LA QUESTION SEXO - Comment faire face à l'abstinence pendant le confinement ?

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Pour les personnes isolées, confinement peut rimer avec abstinence sexuelle. Une frustration qui rend ce moment déjà particulier encore plus difficile à traverser. Dans "Sans Rendez-vous" sur Europe 1, la sexologue et psychanalyste Catherine Blanc livre ses conseils pour y faire face. 

Après une semaine de confinement, le poids de l'isolement peut commencer à se faire sentir chez certains. Un sentiment qui est également vrai du point de vue sexuel pour les personnes célibataires ou coincées chez elles sans leur moitié. Au micro d'Europe 1, la sexologue et psychanalyste Catherine Blanc livre ses conseils pour gérer cette frustration le plus sereinement possible. 

Vivre sans sexualité, c'est possible

Notre société nous laisse à penser que l’on ne peut pas vivre sans sexualité, qu’elle est l’expression de notre pouvoir d’être des adultes actifs dans la vie de tous les jours, et les uns vis-à-vis des autres. Mais nous pouvons parfaitement vivre sans sexualité, elle n’est vitale que pour nous reproduire. Elle est là pour nous faire du bien, pour créer du lien, de la conversation physique avec l’autre. Il est ainsi tout à fait possible, même lorsqu'on est animé puissamment de pulsions, de les mettre de côté pour un temps sans qu’il y ait de dommage pour le corps.

D’ailleurs, souvenons-nous quand nous étions adolescents avec une montée de sève particulièrement forte, ce n’est pas tout de suite que nous nous sautions les uns sur les autres. Nous mettions du temps, nous tournions autour du sujet, nous réfléchissions...

Mais si on pratique moins, a-t-on moins envie ?

Certains, obsédés par la question de leur libido, vont avoir le sentiment d’étouffer sous le sentiment de ce désir, quand d’autres vont le détourner sur autre chose et vivre paisiblement cette abstinence. Pour autant, dès que reviendront les possibles, la libido n’en sera pas détruite, bien au contraire.

Le sport en intérieur peut-il canaliser cette énergie sexuelle ?

Oui, parce que la pulsion [sexuelle] ne sert pas que la sexualité. En réalité, nous avons une énergie de vie qui sert la sexualité mais aussi des tas d’autres actions. Elle nous permet de fabriquer des hormones qui nous font le plus grand bien. La jouissance ne passe pas que par la sexualité : le sport est un moyen de fabriquer des endorphines, du plaisir que notre cerveau nous relaie et qui nous dynamise au quotidien.

 

La masturbation est-elle un bon moyen d’évacuer la pression ?

Les hommes ont principalement le sentiment que la pulsion sexuelle va déborder, et qu’il faut absolument évacuer un peu de cette pression au travers d’une masturbation. Chacun voit midi à sa porte : si c’est important pour une personne, elle peut s’y adonner tranquillement. Il n’y a pas de mal, ni de honte à avoir. Son sexe lui appartient, libre à elle d’en faire ce qu'elle veut.

 

Europe 1
Par Catherine Blanc, édité par Ugo Pascolo