"Il faut faire attention, le coronavirus circule à bas bruit", prévient le Pr Éric Caumes

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Le chef du service des maladies infectieuses de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, à Paris, confirme jeudi sur Europe 1 les craintes quant à l’apparition prochaine d’une deuxième vague de l’épidémie de coronavirus en France. "Il est probable que la plus grosse partie de l’épidémie soit encore devant nous", affirme le professeur Éric Caumes. 
INTERVIEW

Les prises de parole se multiplient depuis plusieurs jours pour alerter sur l'apparition d'une éventuelle deuxième vague de l’épidémie de coronavirus en France. Jeudi matin, le Conseil scientifique a ainsi déploré le non-respect croissant de la distanciation sociale et des gestes barrières. "Il faut être extrêmement vigilant, parce que le virus circule à bas bruit", confirme sur Europe 1 le professeur Éric Caumes, chef du service des maladies infectieuses à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière. "On arrive à contrôler les choses, mais il faut faire très attention."

"Le virus recommence à circuler depuis quelques jours"

Pour appuyer ses dires, le professeur s’appuie notamment sur les récentes analyses des eaux usées à Paris. "C’est très intéressant les eaux usées. Ça vous permet d’avoir une idée du degré de circulation du virus dans une population donnée. Si on se réfère aux eaux usées dans la région parisienne, le virus ne circulait plus à la fin du confinement et il recommence à circuler depuis quelques jours", précise Éric Caumes, qui évoque aussi ses propres constatations. "Ça correspond avec l’impression qu’on a dans nos services cliniques, notamment dans mon hôpital, où on revoit arriver des malades avec Covid aigu, alors qu’on n’en voyait plus depuis plusieurs semaines".

Le coronavirus est donc bel et bien toujours actif sur le territoire français. "On n’a jamais dit qu’il avait disparu", rappelle Éric Caumes. "La plupart d’entre nous n’ont jamais dit que l’épidémie était derrière nous. Au contraire, il est probable que la plus grosse partie de l’épidémie soit encore devant nous. D'ailleurs, l’OMS a alerté pour dire qu’on n’avait pas encore atteint le pic épidémique. Même si la vision de l’OMS était planétaire, on peut dire qu’en France il en est exactement de même."

Et la conséquence, c’est que la deuxième vague pourrait frapper la France avant l’automne ou l’hiver. "On a tous à peu près la même crainte, c’est-à-dire une deuxième vague qui survienne trop tôt, et qui soit d’une amplitude trop importante", confirme le médecin. "On craignait une deuxième vague plutôt cet hiver, en même temps que les autres infections respiratoires, et notamment en même temps que la grippe, ou alors à la fin de l’automne. Et c’est vrai qu’on a une crainte - ça reste à l’état de crainte - qu’elle soit un peu plus précoce."