Coronavirus : 60.900 morts en France, les hospitalisations en hausse

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Les hospitalisation dues au Covid-19 sont en hausse au cours des dernières 24 heures lundi.
Les hospitalisation dues au Covid-19 sont en hausse au cours des dernières 24 heures lundi. © AFP
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Le régulateur européen des médicaments a validé lundi le vaccin Pfizer-BioNTech pour l'Union européenne, alors que la France compte lundi 60.900 morts depuis le début de l'épidémie. La découverte d'une nouvelle souche du Covid au Royaume-Uni a affolé les marchés européens et de nombreux pays ont suspendu leurs liaisons avec ce pays.
L'ESSENTIEL

La mutation du Covid-19 observée au Royaume-Uni inquiète ses voisins européens, mais aussi les places financières du Vieux continent. La Bourse de Paris a dévissé à la mi-journée de 3,70% (-2,43% à la clôture), tandis que de nombreux pays européens, dont la France, ont suspendu leurs vols commerciaux en provenance du royaume britannique au nom du "principe de précaution".

De son côté, le régulateur européen des médicaments a validé lundi le vaccin Pfizer-BioNTech pour l'Union européenne. L'Union européenne l'a autorisé dans la foulée. L'institution a également indiqué qu'il n'existait "aucune preuve" permettant de dire que ce vaccin ne protégerait pas contre la nouvelle souche du coronavirus. En France, les chiffres de l'épidémie de Covid-19 font état de 60.900 morts en France depuis le début de l'épidémie, soit 351 décès au cours des dernières 24 heures.

Les informations à retenir :

  • L'Union Européenne a autorisé lundi le vaccin Pfizer-BioNTech 
  • La nouvelle souche du Covid-19 découverte au Royaume-Uni serait 70% plus contagieuse
  • Plusieurs pays européens ont suspendu les vols retours avec le Royaume-Uni
  • Les vaccins seraient toujours efficaces contre cette variante
  • L'état de santé d'Emmanuel Macron, testé positif au Covid-19 jeudi, reste "stable", selon l'Elysée

La France dénombre 60.900 morts du Covid-19, les hospitalisations en hausse

La France a enregistré 5.797 nouvelles contaminations au Covid-19 sur les dernières 24 heures, selon les chiffres publiés lundi par Santé publique France. La veille, le pays avait comptabilisé 12.799 nouveaux cas positifs, très loin de l'objectif que s'était fixé le gouvernement pour la mi-décembre, il y a quelques semaines. Le chiffre des nouvelles contaminations indiqué le lundi est à considérer comme d'habitude avec prudence, en raison des remontées parfois moins régulières le week-end.

Le nombre de patients en services de réanimation ou de soins intensifs était quasi stable par rapport à dimanche, à 2.746, soit huit patients de moins dans ces services en 24 heures. Au total, les hôpitaux comptaient 25.233 malades du Covid-19 lundi, soit 240 patients de plus en 24 heures. Santé publique France a annoncé 351 décès sur les dernières 24 heures, portant le nombre total de morts depuis le début de l'épidémie à 60.900.

En Martinique, où le virus circule très peu, la population s'inquiète de l'afflux de vacanciers venus de métropole : pas moins de 100.000 touristes ont décidé de passer les fêtes de fin d'année sur l'île. "Cet afflux de personnes qui arrivent est un risque supplémentaire", assure au micro d'Europe 1 André Cabié, chef du service des maladies infectieuses du CHU de Martinique. Retrouvez ici notre reportage sur place : 

Le vaccin Pfizer-BioNTech validé par le régulateur européen, Moderna administré aux États-Unis

L'Agence européenne des médicaments (AEM) a autorisé lundi le vaccin Pfizer-BioNTech, ouvrant la voie à un possible début des vaccinations dans l'Union européenne avant la fin de l'année. "Je suis ravie d'annoncer que le comité scientifique de l'AEM s'est réuni aujourd'hui et s'est montré favorable à une autorisation de mise sur le marché conditionnelle dans l'UE pour le vaccin développé par Pfizer et BioNTech", a déclaré la directrice générale de l'AEM, Emer Cooke, au cours d'une conférence de presse en ligne. L'Union européenne a autorisé le vaccin dans la foulée, comme l'a annoncé sa présidente Ursula von der Leyen.

