Confinement, vaccin… Jean Castex fait le point sur la situation sanitaire

, modifié à
  • A
  • A
Jean Castex
Confinement, vaccin… Jean Castex fait le point sur la situation sanitaire © GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP
Partagez sur :
Alors que la France est entrée dans une forme de "troisième vague", selon Jean Castex, la situation de l'Ile-de-France pourrait déjà être tranchée. "Le moment est venu pour envisager des dispositions pour la région parisienne", a affirmé mardi le Premier ministre, qui a fait le point sur la situation sanitaire lors d'un entretien diffusé sur BFM-TV.
L'ESSENTIEL

Alors que la circulation du Covid-19 inquiète dans plusieurs régions, avec une forme de "troisième vague" liée aux variants le gouvernement continue ses consultations. Emmanuel Macron a reçu mardi à 17 heures le Conseil scientifique pour faire un point sur la situation sanitaire. La situation de l'Ile-de-France paraît être tranchée. "Le moment est venu pour envisager des dispositions pour la région parisienne", a affirmé mardi le Premier ministre Jean Castex, pendant un entretien accordé à BFM-TV.

Les principales informations à retenir

  • "Le moment est venu pour envisager des dispositions pour la région parisienne" selon Jean Castex, qui a fait le point sur la situation sanitaire
  • 91.170 morts en France, la situation continue de se dégrader
  • Le régulateur européen reste "convaincu" des bénéfices du Vaccin AstraZeneca

Vers un confinement en Ile-de-France ?

"Le moment est venu pour envisager des dispositions pour la région parisienne", a affirmé mardi le Premier ministre Jean Castex, lors d'un long entretien sur la situation sanitaire en France, diffusé sur BFM-TV, soulignant que "les données sont réunies". "Incontestablement, on est sur un point d'équilibre extrêmement précaire", a-t-il insisté, tout en relevant que la "décision" d'un reconfinement n'était pas encore formellement prise.

"On est dans une situation préoccupante et critique et, très clairement, des mesures du type de celles auxquelles on a eu recours dans les autres parties du territoire sont sur la table ce soir", a-t-il ajouté, en référence aux confinements mis en place le week-end dans les agglomérations de Nice, du Pas-de-Calais et Dunkerque. Retrouvez ici notre reportage

Une vaccination avec AstraZeneca "très rapidement"

Le Premier ministre a par ailleurs annoncé qu'il se ferait vacciner "très rapidement" si la suspension d'AstraZeneca était levée, qualifiant ce vaccin d'"utile, même et surtout pour les formes graves de la maladie". 

"Jusqu'à présent, je m'étais fixé une ligne de conduite, c'est-à-dire me faire vacciner quand mon tour viendra, pas de passe-droit", a-t-il déclaré, âgé de 55 ans et qui ne déclare "pas de co-morbidité connue". "Mais compte tenu de ce qui vient de se passer pour AstraZeneca", qui a vu son vaccin suspendu dans une bonne partie de l'Europe, "je me suis dit effectivement qu'il serait judicieux que je me fasse vacciner très rapidement (...) pour montrer à mes concitoyens que la vaccination, c'est la porte de sortie de cette crise et qu'on peut y aller en toute sécurité", a-t-il poursuivi.

Sur le sujet de la vaccination, le Premier ministre a également dénoncé le retards de livraison de certains vaccins, qu'il a estimé "profondément anormal". Il faut "que l'Europe montre les crocs", a-t-il poursuivi. Objectif annoncé : 10 millions de Français vaccinés d'ici le 15 avril. 

Une crise d'une ampleur majeure 

Le Premier ministre est revenu plus généralement sur l'ampleur de la crise sanitaire et la gestion de cette dernière par le gouvernement. "On n'a sûrement pas tout réussi dans la gestion de cette crise", a-t-il reconnu. "On a beaucoup appris mais on doit faire preuve d'une grande humilité", a-t-il poursuivi. Jean Castex a également salué la "capacité d'adaptation" des hôpitaux français et les effets du confinement de novembre, "qui a permis de faire chuter la progression de l'épidémie, jusqu'à l'arrivée du variant anglais". 

"Nous sommes encore dans une situation extrêmement difficile, le virus a muté et on a affaire au variant anglais", a souligné le Premier ministre, reconnaissant la difficulté de la situation pour les Français. "On est tous confrontés à cette lassitude, à cette colère".

Quant au retour d'une vie "normale", le chef du gouvernement n'a pas souhaité se prononcer. Sur la réouverture des restaurants ou encore des lieux de culturels, il est resté flou sur le calendrier. "Nous constatons que l'épidémie joue les prolongations donc il ne serait pas complètement raisonnable que je vous annonce une date précise. Mais réouverture il y aura car la vaccination va finir par montrer ses effets", a-t-il ajouté. 

