Safran signe un dispositif d'activité partielle de longue durée pour sauver 12.000 postes

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Safran a signé un accord avec les syndicats français prévoyant des réductions d'effectifs, tout en évitant des licenciements. 1:32
Safran a signé un accord avec les syndicats français prévoyant des réductions d'effectifs, tout en évitant des licenciements. © MEHDI FEDOUACH / AFP
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Pour la première fois en France, un groupe industriel va mettre en place le dispositif d'activité partielle de longue durée (APLD). Avec ce procédé, ainsi qu'en ayant recours aux départs anticipés, le groupe aéronautique Safran, très affecté par la crise économique liée au coronavirus, évite la suppression de 12.000 emplois.

L'équipementier aéronautique et motoriste Safran, dont l'activité est lourdement affectée par la crise due au coronavirus, a signé un accord avec les syndicats français prévoyant des réductions d'effectifs, tout en évitant des licenciements. Le groupe va avoir recours à environ 3.000 départs anticipés à la retraite et au nouveau dispositif d'activité partielle de longue durée (APLD) pour 6.000 équivalents temps plein (ETP). Une première en France.

Surtout qu'au départ, 12.000 emplois étaient menacés. "Très rapidement on s'est rendu compte que nous avions une baisse de charges de 40%. Ce qui pouvait correspondre à éventuellement jusqu'à 12.000 postes en trop", relate Daniel Barberot, coordinateur Force Ouvrière au sein du groupe Safran. 

Le groupe, qui employait fin 2019 95.000 personnes, dont 45.000 en France, a déjà supprimé depuis le début de la crise 10.000 postes dans le monde, via des licenciements, notamment aux États-Unis, au Mexique et au Royaume-Uni.

"Nous préférons que tout le monde fasse un effort pendant un an"

Les salariés français, répartis sur une centaine de sites sur le territoire, échappent à des départs contraints à la faveur de cet accord, qui court jusqu'à la fin 2021. Le sentiment du devoir accompli pour Daniel Barberot : "Nous préférons que tout le monde fasse un effort pendant un an, plutôt que 12.000 salariés restent au pas de la porte. Nous avons négocié cet accord pour que les personnes qui ont l'âge du départ en retraite puissent partir avec des mesures incitatives."

L'accord garantit entre 90 et 93% du salaire net aux 6.000 personnes en activité partielle longue durée. Pour ceux qui souhaitent partir et lancer un projet de création d'entreprise, ils pourront compter sur une aide de 60.000 euros. Côté direction, des concessions ont aussi été réalisées : pas de dividendes en 2020, moins que d'habitude en 2021, les embauches ne seront pas gelées et environ 400 apprentis intégreront Safran. Un groupe où tout le monde espère une reprise de l'activité aéronautique d'ici deux à trois ans maximum.

Europe 1
Par Aurélien Fleurot, édité par Baptiste Denis