Aux États-Unis, une infirmière du Connecticut a été vaccinée lundi devant les caméras contre le Covid-19 avec le vaccin Moderna, marquant le début de la campagne de vaccination avec ce nouveau remède approuvé en urgence vendredi. Les premières vaccinations issues de cette jeune firme de biotechnologie, une semaine après le début des injections aux Etats-Unis du vaccin des laboratoires Pfizer-BioNTech, devaient débuter ce lundi en différents points du territoire.

Variante du virus "hors de contrôle" en Angleterre, mais pas pour l'OMS

La nouvelle souche de coronavirus découverte au Royaume-Uni est "hors de contrôle", a reconnu dimanche le gouvernement britannique, justifiant un reconfinement de Londres et d'une partie de l'Angleterre juste avant Noël. Plus de 16 millions de Londoniens et d'habitants du sud-est de l'Angleterre se retrouvent ainsi contraints de faire une croix sur des retrouvailles familiales à Noël. Europe 1 a évoqué cette situation avec des expatriés, dont la fête de Noël s'annonce contrariée :

La nouvelle variante du virus, soupçonnée d'être 70% plus contagieuse que la précédente, a été observée au Royaume-Uni, en Afrique du Sud, en Italie, aux Pays-Bas, en Australie ainsi qu'au Danemark. Mais le régulateur européen des médicaments a déclaré lundi qu'il n'existait "aucune preuve" permettant de dire que le vaccin Pfizer-BioNTech ne protégerait pas contre cette nouvelle souche du coronavirus. "Pour le moment, il n'existe aucune preuve suggérant que ce vaccin ne soit pas efficace contre la nouvelle variante", a déclaré la directrice générale de l'Agence européenne des médicaments, Emer Cooke.

De son côté, l'Organisation mondiale de la santé a affirmé lundi que la nouvelle variante du coronavirus "n'est pas hors de contrôle" et a appelé à appliquer les mesures sanitaires ayant fait leurs preuves. "Nous avons eu un R0 (taux de reproduction du virus, ndlr) beaucoup plus élevé que 1,5 à différents moments de cette pandémie et nous l'avons maîtrisé. Cette situation n'est donc pas, en ce sens, hors de contrôle", a déclaré le responsable des situations d'urgence sanitaire à l'OMS, Michael Ryan, aux journalistes.

Le Royaume-Uni de plus en plus isolé 

Alors que l'Espagne a demandé à Bruxelles une réponse "coordonnée" de l'UE, plusieurs pays, notamment européens, ont décider de suspendre les arrivées de voyageurs en provenance du Royaume-Uni. A commencer par la France, qui a décidé de cette suspension à partir de minuit, dans la nuit de dimanche à lundi, pour 48 heures concerne tous les déplacements de personnes, "y compris liés aux transports de marchandises, par voie routière, aérienne, maritime ou ferroviaire". Invité d'Europe Matin, le ministre de la Santé Olivier Véran estime qu'il s'agit de l'application "du principe de précaution tant qu'il y a un doute". "L'idée n'est pas de faire peur, mais de prendre les bonnes décisions au bon moment."

Emmanuel Macron, qui présente "encore de symptômes" du Covid-19, s'est inquiété lundi d'une "mutation problématique du virus avec une forme beaucoup plus agressive" qui justifie, selon lui, la suspension pour 48 heures de toutes les arrivées en provenance du sol britannique. "C'est une situation exceptionnelle qui nous a amenés à prendre cette décision rapide et qui doit nous amener à redoubler de vigilance sur l'évolution" du virus, a ajouté le président.

Le gouvernement espagnol a également annoncé lundi avoir décidé, en accord avec son homologue portugais, de suspendre à partir de mardi les vols en provenance du Royaume-Uni. Les citoyens espagnols et les personnes résidant en Espagne pourront, en revanche, entrer sur le territoire espagnol, a ajouté le gouvernement de Madrid, qui a, par ailleurs, annoncé qu'il allait renforcer les contrôles à la frontière avec Gibraltar, enclave britannique située à l'extrême sud de l'Espagne.

