Emmanuel Macron annonce un reconfinement national

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Emmanuel Macron a annoncé mercredi soir un reconfinement national qui entrera en vigueur à partir de vendredi.
Emmanuel Macron a annoncé mercredi soir un reconfinement national qui entrera en vigueur à partir de vendredi. © Julien DE ROSA / POOL / AFP
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Emmanuel Macron a annoncé un reconfinement national, qui entrera en vigueur à partir de vendredi. Les bars et restaurants seront fermés mais les écoles resteront ouvertes et certains pans de l'économie pourront continuer de fonctionner. 
L'ESSENTIEL

Emmanuel Macron a annoncé mercredi soir un nouveau confinement généralisé à partir de vendredi, pour une durée de quatre semaines, afin de faire face à la deuxième vague du coronavirus. Les bars et restaurants vont être fermés mais les écoles et les Ehpad resteront ouverts et de nombreux secteurs économiques pourront continuer leurs activités. "La deuxième vague sera plus meurtrière que la première", a prévenu le chef de l'État, qui a invité les Français à rester au maximum à leur domicile. Dans cette optique, les sorties ne seront autorisées que dans des cas strictement limités, avec le retour des attestations dérogatoires. 

Dans le monde, la situation n'est guère plus reluisante, alors que 44 millions de cas, dont 500.000 ces dernières 24 heures, ont été recensés. L'Allemagne, elle aussi confrontée à une résurgence du virus, a de son côté annoncé la fermeture des cafés et restaurants. 

Les informations principales 

  • Emmanuel Macron a annoncé un reconfinement national à partir de vendredi, au moins jusqu'au 1er décembre prochain
  • Les bars et restaurants seront fermés mais "le travail pourra continuer"  
  • Les écoles et les Ehpad resteront ouverts 
  • Les attestations dérogatoires de sortie sont de retour, comme au printemps dernier 
  • "La deuxième vague sera plus meurtrière que la première", a prévenu le chef de l'État

Emmanuel Macron annonce un reconfinement à partir de vendredi, pour au moins quatre semaines 

Le couperet est tombé : Emmanuel Macron a annoncé, lors de son allocution télévisée, un reconfinement national à partir de vendredi. Ce nouveau confinement va durer au moins jusqu'au 1er décembre et sera révisé en fonction des indicateurs épidémiques. Les mesures seront cependant moins strictes qu'en mars dernier. Les écoles vont ainsi rester ouvertes, alors que le chef de l'État a assuré que les Français pourront "sortir pour travailler".

Les bars et restaurants seront cependant fermé, et les habitants ne seront autorisés à sortir de chez eux que dans des cas strictement limités. Les attestations dérogatoires de sortie seront également de retour. 

Les écoles et les Ehpad resteront ouverts 

Contrairement à la première vague, les écoles et les Ehpad resteront cette fois ouverts. Les crèches, les écoles maternelles et primaires, les collèges et les lycées "demeureront ouverts avec des protocoles sanitaires renforcés". Dans les universités, les "cours en ligne" seront en revanche privilégiés au maximum, "partout où c'est possible". 

Les visites dans les Ehpad seront cette fois autorisées. "Pour éviter que ne se nouent des drames humains que nous avons vécus au printemps, que des personnes seules, en fin de vie, se retrouvent totalement isolées, les visites en maison de retraite et en Ehpad seront cette fois autorisées dans le strict respect des règles sanitaires", a déclaré Emmanuel Macron. 

"Le travail pourra continuer", mais avec un "télétravail à nouveau généralisé" 

Emmanuel Macron a prévenu : "l'économie ne doit ni s'effondrer ni s'arrêter." Dans cette optique, le président de la République a assuré que le travail "pourra continuer". "L'activité continuera avec plus d'intensité, ce qui veut dire que les guichets des services publics resteront ouverts, les usines, les exploitations agricoles, les bâtiments et travaux publics continueront de fonctionner", a-t-il détaillé.

