"Une pénurie de civisme" : pendant le confinement, les incivilités entre voisins se multiplient

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Les Français passent de plus en plus de temps dans leurs appartements et les incivilités se perçoivent davantage. 1:40
Les Français passent de plus en plus de temps dans leurs appartements et les incivilités se perçoivent davantage. © STEPHANE DE SAKUTIN / AFP
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Depuis dix jours, les Français sont cloîtrés chez eux pour lutter contre le coronavirus. La conséquence de ce confinement est une cohabitation parfois difficile entre voisins, avec des nuisances sonores en forte hausse dans les immeubles.

Depuis le début du confinement décidé pour lutter contre l'épidémie de coronavirus, les Français sont nombreux à se retrouver, chaque soir, à leurs fenêtres pour applaudir le personnel soignant, à 20 heures. Un moment de communion entre voisins, qui ne cache malheureusement pas la multiplication des incivilités pendant cette période. Cette cohabitation forcée et prolongée vire parfois au cauchemar.

Perceuse, ponceuse, coup de marteaux… "Les travaux commencent le matin à partir de 6h30 jusqu'à 18 heures, toute la journée, non-stop", raconte, agacée, Mélanie, dont les voisins de l'étage au-dessus refont l'intérieur de leur appartement depuis une semaine. "Surtout, je n'ai pas vraiment le choix pour m'échapper du bruit. C'est un peu compliqué au quotidien", confie-t-elle.

"Un peu de bon sens !"

Il n'y a pas que les travaux : cours de guitare, conférence téléphonique, volume de la télévision… Les plaintes face aux nuisances sonores ont explosé. "Ce n'est pas une pénurie de denrées alimentaires que nous vivons, c'est une pénurie de civisme", déplore Éric Poli, directeur général de l'office public pour l’habitat du Jura. "Il est tout à fait logique pour ces personnes qui sont confinées de s'amuser et d'écouter de la musique à 23 heures, de courir dans tous les sens à 1 heure du matin… Il n'y a plus d'horaires, il n'y a plus de points de repères. Un peu de bon sens !"

Selon Éric Poli, ces incivilités ne se limitent pas aux appartements. Ainsi, certains locataires ne vont plus jusqu'aux locaux des poubelles par crainte du virus et laissent leur détritus dans la cage d’escalier...