Coronavirus : 30.528 morts en France, circulation du virus en forte progression

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Le nombre de cas de coronavirus augmente bien plus fortement qu'en juin et juillet. © AFP
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Le coronavirus continue de circuler dans le monde et a déjà fait près de 810.000 morts dans le monde, dont 30.528 en France. L'Europe fait face à un rebond du nombre de contaminations et de nombreux pays durcissent leurs mesures sanitaires. Aux États-Unis, Donald Trump a annoncé l'autorisation élargie du traitement au plasma.

À une semaine de la rentrée, le coronavirus continue de circuler en France, avec un taux de positivité qui est passé de 3,4% à 3,6% entre les bilans de vendredi et lundi. Cette hausse du nombre de cas est aussi enregistrée dans de nombreux autres pays du vieux continent, où, comme dans l'Hexagone les mesures sanitaires sont renforcées. Aux États-Unis, là où la circulation du virus semble incontrôlable (près de 5,7 millions de cas, plus de 176.000 morts), Donald Trump a annoncé dimanche soir l'autorisation en urgence de la transfusion du plasma sanguin de personnes guéries du coronavirus. Au total, l'épidémie a fait près de 810.000 victimes dans le monde.

Les principales informations à retenir : 

  • Le nombre de morts s'établit à 30.528 en France, avec une circulation du virus en nette hausse
  • Le gouvernement met "au même niveau" l'urgence sanitaire et l'urgence économique, selon Bruno Le Maire
  • Aux États-Unis, Donald Trump a annoncé l'autorisation élargie du traitement au plasma
  • Le coronavirus a fait près de 810.000 morts dans le monde

Nouveau bilan de 30.528 morts en France, le taux de positivité en hausse

La France vit-elle une seconde vague du coronavirus ? Si le nombre de décès augmente beaucoup moins fortement qu'au printemps, avec 30.528 morts au total, le nombre de cas continue de croître, tout comme le taux de positivité. Entre les bilans communiqués vendredi et lundi, il passe ainsi de 3,4% à 3,6%, ce qui montre une nette progression de la circulation du virus.

Entre les bilans de vendredi et lundi, le nombre d'hospitalisations diminue, de 4.745 à 4.690 personnes prises en charge. Mais celui des réanimations, qui fluctue régulièrement, croît dans le même temps, de 379 à 399, avec 43 admissions sur les dernières 24 heures.

Pourquoi les cas augmentent-ils plus que les nouvelles hospitalisations ?

Entre samedi et dimanche, 4.897 nouveaux cas de coronavirus ont été recensés, selon les autorités. Pourtant, cela ne se traduit pas par une augmentation proportionnelle du nombre de contaminations. Pourquoi ? L'épidémiologiste et membre du Conseil scientifique Arnaud Fontanet a donné des éléments de réponse, lundi, au micro de Patrick Cohen

Par ailleurs, de nouveaux traitements encore en phase d'essai permettront d'ici à "la fin de l'automne" d'améliorer la prise en charge des patients atteints de Covid-19 à l'hôpital, a également estimé le spécialiste. "Il y a des pistes, autour de traitements type interféron (des protéines qui interagissent avec le système immunitaire, NDLR) ou de traitements contre ces molécules inflammatoires, les cytokines, qui ont l'air vraiment intéressantes", a-t-il déclaré sur BFMTV. "Ces traitements sont aujourd'hui dans des essais contrôlés avec tirage au sort", a rappelé l'épidémiologiste, disant espérer qu'ils seront disponibles "à la fin de l'automne".

Port du masque en entreprise : "Il peut y avoir des sanctions", prévient Élisabeth Borne

Pour tenter d'endiguer la reprise de l'épidémie, les mesures sanitaires vont être renforcées. La ministre du Travail Élisabeth Borne a annoncé mardi que le port du masque sera "systématisé" dans les entreprises d'ici la rentrée, y compris dans les open spaces. Lundi, sur Europe 1, elle a donné des précisions sur cette mesure, assurant qu'il "peut y avoir des sanctions", notamment des "avertissements". Pour Élisabeth Borne, l'imposition du port du masque dans les entreprises est une mesure nécessaire pour "éviter une deuxième vague" et assurer "la reprise économique". 

Car le gouvernement met "au même niveau" l'urgence sanitaire et l'urgence économique a assuré lundi le ministre de l'Economie Bruno Le Maire, alors que le gouvernement a décalé d'une semaine la présentation de son plan de relance de l'économie. "Le président de la République et le Premier ministre ont estimé, et ils ont raison, qu'il fallait sans doute resserrer un certain nombre de boulons en cette rentrée pour garantir la sécurité sanitaire", a affirmé le ministre sur RTL pour justifier ce report.

Avant la rentrée, parents et enseignants inquiets…

Alors que les élèves des écoles, collèges et lycées doivent reprendre le chemin de la classe lundi prochain, parents d'élèves et enseignants dénoncent un protocole encore trop flou sur plusieurs sujets. Caroline, par exemple, dénombre autant d'enfants que de règles sanitaires différentes et ne comprend pas pourquoi son aîné de 12 ans devra porter un masque, mais pas son petit frère, âgé de 10 ans - le seuil d'obligation étant fixé à 11 ans. "Pour nous, ce sont deux enfants avec deux ans d’écart qu’on a toujours élevés ensemble… Je ne vois pas vraiment la différence entre les deux donc j’ai l’impression qu’il y en a un qui va être protégé et pas l’autre", souffle-t-elle au micro d'Europe 1. 

