"Malheureusement, le maître du temps, c'est le virus", a concédé Emmanuel Macron. 1:35
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Jean-Rémi Baudot, édité par Ugo Pascolo , modifié à
Malgré une dégradation de la situation sanitaire en France, et notamment en Île-de-France, l'exécutif continue de marteler sa volonté d'éviter à tout prix un nouveau confinement. Et si certains au sein du gouvernement pensent avoir encore de la marge avant de boucler le pays, cet optimisme devient de plus en plus difficile à assumer.
ANALYSE

Des chiffres à la hausse, une incidence qui dépasse désormais les 400 pour 100.000 habitants en Île-de-France... La situation sanitaire française se dégrade de jour en jour. Selon les chiffres de CovidTracker, le nombre de nouveaux cas de Covid-19 augmente de 11,4% sur une semaine, tandis que les admissions à l'hôpital et en réanimation sont en hausse avec respectivement 6% et 11%. En Île-de-France, on compte désormais 1.152 patients en réanimation, soit plus qu'au pic de la deuxième vague. Malgré tout, l'exécutif ne change pas de stratégie et continue de tout faire pour repousser un nouveau confinement. Un pari qui a forcément ses limites, tant sur le plan sanitaire et politique, qu'en termes d'acceptation pour la population. Et comme chaque semaine, Emmanuel Macron se retrouve sur le fil du rasoir.

Encore une marge avant le reconfinement ? 

"On regarde au jour le jour, on ne peut pas faire autrement", plaide pourtant un important conseiller du chef de l'État. Car au sein de l'exécutif, beaucoup pensent que la situation sanitaire peut s'améliorer, notamment en Île-de-France. Entre une réorganisation de l'hôpital, une déprogrammation de 40% des activités et le début des transferts de patients vers la province, l'entourage d'Olivier Véran pense encore avoir de la marge pour gagner du temps. 

"Avec des mesures supplémentaires, on doit pouvoir encore éviter un confinement", martèle un proche du président de la République. "On assume un plateau [épidémique], même haut. Ça évite le stop and go qu'on voit chez nos voisins", décrypte de son côté un membre de cabinet. 

"Le maître du temps, c'est le virus"

Mais face aux chiffres qui s’envolent, et qui dépassent le seuil du taux d'incidence de 400 fixé par le Premier ministre lui-même, cet optimisme devient de plus en plus difficile à tenir. À l’Elysée, certains reparlent même de "confinement week-end". Et si plusieurs fois, ces dernières semaines, le président a pris le contre-pied des scientifiques, toute la question est de savoir s'il en a encore les moyens.

Et comme pour répondre par la négative, le "maître des horloges" a reconnu lundi en conférence de presse que "malheureusement, le maître du temps, c'est le virus".