Coronavirus : la pression épidémique recule mais la crainte d'une seconde vague grandit

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Coronavirus test
La crainte d'une deuxième vague de coronavirus grandit en France. © ERIC PIERMONT / AFP
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L'épidémie de coronavirus semble rester sous contrôle en France, mais plusieurs indicateurs alimentent la peur d'une deuxième vague. Par ailleurs, le cap des trois millions de cas officiels a été franchi aux Etats-Unis. Au total, ce sont désormais plus de 12 millions de personnes qui ont contracté la maladie.

Les chiffres de l'épidémie de coronavirus restent bons en France, montrant un reflux de la maladie. Pour autant, le Conseil scientifique alerte sur des indicateurs qui laissent craindre l'arrivée d'une deuxième vague sur le territoire métropolitain. La pandémie reste par ailleurs active au niveau mondial, où la barre des 12 millions de cas détectés a été franchie. Les cinq millions d’habitants de Melbourne, la deuxième ville d’Australie, ont été contraints de se reconfiner à partir de mercredi soir. La maladie continue aussi de se propager aux États-Unis, où le cap des trois millions de cas recensés a été dépassé.

Les principales infos à retenir :

  • La France métropolitaine craint une deuxième vague avant l'automne
  • 29.979 morts en France, nouvelle baisse des réanimations
  • Le cap des trois millions de cas détectés a été franchi aux États-Unis
  • Les cinq millions d’habitants de Melbourne sont désormais reconfinés
  • L’épidémie poursuit sa progression au niveau mondial, en Amérique latine particulièrement

29.979 morts, nouvelle baisse des réanimations

En France, la situation semble toujours sous contrôle. 14 nouveaux décès liés au Covid-19 ont été enregistrés, portant à 29.979 le nombre total de morts depuis le début de l'épidémie, a annoncé jeudi la Direction générale de la Santé (DGS). Le nombre de patients atteints du Covid-19 en réanimation continue parallèlement de baisser, avec un solde de -17 réanimations. Le nombre de personnes hospitalisées a aussi nettement baissé, avec un solde négatif de 120 hospitalisations.

La crainte d'une deuxième vague en France

Pour autant, la crainte d'une deuxième vague est de plus en plus vive. Le Conseil scientifique a alerté jeudi sur le non-respect croissant de la distanciation sociale, notamment dans les espaces fermés. Ces jours-ci, il n'y a pas moins de 500 cas diagnostiqués par jour, ce qui est suffisant pour faire repartir une épidémie. "Je voudrais réinsister sur le fait que nous sommes très frappés par le fait que les gestes barrières et la distanciation sociale ne sont plus respectés", explique au micro d'Europe 1 le professeur Jean-François Delfraissy, président du Conseil scientifique. "Il ne faut pas croire qu'on va rester sur cet équilibre tranquille si on continue à ne plus utiliser les gestes barrières et la distanciation sociale."

Même discours de la part du professeur Éric Caumes, chef du service des maladies infectieuses à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière. "Il faut faire très attention, car le coronavirus circule à bas bruit", a alerté le médecin jeudi matin sur Europe 1.

Début des auditions à la commission d'enquête du Sénat

Les auditions de la commission d'enquête du Sénat ont débuté mercredi soir par le cas de la région Grand Est, la plus touchée par le coronavirus avec l'Ile-de-France. État de préparation à la veille de l'épidémie, décisions prises pour limiter sa propagation… La commission du Sénat a auditionné le président de la région, Jean Rottner, et poursuit jeudi avec Brigitte Klinkert, présidente du Haut Rhin. On vous explique dans cet article ce qui diffère entre les commissions d'enquête au Sénat et à l'Assemblée nationale.

L'OMS lance un comité d'évaluation

L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a annoncé le lancement d'un comité d'évaluation sur la gestion de la pandémie. Ce panel indépendant d'experts et son mandat seront élaborés en consultation avec les États membres. "Nous ne vaincrons pas la pandémie si nous sommes divisés", a mis en garde son directeur général, Tedros Adhanom Ghebreyesus.

Plus de 12 millions de cas détectés dans le monde…

Plus de 12 millions de cas du nouveau coronavirus ont été officiellement déclarés dans le monde, dont plus de la moitié aux États-Unis et en Amérique Latine, selon un comptage réalisé par l'AFP à partir de sources officielles jeudi, en début d'après-midi. Au moins 12.066.880 cas d'infection, parmi lesquels 549.451 décès, ont été recensés. Le nombre de cas déclarés dans le monde a doublé depuis le 31 mai, et plus de 1,3 million de nouveaux cas de Covid-19 ont été enregistrés ces sept derniers jours. Ce total ne reflète toutefois qu'une fraction du nombre réel de contaminations, un grand nombre de pays ne testant notamment que les cas graves.

La flambée se poursuit en Amérique latine                        

L'épidémie continue ses ravages en Amérique latine et aux Caraïbes, où plus de trois millions de cas de Covid-19 ont été recensés, dont plus de la moitié au Brésil. Deuxième pays le plus touché, ce pays recense 67.964 morts pour 1.713.160 cas mais Jair Bolsonaro, son président de 65 ans, même contaminé, reste défiant : "Je vais parfaitement bien", a-t-il assuré.

Le Pérou a dépassé la barre des 11.000 morts, une semaine après avoir amorcé un déconfinement graduel, et le Mexique a enregistré un nouveau record journalier de 6.995 cas mercredi. Et les chiffres officiels bondissent au Venezuela : plus de 1.500 malades le 1er juin, plus de 7.000 un mois plus tard.

De loin le pays le plus touché au Proche et Moyen-Orient, l'Iran a dépassé la barre des 12.000 morts, ont annoncé mercredi les autorités. "Malheureusement, au cours des dernières 24 heures, nous avons perdu 221 de nos compatriotes à cause de la maladie de Covid-19 ; le nombre de morts atteint désormais 12.305", a déclaré Sima Sadat Lari, porte-parole du ministère de la Santé, lors d'un point de presse télévisé. L'Afrique reste loin derrière, tant en termes de contaminations déclarées que de décès dus au Covid-19, mais le continent a franchi mercredi la barre des 500.000 cas, après avoir dépassé le 1er juillet les 10.000 morts.

Melbourne reconfinée

En termes de bilan, l’Australie est loin des pays les plus touchés comme les Etats-Unis et le Brésil, avec environ 9.000 cas et 106 morts. Mais les autorités ont enregistré une hausse des cas à Melbourne, avec plus d'une centaine de nouvelles infections quotidiennes. Une flambée aux yeux des autorités de ce pays qui semblait avoir réussi à maîtriser l'épidémie de Covid-19. Les cinq millions d'habitants de la métropole ont donc reçu l'ordre de se confiner à nouveau pour six semaines, à compter de minuit dans la nuit de mercredi à jeudi.

Ils devront rester chez eux sauf pour raisons professionnelles, pour faire de l'exercice physique, se rendre à des rendez-vous médicaux ou acheter des produits de première nécessité. De telles mesures n'avaient été que récemment levées. Restaurants et cafés ne pourront plus servir que des plats à emporter, tandis que les salles de gym et les cinémas devront à nouveau fermer. En prévision du reconfinement, les rayons des supermarchés ont été dévalisés mercredi.