… tout comme les personnels soignants, qui craignent de nouvelles pénuries

Des mois plus tard après le début de la crise, si la pénurie de matériel médical semble être derrière nous, des tensions persistent sur plusieurs fournitures et inquiètent les professionnels de santé, selon l'enquête d'Europe 1. La grosse inquiétude concerne les gants de protection, indispensables pour ceux qui réalisent les tests PCR. Avec près de 700.000 tests par semaine, la demande française a explosé. Sauf qu’il existe actuellement une pénurie mondiale : tous les pays en commandent en même temps et la matière première vient même à manquer pour la production.

Les supporters du PSG incités à "aller faire un test de dépistage"

À Paris, les forces de l'ordre sont intervenues dans la soirée en marge de la retransmission de la finale de la Ligue des champions, opposant à Lisbonne le Paris Saint-Germain au Bayern Munich, pour verbaliser les personnes ne portant pas le masque. La préfecture de police de Paris a fait état lundi de "404 verbalisations pour non port du masque sur secteur de port obligatoire". Ces regroupements de supporters inquiètent les autorités sanitaires. L'adjointe à la Santé à la mairie de Paris, Anne Souyris, a incité lundi à "aller faire un test de dépistage". 

Deux régions françaises à risque selon l'Allemagne

L'Allemagne a placé les régions Ile-de-France, avec Paris, et Provence-Alpes-Côte-d'Azur en zones à risque en raison du nombre élevé de cas d'infections au nouveau coronavirus, a annoncé lundi le ministère des Affaires étrangères.

Le ministère met en garde sur son site internet contre "les voyages touristiques, non indispensables" à destination de ces régions, ce qui signifie que les voyageurs revenant en Allemagne devront se soumettre à un test de dépistage et observer une quarantaine dans l'attente du résultat. Le nombre des nouvelles infections au Covid-19 dépasse dans ces régions le plafond de 50 cas pour 100.000 habitants sur sept jours, explique-t-il.

Aux États-Unis, Trump annonce l'autorisation élargie du traitement au plasma

Donald Trump a annoncé dimanche soir l'autorisation en urgence de la transfusion du plasma sanguin de personnes guéries du coronavirus à des patients hospitalisés. Critiqué pour sa gestion de la pandémie, le président cherche à se relancer en s'appuyant sur des avancées thérapeutiques, même si aucun traitement efficace ou vaccin ne sont attendus avant le scrutin présidentiel du 3 novembre. La transfusion de ce plasma qui contient des anticorps vise à permettre aux malades d'éliminer plus vite le virus et de limiter les dégâts sur l'organisme. Si le traitement a déjà produit des résultats, son efficacité exacte fait encore débat. Et il présente un risque d'effets secondaires et de transmission d'agents infectieux.

En Europe et en Asie, les cas se multiplient...

L'Italie a enregistré 1.210 nouveaux cas de coronavirus entre samedi et dimanche, confirmant la nette reprise de l'épidémie. Le bilan du ministère de la Santé publié samedi fait également état de sept décès, portant le nombre de morts à 35.437. En Allemagne, le nombre des nouvelles contaminations a, lui, dépassé le cap des 2.000 au cours des dernières 48 heures, un niveau qui n'avait plus été atteint depuis fin avril. En Espagne, où le nombre total des cas diagnostiqués s'est accru samedi de plus de 8.000, il est désormais recommandé à la population de Madrid de se confiner dans les zones les plus affectées par le coronavirus.

De nombreux pays, à l'image de la Corée du Sud, durcissent les restrictions et les contrôles aux frontières par crainte d'une nouvelle vague de Covid-19, qui pourrait être favorisée par le retour des vacanciers. Séoul a étendu dimanche à l'ensemble du territoire sud-coréen les mesures en vigueur dans la région de la capitale, fermant plages, restaurants, bars karaoké et musées et suspendant les rencontres sportives à huis clos. Ce pays a jusqu'ici réussi à juguler l'épidémie grâce aux tests et au traçage des personnes contaminées, sans confinement imposé. 

L'île indonésienne de Bali a quant à elle annoncé que les touristes étrangers ne seront pas autorisés à se rendre sur le territoire avant la fin de l'année faute d'amélioration sur le front épidémique.

Près de 810.000 morts dans le monde

La pandémie a fait au moins 809.255 victimes dans le monde, et plus de 23,4 millions de cas ont été recensés dans 196 pays et territoires, selon un comptage de l'AFP. En Inde, 57.542 personnes ont succombé à la maladie. L'Amérique latine et les Caraïbes sont la région la plus endeuillée avec plus de 257.469 morts, avant l'Europe, puis les États-Unis. Plus de la moitié des décès dus au Covid-19 sur la planète ont été enregistrés dans quatre pays : les États-Unis, le Brésil, le Mexique et l'Inde.