Coronavirus : ce que l'on sait de la nouvelle souche apparue en Angleterre

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Coronavirus Angleterre 1:20
Cette nouvelle version serait apparue dès septembre, à Londres ou dans le Kent, au sud-est de l'Angleterre. © AFP
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Le Premier ministre britannique Boris Johnson a annoncé le reconfinement de Londres et du sud-est de l'Angleterre pour tenter de juguler une envolée des contaminations attribuée à une nouvelle souche du coronavirus. Europe 1 fait le point sur cette variante du Covid-19 qui suscite l'inquiétude. 

Le Premier ministre britannique Boris Johnson a annoncé samedi le reconfinement de Londres et du sud-est de l'Angleterre dès dimanche, portant un coup de grâce aux retrouvailles de Noël. Le gouvernement tente de juguler une envolée des contaminations attribuée à une nouvelle souche du coronavirus, qui se transmet "bien plus facilement", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse. 

Face à cette situation, la Belgique, les Pays-Bas, l'Italie et l'Allemagne ont décidé de suspendre les vols en provenance et vers le Royaume-Uni. De son côté, la France suspend à partir de dimanche minuit et pour 48 heures tous les déplacements de personnes en provenance du Royaume-Uni. Voici ce que l'on sait pour le moment de cette mutation.

Une nouvelle souche plus contagieuse 

Le conseiller scientifique du gouvernement britannique, Patrick Valance, a apporté des précisions sur cette nouvelle souche. "La nouvelle variante du virus contient des mutations dans des zones du virus connues pour jouer sur la manière dont celui-ci s’attache aux cellules et rentre dedans. Trois types de preuves montrent la même chose : ce virus muté a une transmissibilité plus élevée, il se propage plus vite." Selon lui, cette nouvelle version serait apparue dès septembre, à Londres ou dans le Kent, au sud-est de l'Angleterre.

Lors de la semaine du 9 décembre, plus de 60% des cas comptabilisées dans la région comportaient cette mutation. "Cela indique que cette nouvelle version non seulement se propage plus vite mais devient la version dominante. Est-ce-que cette mutation change la maladie ? Pour l’instant, la réponse semble être non", a poursuivi le médecin. Rien n'indique encore que ce virus muté est plus mortel, qu'il cause une forme plus sévère de la maladie ou qu'il réduit l'efficacité des vaccins, a souligné Boris Johnson. 

Dimanche, son ministre de la Santé, Matt Hancock, a expliqué que cette nouvelle souche était devenue "hors de contrôle". "Nous devions reprendre le contrôle, et la seule manière de le faire, est de restreindre les contacts sociaux", a-t-il déclaré.

Pas de gravité supplémentaire, selon les données disponibles

Patrick Berche, microbiologiste français membre de l’Académie de médecine, émet toutefois des réserves quant au lien de cause à effet tracé entre cette nouvelle souche et l'augmentation du nombre de cas dans le pays. "Les contaminations se multiplient aussi en France, en Allemagne et en Suisse, où il n'y a pas la mutation en question", souligne-t-il. D'autres éléments pourraient expliquer cette augmentation, notamment l'arrivée de l'hiver. "Les annonces tonitruantes marquent les esprits, mais il faut attendre d'avoir des données scientifiques", tempère-t-il. "Rien n'indique pour le moment que cette nouvelle souche cause un taux de mortalité plus élevé ou qu'elle affecte les vaccins et les traitements, mais des travaux urgents sont en cours pour confirmer cela", a déclaré dans un communiqué Chris Whitty, le médecin-chef de l'Angleterre.

Jean-Paul Stahl, professeur de pathologies infectieuses à l’Université de Grenoble, se montre plus alarmiste. "Si on confirme cette plus grande contagiosité du virus, il est bien évident que l’épidémie va s’accélérer, que le nombre de cas va augmenter. Obligatoirement, il y aura plus de cas graves et donc plus de décès."

La France et plusieurs pays suspendent les déplacements depuis le Royaume-Uni 

Face à cette situation, la France suspend à partir de dimanche minuit (heure de Paris) et pour 48 heures tous les déplacements de personnes en provenance du Royaume-Uni, "y compris liés aux transports de marchandises, par voie routière, aérienne, maritime ou ferroviaire", a indiqué Matignon à l'issue d'un Conseil de défense. "Seul le fret non accompagné sera donc autorisé. Les flux de personnes ou de transports en direction du Royaume-Uni ne sont pas concernés", a précisé Matignon.  

De son côté, le gouvernement néerlandais a suspendu dès dimanche 6h tous les vols de passagers en provenance du Royaume-Uni, une mesure qui sera en vigueur jusqu'au 1er janvier. La Belgique a fait de même, suspendant vols et trains pour au moins 24h à partir de dimanche minuit. L'Italie a suivi le mouvement dans l'après-midi. Enfin, l'Allemagne a annoncé une suspension similaire à compter de dimanche minuit. 

Europe 1
Par Caroline Baudry, édité par Laetitia Drevet