" dans sa façon de faire. Une façon de faire que la Ligue 1 découvrira samedi. Clin d'œil du destin, il fera son baptême du feu à Nice, la ville où il a passé son enfance et son adolescence, face à un adversaire qu'il rêve d'entraîner.