Déconfinement : comment la bise est devenue "une marque de confiance"

  • A
  • A
baiser coronavirus bise 1:26
Comment se saluer à l'époque du coronavirus ? (photo d'illustration). © AFP
Partagez sur :
Alors que les Français reprennent peu à peu leurs habitudes, avec leurs amis et au travail se pose la question des salutations, la bise et les poignées de main étant déconseillées par les autorités sanitaires. Certains ont donc opté pour des solutions alternatives, tandis que les embrassades sont réservées à quelques-uns. 

"Les sourcils montent jusqu'aux cheveux, et on sourit avec les yeux" : derrière son masque, Inès s'exprime désormais autrement. Comme elle, beaucoup de Français ont repris le travail et recommencent à voir leurs proches. Un quotidien aux airs de "vie d'avant", à quelques distinctions près, dont une de taille : la manière de se dire bonjour. 

"Quand je vous parle, je recule"

Alors que les "traditionnelles" façons de se saluer sont déconseillées par les autorités sanitaires, les salariés deviennent donc inventifs. "On se touche le coude pour dire bonjour, on a perdu l'habitude de la main ou de la bise", explique Inès. Abdelazziz, un autre employé, s'impose lui des usages encore plus stricts. "On prend le café à un mètre de distance. Quand je vous parle, je recule. On commence à prendre ces habitudes-là, on fait attention."

"C'est une forme de rejet, quand même"

Ce pas de recul, les Français ont "presque besoin de le justifier", décrypte Dominique Picard, sociologue et auteure d'un Que Sais-Je intitulé Politesse, savoir vivre et relations sociales. "Traditionnellement, quand quelqu'un s'approche de vous et que vous reculez, c'est une forme de rejet, quand même. Donc il ne faut pas que ce soit interprété comme ça."

Pour elle, plus que jamais ces salutations disent donc aujourd’hui la valeur que l'on accorde à nos proches. "C'est, dans le contexte actuel, une marque de confiance : je t'embrasse parce que je sais que si tu étais malade ou si tu avais des doutes sur ta santé, comme tu m'aimes, tu ne prendrais pas le risque de me contaminer."

Confiance ou prudence : pour la sociologue, en tous cas, ces nouveaux usages ne devraient pas disparaître de sitôt. 

Europe 1
Par Marion Calais, édité par Margaux Lannuzel