Mais "partout où c'est possible, le télétravail sera à nouveau généralisé", a-t-il poursuivi. "Il faut protéger l’économie. Je ne crois pas à l’opposition entre l’économie et la santé. Il faut donc concilier les deux, avec le but de toujours protéger en premier les vies", a estimé le président. 

Les bars et restaurants fermés, de nouvelles aides annoncées pour les secteurs touchés

En revanche, les bars et restaurants vont devoir fermer, comme au printemps dernier, ainsi que tous les commerces jugés non-essentiels. L'exécutif fera un point sur la situation épidémique tous les 15 jours, et pourrait alors décider de réévaluer les mesures sur les commerces. "Je sais que beaucoup de commerçants espéraient ne pas fermer, je sais que pour les commerces de centre-ville, je demande un très gros effort. Tenons-le avec beaucoup de rigueur pendant 15 jours (et) si d'ici à 15 jours, nous maîtrisons mieux la situation, nous pourrons alors réévaluer les choses et espérer ouvrir certains commerces, en particulier dans cette période si importante avant les fêtes de Noël", a estimé le président. 

Emmanuel Macron a également annoncé de nouvelles mesures d'aides pour l'économie. Un "plan spécial" sera dédié aux travailleurs indépendants, commerçants, ainsi qu'aux TPE et PME. Les salariés et les employeurs "qui ne peuvent pas travailler continueront (...) à bénéficier du chômage partiel et nous compléterons par des mesures de trésorerie pour les charges, les loyers des prochaines semaines", a-t-il ajouté. 

Le retour des attestations de sortie

Le président de la République a appelé les Français à rester "au maximum" chez eux. Les habitants n'auront désormais plus le droit de sortir de chez eux, sauf dans des cas très limités, comme au printemps dernier. Les attestations dérogatoires de sortie seront ainsi de retour sur l'ensemble du territoire national. "Je sais la lassitude et cette impression d'un jour sans fin qui tous nous gagne, nous devons quoi qu'il arrive rester unis et solidaires et ne pas céder au poison de la division", a exhorté le chef de l'Etat.

Avec ce nouveau confinement, l'exécutif espère ainsi "sauver" Noël et les fêtes de fin d'année, "ce moment si précieux de Noël", comme l'a qualifié Emmanuel Macron mercredi soir. 

"La deuxième vague sera plus meurtrière que la première"

Emmanuel Macron a dressé un sombre constat de la situation sanitaire dans le pays. "La deuxième vague sera plus dure et plus meurtrière que la première. A la mi-novembre, 9.000 patients seront en réanimation. Si nous ne donnons pas aujourd'hui un coup de frein brutal aux contaminations, nos hôpitaux seront très vite saturés", a-t-il mis en garde. "Notre objectif est de protéger les plus fragiles, qui sont les premières victimes du coronavirus. L’âge est le facteur prépondérant. Notre deuxième objectif est de protéger les plus jeunes", a-t-il ajouté. 

"Avons-nous tout bien fait ? Non"

Le président de la République a également répondu aux critiques, qui reprochent au gouvernement un manque de préparation et de mauvaises décisions ces dernières semaines. "Notre stratégie a été définie dès l'été. C'était de vivre avec le virus et il s'agissait de maîtriser sa circulation en nous appuyant sur nos capacités pour tester, alerter, protéger. Avons-nous tout bien fait ? Non, mais nous avons fait tout notre possible", s'est défendu le chef de l'État. 

"Notre stratégie, compte tenu des informations disponibles, a été la bonne. Il faut reconnaitre que nous sommes submergés par la force du virus. Il faut avoir plus d’humilité, nous sommes tous en Europe surpris par l’évolution. Certains pays ont pris des mesures plus dures que les nôtres, comme en Irlande ou en Espagne, et ils sont aujourd'hui dans la même situation que nous", a poursuivi Emmanuel Macron. 