91.170 morts en France, la situation continue de se dégrader

Selon un dernier bilan des autorités sanitaires, 91.170 personnes sont mortes depuis le début de l'épidémie de Covid-19 en France, soit 408 en 24 heures. Une donnée à prendre avec précaution cependant, puisque le mardi est l'un des deux jours de l'actualisation de la mortalité dans les Ehpad.

Les indicateurs hospitaliers continuent de se dégrader. Les hospitalisations sont par exemple à la hausse avec 23 nouveaux patients enregistrés dans les dernières 24 heures, pour un total de 25.492. De même, la pression s'accentue dans les services de réanimations qui comptent désormais 4.239 cas graves, soit 20 de plus depuis le dernier pointage.

Macron a reçu le Conseil scientifique 

Emmanuel Macron s'est entretenu mardi à 17 heures avec une délégation du Conseil scientifique, a indiqué l'Elysée, pour faire le point sur la situation sanitaire à la veille d'un Conseil de défense décisif notamment sur l'Ile-de-France. Dans leur dernier avis, ces scientifiques préconisent une stratégie territoriale.

Le chef de l'Etat s'entretient également à 18h en visioconférence avec des réanimateurs de zones où la tension Covid est forte comme l'Ile-de-France, les Hauts-de-France ou la région PACA. 

AstraZeneca : des soutiens en pleine tempête

De nombreux pays européens, dont l'Allemagne, la France, l'Italie, l'Espagne, le Portugal et la Lettonie ont suspendu par précaution l'utilisation du vaccin d'AstraZeneca, après le signalement d'effets secondaires "possibles" mais sans lien avéré pour l'heure. Des cas de caillots sanguins ont été observés chez des personnes ayant reçu le vaccin. Mardi, la Suède a à son tour suivi le mouvement. 

Concernant la France, c'est Emmanuel Macron lui-même qui a annoncé la suspension lundi, tout en disant "espérer reprendre vite" la campagne de vaccination avec le produit du laboratoire anglo-suédois, "si l'avis de l'autorité européenne le permet". Le verdict de l'Agence européenne des médicaments (EMA) est tombé mardi : elle reste "fermement convaincue" des bénéfices de ce vaccin. Une "réunion extraordinaire" de l'instance aura lieu jeudi. 

L'Organisation mondiale de la Santé va quant à elle réunir mardi son groupe d'experts pour étudier la sécurité de ce vaccin, mais d'ores et déjà, sa cheffe scientifique a recommandé de poursuivre son utilisation. "Nous ne voulons pas que les gens paniquent", a déclaré Soumya Swaminathan à Genève, ajoutant que "jusqu'à présent, nous n'avons pas trouvé d'association entre ces événements et le vaccin".

La HAS donne son feu vert aux autotests

Les autotests sur prélèvement nasal pour dépister une infection par le virus du Covid-19 peuvent être utilisés par des personnes sans symptômes de plus de 15 ans, selon la Haute autorité de Santé (HAS). Ce nouvel outil vient compléter l'arsenal du dépistage, et donne des résultats en "20 à 30 minutes" a indiqué la Pr Dominique Le Guludec, présidente de l'autorité sanitaire. Le résultat se visualise comme pour un test de grossesse.

Un nouveau variant détecté en Bretagne ? 

Un nouveau variant du virus  a été détecté en Bretagne, a annoncé lundi la Direction générale de la santé (DGS). Il a été classé dans la catégorie "à suivre" par les autorités, celle qui regroupe la plupart des milliers de variants qui apparaissent naturellement dans le monde, et dont seule une petite proportion poseront finalement des problèmes particuliers de santé publique, par exemple s'ils s'avèrent plus transmissibles.

"Les premières analyses de ce nouveau variant ne permettent de conclure ni à une gravité ni à une transmissibilité accrues par rapport au virus historique", indique un autre communiqué de la DGS. 

Plus de 2,66 millions de morts

La pandémie a fait au moins 2.661.919 morts dans le monde, selon un bilan établi par l'AFP à partir de sources officielles. Les pays qui ont enregistré le plus de nouveaux décès dans leurs derniers bilans sont le Brésil avec 1.057 nouveaux morts, les États-Unis (738) et la Russie (443). Les États-Unis sont le pays le plus touché tant en nombre de morts que de cas, avec 535.661 décès pour 29.495.906 cas recensés, selon le comptage de l'université Johns Hopkins.