La liste des pays "s'éloignant" du Royaume-Uni ne cesse donc de s'allonger, puisque l'Allemagne, l'Italie, l'Irlande, les Pays-Bas, la Belgique, la Norvège, le Danemark ou encore la Finlande ont mis en place des mesures similaires. C'est aussi le cas de la Suisse qui a décrété une quarantaine obligatoire de 10 jours pour toute personne en provenance du Royaume-Uni ou de l'Afrique du sud. Une restriction également mis en place par la Macédoine. 

Par ailleurs, Estonie, Lettonie, Lituanie et Russie ont également suspendu leurs vols en provenance du Royaume-Uni, tout comme la Croatie, tandis que la Pologne devrait faire de même dès lundi soir. Les autorités américaines surveillent "très attentivement" la situation mais ne prévoient pour l'instant pas d'interdiction de voyage concernant ce pays.

Les Bourses dévissent sous l'inquiétude de la nouvelle souche

Les Bourses mondiales ont dévissé lundi en raison des craintes liées à une nouvelle mutation du Covid-19 active en Angleterre, potentiellement bien plus contagieuse que le virus classique. En Europe, la Bourse de Paris a plongé de 2,43% à 5.393,34 points à la clôture, sa plus forte chute en près de deux mois. Francfort a lâché 2,82% et Milan 2,57%. La Bourse de Londres a mieux résisté, reculant de 1,73% car la chute simultanée de 1,29% de la livre face au dollar avantage les comptes des multinationales exportatrices, très représentées dans l'indice.

La mi-séance à Wall Street, vers 18H10 (17H10 GMT), les trois principaux indices montraient davantage de résistance: l'indice Dow Jones perdait 0,50%, le Nasdaq 0,95%, et le S&P 500 1,11%.

Le pétrole plongeait de son côté de 4,54% à 49,99 dollars pour le Brent, référence européenne, et de 4,15% à 47,06 dollars pour le WTI américain. Plus tôt lundi, les Bourses asiatiques ont reculé à la clôture: l'indice Nikkei à Tokyo a perdu 0,18% et l'indice Hang Seng à Honk Kong a lâché 0,72%.

Les vaccins efficaces contre la nouvelle souche

Les experts de l'Union européenne sont arrivés à la conclusion que les vaccins actuels contre le coronavirus restaient efficaces face à la nouvelle variante du Covid-19 repérée en Grande-Bretagne, a annoncé dimanche soir le gouvernement allemand. "A priori il n'y a pas de raison de penser que les vaccins seraient moins efficaces", a affirmé Olivier Véran sur Europe 1, lundi matin. On fait le point dans cet article sur l'efficacité du vaccin contre cette variante qui inquiète toute l'Europe.

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) et l'agence européenne des maladies (ECDC) ont appelé dimanche leurs membres en Europe à renforcer leurs contrôles pour combattre la propagation de la nouvelle variante du Covid-19, notamment en améliorant leurs capacités de détection de la souche. Selon l'OMS, une poignée de cas ont déjà été signalés hors du sol britannique : au Danemark (9), ainsi qu'un cas aux Pays-Bas et en Australie. La nouvelle souche comprend plusieurs mutations et entraîneraît selon les premières évaluations une contagiosité accrue. L'Italie a détecté dimanche un premier cas, selon le ministère de la Santé.

Comment les vaccins seront-ils acheminés en France ?

Plus que quelques jours avant les premières vaccinations contre le Covid-19 en France. Pour l'occasion, un dispositif spécial a été mis en place pour acheminer les vaccins dans les Ehpad, où seront distribuées les premières doses. Tout d'abord, ils seront déployés depuis l'usine Pfizer de Puurs, en Belgique, où s'est rendue Europe 1. 130 sites métropolitains équipés de super-congélateurs à -80 degrés Celsius vont faire office d'intermédiaires avant de répartir les vaccins dans la France entière. On vous en dit plus dans l'article ci-dessous :

Près de 1.7 million de morts 

La pandémie a fait au moins 1.69 million de morts dans le monde, selon un bilan établi par l'AFP à partir de sources officielles lundi. Les États-Unis restent le pays le plus touché en nombre de morts (317.684), suivis par le Brésil (186.764 décès), l'Inde (145.810), le Mexique (118.202) et l'Italie (68.799).