En Ligue 1, le bras de fer se poursuit sur les baisses de salaires des joueurs

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Ligue 1 Coronavirus 1:24
La Ligue 1 s'est arrêtée après la 28e journée, mi-mars. © PASCAL PAVANI / AFP
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Sans revenus depuis un mois et demi, les clubs de football professionnel ont de plus en plus de difficultés à assumer des masses salariales parfois très lourdes. En coulisses, les négociations se poursuivent.

C'est la conséquence inévitable de l'arrêt des matches de football depuis un mois et demi, et l'explosion de la crise du coronavirus : sans spectateurs dans les stades ni chèques des diffuseurs, les clubs de Ligue 1 n'ont plus de revenus et éprouvent de plus en plus de difficultés à assumer des masses salariales énormes. Surtout que les négociations entre dirigeants et joueurs n'aboutissent pas systématiquement.

Un peu partout en Europe, les compromis ont été trouvés plus facilement : à l'AS Rome, les joueurs ont renoncé à quatre mois de salaire pour aider leur club à tenir pendant la crise. À Barcelone, les footballeurs ont annoncé une baisse de 70% de leur salaires. Au Real Madrid ou au Bayern Munich, on parle de 10% à 20% de revenus en moins.

Négociations au PSG

Quant au Paris Saint-Germain, ça négocie dur depuis deux semaines, sans succès. Mais Pablo Sarabia l'assure : il y a de la bonne volonté chez les joueurs. "Le capitaine discute beaucoup avec les dirigeants, et même nous entre joueurs on en parle", explique le milieu de terrain espagnol à Europe 1. "Tout ce qu'on peut faire pour aider les clubs et la France, on essaiera de le faire."

Pourtant, rien n'est vraiment acté : selon L'Équipe, les échanges porteraient sur "une diminution de 20 à 30% des rémunérations des joueurs", qui sont déjà en chômage partiel depuis début avril. En France, donc, les gros salaires n'ont pas envie de dire au revoir à la moitié de leurs revenus, comme un accord-cadre le prévoit. Les tractations continuent donc : à l'Olympique lyonnais, le président Jean-Michel Aulas a même écrit à ses joueurs pour leur parler solidarité, responsabilité. Mais comme à Marseille ou à Monaco, cela n'a pas abouti pour le moment.

"Qu'on fasse tous des efforts"

Cela va-t-il changer dans les prochaines semaines ? "On a un accord avec le syndicat des joueurs de mettre en partie au chômage partiel avec des baisses de salaires", explique à Europe 1 Jean-Pierre Rivère, président de l'OGC Nice.

Lundi soir, L'Équipe a révélé que le gouvernement avait validé l'accord entre joueurs et direction. Les clubs vont être exonérés des charges patronales liées aux 70% de salaires touchés par les joueurs mis au chômage partiel.

Mais "pour avoir la suite, il faut avoir la réponse sur le moment du redémarrage", défend Jean-Pierre Rivère, partisan d'une reprise du championnat en septembre. "Pour arriver à modifier notre football et passer cette crise dans les meilleures conditions, tous les acteurs du football devront se mettre autour d'une table et faire des efforts. Il y a une difficulté financière, qui concerne tout le monde, mais je pense que la raison l'emportera à un moment. Si tout le monde veut continuer à voir du football dans les meilleures conditions, il va falloir qu'on fasse tous des efforts."