Vaccins : face aux retards de Pfizer, quelles conséquences pour la France ?

, modifié à
  • A
  • A
En raison de travaux dans son usine en Belgique, le rythme de livraison des vaccins de Pfizer va ralentir entre fin janvier et début février. 1:49
En raison de travaux dans son usine en Belgique, le rythme de livraison des vaccins de Pfizer va ralentir entre fin janvier et début février. © AFP
Partagez sur :
Alors que Pfizer a annoncé un ralentissement des livraisons des doses de vaccin en Europe, les conséquences sur la campagne de vaccination en France seront considérables. Le pays, qui n'a, pour l'heure, vacciné que près de 400 000 personnes, devra ajuster le rythme de sa vaccination en fonction de celui des livraisons.
DÉCRYPTAGE

C'était l'une des craintes avancées avant même le début de la vaccination : la production sera-t-elle à la hauteur de l'enjeu ? Samedi, le coup de frein des laboratoires Pfizer, qui annoncent un ralentissement des livraisons en Europe, relance la question. Cela pourrait avoir des conséquences considérables sur le rythme de la vaccination en France. Ce ralentissement ne touche que l'Europe, pas les États-Unis, en raison de travaux temporaires, dont l'usine de Puurs en Belgique. Travaux qui doivent permettre d'augmenter de près de moitié la production annuelle à partir de la mi février. Aujourd'hui, elle est la seule à fournir ce vaccin à toute l'Europe.

Retard dans le calendrier

Mais pendant quelques semaines, entre fin janvier et début février, le rythme de livraison de vaccins anti-Covid va ralentir. Pfizer assure qu'il livrera l'intégralité des doses prévues pour l'Union européenne à la fin du premier trimestre, comme prévu, mais plus à la même cadence. Résultat : les 520.000 doses hebdomadaires attendues par la France n'arriveront pas selon le calendrier prévu.

Alors va-t-on avoir assez de vaccins dans les semaines qui viennent ? C'est ce que veut croire la ministre déléguée à l'Industrie, Agnès Pannier-Runacher, qui, sur la foi d'un nouveau communiqué publié par Pfizer qui assure samedi que la réduction du nombre de doses livrées à l'Union européenne sera limitée à la semaine prochaine et que les livraisons doivent reprendre le rythme prévu à partir du 25 janvier.

Ajuster le rythme de la vaccination

Le gouvernement français assure que ce contretemps industriel ne remet pas en cause le déploiement global de la campagne vaccinale. Un million et demi de doses de vaccins de Pfizer ont déjà été reçues et seulement près de 400 000 Français ont été vaccinés. Les stocks vont permettre de poursuivre les injections, mais il faudra ajuster le rythme en fonction de celui des livraisons. Un rythme que l'on ne connaît pas encore.

La France peut aussi s'appuyer sur les stocks de vaccins Moderna - deuxième sérum à avoir obtenu une autorisation de mise sur le marche de la part de l'Agence européenne des médicaments -, mais ils sont et resteront de toute façon plus faibles. À ce jour, seules 52 000 doses ont été reçues.

Sur Europe 1, samedi matin, l'économiste de la santé Frédéric Bizard évoquait d'autres solutions, comme un accord de licence par Pfizer permettant à d'autres usines de produire son vaccin, mais cela prendrait du temps. Chez nos voisins, ce retard a déjà des conséquences visibles sur la campagne de vaccination. Le premier hôpital belge qui devait vacciner ses soignants, samedi, a dû repousser l'opération.

Europe 1
Par Anne Le Gall et Théo Maneval, édité par Pauline Rouquette