Confinement : à Marseille, le préfet refuse le débarquement d'un bateau de croisière

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Le Costa Deliziosa en 2016 1:33
Le Costa Deliziosa en 2016 © AFP
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Plus de 400 français sont coincés à bord d'un bateau de croisière de la compagnie Costa qui souhaitait accoster pour éviter que les Français aient à passer par l'Italie pour rentrer chez eux. La compagnie italienne assure que sa demande était conforme aux textes promulgués récemment par l'Union européenne.

Coupé du monde au milieu de nulle part. C'est le quotidien que vivent actuellement 1.400 personnes, dont de nombreux Français, à bord du Costa Deliziosa. Le préfet des Bouches-du-Rhône a refusé d'octroyer une dérogation à ce bateau de croisière qui souhaitait faire une escale imprévue à Marseille pour y débarquer ses passagers, qui souhaitent rentrer chez eux en ces temps de coronavirus, a annoncé la préfecture vendredi soir. Dans un communiqué, la préfecture rappelle que le navire, battant pavillon italien, devait initialement terminer son périple à Venise (Italie).

Un millier de personnes souhaitent débarquer

"Nous avions fait la demande aux autorités françaises car c'était une volonté de nos clients", a indiqué à l'AFP une représentante de la compagnie Costa en France, précisant que contrairement aux affirmations de la préfecture, ce ne sont pas 1.400 passagers qui devaient débarquer à Marseille mais "423 passagers Français, quatre Monégasques et trois membres d'équipage français" ainsi que "580 personnes résidant en Allemagne, en Belgique et en Suisse".

Cette demande, assure la compagnie, avait pour but d'éviter à ces passagers "un voyage inutile vers l'Italie suivi d'un voyage à leur domicile qui aurait nécessité de demander une autre autorisation pour franchir la frontière française". La compagnie italienne ajoute que sa demande était conforme aux textes promulgués récemment par l'Union européenne, visant notamment à faciliter le transit des passagers vers leur lieu de résidence.

Aucun cas de coronavirus à bord, assure la compagnie

Pourtant, le bateau est sain, assure la compagnie Costa. Etant parti d'Australie depuis 30 jours, la période de quarantaine est donc passée et à bord, il n'y a pas de malades, assure-t-elle. Les passagers français ont du mal à comprendre cette décision comme l'explique l'un d'eux, jointe par Europe 1: "Il n'y aucun passager qui a mis pied à terre donc on vit complètement dans une bulle. C'est très compliqué car il y a énormément de personnes âgées et handicapées à bord. C'est très, très anxiogène pour beaucoup de personnes du bateau. Et aujourd'hui, on n'a encore aucun port qui est annoncé", déplore-t-il. 

 

Le Costa prenait ce samedi midi la direction de Barcelone en Espagne. Les autorités espagnoles ont, en effet, accepté que leurs ressortissants débarquent. Le bateau devrait ensuite rejoindre le port de Venise, son point de départ. En attendant malgré l'inquiétude, les passagers reconnaissent qu'ils sont à l'abri de la crise sanitaire. En effet, personne ne porte de gants ni de masques et les activités culturelles sont maintenues. Ils ont même pu assister, tous ensemble à la messe de Pâques. 

Un navire qui a fait le tour du monde

Le Costa Deliziosa est parti de Venise le 5 janvier et devait, après un tour du monde, y revenir le 26 avril. Depuis le 14 mars, date à laquelle il se trouvait en Australie, face à la crise sanitaire mondiale liée au nouveau coronavirus, les plus de 2.000 personnes à son bord (touristes et personnel d'équipage) n'ont plus "touché le sol", a assuré la représentante de Costa. Le Costa Deliziosa n'a depuis la mi-mars plus réalisé que des escales techniques.

Depuis le 15 mars 2020, la préfecture a déjà autorisé des dérogations pour l’accostage au grand port maritime de Marseille de six navires de croisière, "ayant permis le rapatriement de plus de 2.200 passagers français et européens", a indiqué la préfecture des Bouches-du-Rhône. "Trois navires de croisière arrivés avant le 15 mars sont toujours accueillis au port de Marseille", ajoute la préfecture qui insiste: "Ces opérations mobilisent déjà très fortement les forces de sécurité (...) et les autorités sanitaires."

Europe 1
Par Europe 1 avec Jihane Bergaoui et AFP