Plus de 3.000 malades en réanimation 

Le nombre de malades du Covid-19 hospitalisés en réanimation a dépassé mercredi la barre des 3.000, un niveau inédit depuis début mai, selon les derniers chiffres officiels. 372 nouvelles admissions en réa (ou en soins intensifs) ont été enregistrées depuis mardi, selon la base de données de Santé publique France. En tenant compte des sorties, le nombre de patients du Covid-19 actuellement en réanimation a augmenté de 127 ces dernières 24h, portant leur total à 3.036. Depuis mardi, plus de la moitié de la capacité actuelle des services de réanimation -qui n'accueillent pas que des malades du Covid- est occupée par des malades du Covid-19.

Par ailleurs, le nombre des décès liés au Covid-19 a atteint 35.785, soit 244 de plus que le bilan de la veille, selon les données diffusées mercredi soir par Santé Publique France. 36.437 nouveaux cas positifs confirmés ont été enregistrés depuis mardi, d'après la même source. Le taux de positivité des tests est de 18,6%, contre 4,5% début septembre. 

L'Allemagne durcit ses mesures, avec une fermeture des cafés et restaurants  

L'Allemagne a décidé mercredi d'une nouvelle série de restrictions face à la progression du nouveau coronavirus, imposant un mois de fermeture aux secteurs de la gastronomie, de la culture et des loisirs. Ces mesures, qui entreront en vigueur lundi et dureront jusqu'à la fin du mois de novembre, limiteront également à 10 personnes issues de deux foyers les participants à des réunions privées.

Les citoyens sont invités à éviter tous les déplacements inutiles, les séjours en hébergement étant réservés à des "fins non touristiques", a déclaré la chancelière Angela Merkel après des discussions avec les dirigeants des 16 États allemands. Tous comme les bars, cafés et restaurants, les piscines et autres installations sportives seront fermées tandis que les compétitions professionnelles retrouveront le huis clos. Les écoles et les commerces seront toutefois autorisés à rester ouverts, a précisé la chancelière.

La Belgique submergée, couvre-feu dans plusieurs régions italiennes

La Belgique, devenu le pays du monde où le coronavirus circule le plus intensément lors de la deuxième vague, comptait mercredi quasiment autant de malades hospitalisés qu'au pic de la première au début du printemps, selon des chiffres officiels. Mardi, ce pays de 11,5 millions d'habitants a enregistré 689 nouvelles admissions à l'hôpital, battant le record absolu établi le 28 mars (629). Résultat : il y avait au total 5.554 malades dans les hôpitaux, très près du pic enregistré le 6 avril (5.759), selon les données de l'institut belge de santé publique Sciensano. 

En Italie, l'instauration d'un couvre-feu dans plusieurs régions, ainsi que la fermeture des bars et des restaurants à 18h a déclenché des rassemblements de personnes en colère contre les mesures de restriction. Des incidents ont éclaté à Milan et Turin. Les salles de sport, de cinéma, de concert sont également fermées. 

Plus de 44 millions de cas, dont 500.000 en 24 heures

La pandémie du nouveau coronavirus a fait au moins 1.168.750 morts dans le monde depuis que le bureau de l'OMS en Chine a fait état de l'apparition de la maladie fin décembre, selon un bilan établi mardi par l'AFP à partir de sources officielles. Plus de 44 millions de cas d'infection ont été officiellement diagnostiqués, dont plus de 500.000 ces dernières 24 heures. C'est un nouveau record, qui ne s'explique qu'en partie par la hausse du nombre de tests réalisés.

Les États-Unis sont le pays le plus touché tant en nombre de morts que de cas, avec 226.723 décès, suivi par le Brésil avec 157.946 morts, l'Inde avec 120.010 morts, le Mexique avec 89.814 morts, et le Royaume-Uni avec 45.365 morts.