Confinement : à l'approche des vacances, contrôles renforcés dans les zones touristiques

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À la gare de Bordeaux, les seuls TGV et TER qui fonctionnement encore durant la période de confinement sont systématiquement contrôlés. 5:31
À la gare de Bordeaux, les seuls TGV et TER qui fonctionnement encore durant la période de confinement sont systématiquement contrôlés. © AFP
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Prévoyant d'éventuels flux de population à l'approche des vacances, le ministre de l'Intérieur a précisé avoir renforcé les contrôles avec les préfets des zones touristiques. Des contrôles détaillés par la préfète de Nouvelle-Aquitaine au micro d'Europe 1, alors que les professionnels du tourisme sont de plus en plus inquiets.
INTERVIEW

"On ne part pas en vacances pendant la période de confinement", a rappelé Christophe Castaner, lundi sur LCI. "Pendant la période de confinement, on doit rester confiné et je demande à celles et ceux qui ont envisagé de se déplacer pour les vacances de se rendre compte qu'ils s'exposent eux et leurs proches", a ajouté le ministre de l'Intérieur, précisant avoir demandé aux préfets des zones touristiques de vérifier le niveau d'occupation des offres locatives, tout abus étant sanctionné. Au micro d'Europe 1, la préfète de Gironde et de la Nouvelle-Aquitaine a donné davantage de précisions concernant les contrôles au départ et à l'arrivée de Bordeaux.

 

Des trains systématiquement contrôlés

Les Français "ne peuvent pas bouger, ne peuvent pas prendre le train et doivent donc rester dans leur lieu de confinement", rappelle Fabienne Buccio, évoquant des contrôle renforcés dans les gares, mais également sur les routes avec une vigilance accrue des forces de l'ordre, notamment au niveau des barrières de péage.

"On a actuellement un TGV pour Paris, un pour Toulouse, et trois TER qui fonctionnent et tous sont systématiquement contrôlés", a-t-elle averti. "On est aussi en relation avec les Airbnb et les agences pour noter s'il y avait des augmentations de locations."

À ce jour sur l'ensemble du territoire, 5,8 millions de contrôles ont déjà été effectués, et 359.000 procès verbaux ont été dressés pour non respect du confinement. Au regard de ces chiffres, la mise en garde du ministre de l'Intérieur semble tout à fait justifié, estime lui aussi Philippe Augier, maire fraîchement réélu de Deauville (Calvados), interrogé par Europe 1.

À Deauville, tout est à l'arrêt

 "Tous les flux de population augmentent les risques de contamination", rappelle le maire de la station balnéaire normande, habituellement très prisée des vacanciers. "À partir du moment où l'on a choisi d'essayer de stopper cette contamination, il faut stopper les flux de population", ajoute-t-il, excluant les déplacements essentiels et inévitables tels que les motifs professionnels et médicaux.

Prévoyant d'éventuelles arrivées de vacanciers, le maire de la ville rappelle que tout, à Deauville, est à l'arrêt. "On n'a aucune offre de vacances. On n'a plus d'hôtels, de restaurants, la plage et le casino sont fermés, il n'y a plus d'événements culturels et sportifs", énumère l'édile. "Je ne vois pas l'intérêt de venir passer des vacances ici."

 

 

Éviter une vague de population, pour éviter une vague de contamination

Pour ce qui est des discrètes tentatives d'arrivée depuis le début du confinement, Philippe Augier ne note pas d'abus, ou très peu. "Certains Parisiens qui votaient ici (pour le premier tour des élections municipales, le 15 mars, NDLR) sont arrivés le vendredi ou le samedi, et d'autres sont arrivés le lundi matin (jour de mise en place du confinement, NDLR), mais depuis on n'a plus constaté de flux de population", explique-t-il. Le maire de Deauville rappelle d'ailleurs que, comme partout, des contrôles sont mis en place, assortis d'un risque de pénalisation.

Dans la région, les hôpitaux ne sont pas encore saturés comme dans d'autres régions comme l'Île-de-France, la plus touchée à ce jour par la pandémie de coronavirus. "Nous n'avons pas vécu de vague", déclare-t-il. "Et c'est la raison pour laquelle on voudrait éviter une vague de population, parce qu'il y aurait alors une vague de contamination." 

Europe 1
Par Stéphane Place, édité par Pauline Rouquette