Mutation du Covid-19 : Emmanuel Macron appelle à "redoubler de vigilance"

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Emmanuel Macron a présidé le Conseil des ministres en visioconférence, lundi matin. © Julien DE ROSA / AFP
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À l'approche de Noël, Emmanuel Macron, qui "présente encore des symptômes" du Covid-19, a appelé, lundi, à "redoubler de vigilance" face à la mutation "problématique" du virus à l'origine de l'isolement du Royaume-Uni. alors que le gouvernement réfléchit à un éventuel rapatriement de Français pour les fêtes. 

A trois jours de Noël, Emmanuel Macron a appelé lundi à "redoubler de vigilance" face à la mutation "problématique" du Covid-19 à l'origine de l'isolement du Royaume-Uni, alors que le gouvernement réfléchit à un éventuel rapatriement de Français pour les fêtes. Le chef de l'État, qui présente "encore de symptômes" du coronavirus, a présidé lundi matin en visioconférence un Conseil des ministres dont des images ont été exceptionnellement diffusées, lors duquel il a justifié la suspension pour 48 heures de toutes les arrivées en provenance du sol britannique décidée la veille par Paris et plusieurs pays européens.

La mutation du virus montre sa "complexité, son agressivité"

"C'est une situation exceptionnelle qui nous a amenés à prendre cette décision rapide et qui doit nous amener à redoubler de vigilance sur l'évolution" du virus, a ajouté le président, vêtu de noir et portant un masque, depuis la résidence officielle de La Lanterne, à Versailles, où il est toujours à l'isolement après avoir été testé positif jeudi au Covid-19.

Selon lui, la découverte d'une "mutation problématique du virus avec une forme beaucoup plus agressive" montre "la complexité de ce virus, son agressivité, oserais-je dire son inventivité, et l'humilité qu'il nous faut toujours avoir".

Le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal a précisé à l'issue du Conseil que l'exécutif allait assurer un "suivi aigu et permanent de la circulation du virus" et qu'une nouvelle réunion sur la situation sanitaire devait se tenir "au début de la semaine prochaine" autour du président. Selon une source gouvernementale, elle devrait prendre la forme d'un Conseil de Défense sanitaire.

"Il n'y a pas de mesures envisagées à ce stade", a affirmé Gabriel Attal. "Nous avons pris nos responsabilités au bon moment, en anticipation. Ce sont des décisions que nous avons pas à prendre aujourd'hui précisément parce que nous les avons prises hier."

Un test PCR, l'une des conditions pour rentrer en France depuis le Royaume-Uni

La suspension des déplacements a été annoncée dimanche à l'issue du dernier Conseil de défense sanitaire extraordinaire et intervient dans la foulée de mesures similaires prises par la Belgique, les Pays-Bas, l'Italie, l'Allemagne, le Luxembourg ou l'Irlande, alors qu'une mutation du virus responsable du Covid, le Sars-CoV-2, a été détectée outre-Manche, considérée par Londres comme "hors de contrôle" sur son territoire.

"Nous nous donnons les moyens, avec la suspension du passage des frontières pendant 48 heures, de bâtir un protocole sanitaire qui devrait permettre à nos compatriotes qui sont aujourd'hui en Grande-Bretagne et qui avaient prévu de rentrer en France pour passer les fêtes, de le faire avec des nouvelles règles sanitaires qui sont en train d'être discutées et d'être construites", a expliqué Gabriel Attal.

Lundi, les Bourses européennes ont dévissé en raison des craintes liées à cette mutation : vers 12h, la place parisienne plongeait de 3,63%, Francfort de 3,71% et Milan de 3,53%. La Bourse de Londres résistait un peu mieux, reculant de 2,88%.

Le porte-parole du gouvernement a invité les Français retenus au Royaume-Uni à réaliser sans attendre un test PCR, qui devrait être l'une des conditions pour pouvoir rentrer en France d'ici Noël.

Études génotypiques

"Il est possible que (ce variant du virus) circule en France", a admis le ministre de la Santé Olvier Véran, rappelant qu'il a été "identifié une fois en Italie". "Nous le saurons, nous lançons des études génotypiques. Sur les derniers jours, 500 souches virales ont été analysées en génétique et ce variant n'a pas été retrouvé, ce qui ne veut pas dire qu'il ne circule pas". Il a toutefois souligné qu'il n'y avait "a priori" pas de raisons "de penser que les vaccins seraient moins efficaces" contre ce nouveau variant.

La vaccination devrait d'ailleurs débuter dimanche en France, a confirmé Gabriel Attal, peu avant que l'Agence européenne des médicaments n'autorise le vaccin Pfizer-BioNTech.