Pourquoi l'attribution des "primes Covid" fait polémique au CHU de Toulouse

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L'attribution des "primes Covid" fait polémique au CHU de Toulouse (photo d'archives). 1:22
L'attribution des "primes Covid" fait polémique au CHU de Toulouse (photo d'archives). © REMY GABALDA / AFP
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Cinq des 42 directeurs du CHU de Toulouse vont toucher la prime Covid, de 1.500 euros, tandis qu'une partie des soignants ne touchera qu'une prime réduite de 500 euros, comme le prévoit le décret gouvernemental. Une décision assumée par l'hôpital, mais qui provoque la colère des syndicats. 

Alors que le reflux épidémique se confirme en France, la prime Covid suscite des remous au CHU de Toulouse. Cinq des 42 directeurs de l'établissement vont la toucher, à hauteur de 1.500 euros, tandis que six soignants sur dix ne toucheront qu'une prime réduite de 500 euros, comme le prévoit un décret gouvernemental. En zone verte, seuls 40% des personnels peuvent en effet percevoir le montant le plus élevé ... et les hôpitaux doivent faire des choix, suscitant parfois l'incompréhension. 

"Sachant qu'il n'y avait pas assez d'argent pour tout le monde, privilégier les hauts salaires dans l'administratif, c'est absolument scandaleux", dénonce ainsi Julien Terrier, de la CGT. "La question financière est hyper sensible ici, on a des collègues qui sont à découvert tous les mois, des collègues qui dorment dans leur bagnole... C'est indécent", souffle-t-il. 

Des personnes "particulièrement disponibles"

Mais Marc Penaud, le directeur général du CHU, assume. Il souligne d'abord que ces cinq cadres ne représentent que 0,1% de ceux qui toucheront 1500 euros, tandis que 80% seront des soignants. Et pointe, ensuite, que certains cadres ont mouillé la chemise. "Les personnes qui sont distinguées ont été particulièrement disponibles, nuit et jour, tous les week-ends. C'est un travail énorme, que de transformer un hôpital capable de multiplier par deux son activité de réanimation dédiée au Covid."

Pour tenter d'apaiser la colère, le directeur a rédigé un courrier que les salariés recevront avec leur feuille de paie du mois de juin, pour expliquer les arbitrages et les critères qui ont été pris en compte.

Europe 1
Par Benjamin Peter, édité par Margaux Lannuzel