Coronavirus : marchés, sport, obsèques… Le confinement se durcit

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Edouard Philippe a annoncé un durcissement des mesures de confinement.
Edouard Philippe a annoncé un durcissement des mesures de confinement. © AFP
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Le confinement se poursuit lundi pour un septième jour consécutif en France, avec un durcissement des mesures, a annoncé lundi soir Edouard Philippe. L'épidémie de coronavirus a fait 860 morts dans le pays, alors que quatre médecins sont décédés dans le Grand Est ce week-end.
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Le confinement que vivent les Français depuis maintenant six jours se durcit un peu, à mesure que l'épidémie de coronavirus gagne du terrain dans le pays ? Alors que le Conseil scientifique formé autour d'Emmanuel Macron sur la gestion de cette crise doit rendre un avis sur "la durée" et "l'étendue" de ces mesures drastiques, Edouard Philippe a annoncé lundi soir la fermeture des marchés ouverts. Ce lundi, le nombre de décès et de cas a fortement augmenté.

Les informations à retenir :

  • Au total, on dénombre 860 décès en France et plus de 2.000 patients en réanimation, en forte augmentation
  • Quatre médecins sont morts du coronavirus dans le Grand Est ce week-end
  • Les "marchés ouverts" vont être fermés et les sorties encore limitées, annonce Édouard Philippe
  • Plus de 15.000 personnes sont mortes dans le monde, un confinement de trois semaines instauré au Royaume-Uni

Forte hausse du nombre de cas et de morts

Les chiffres communiqués lundi soir sur l'épidémie de coronavirus en France sont mauvais : le bilan grimpe à 860 décès, soit 186 de plus en l'espace de 24 heures. Il y a désormais plus de 2.000 patients en réanimation. Sur le même laps de temps, le nombre de cas a explosé : +3.838 (la hausse entre samedi et dimanche était de +1.559). Au total, 8.675 personnes sont hospitalisées.

Dans les Vosges, 20 résidents d'un Ehpad sont décédés. Des morts "en lien possible avec le Covid-19", selon l'ARS. L'établissement accueille 163 personnes âgées dépendantes.

Mort de quatre médecins du Grand Est

Deux médecins originaires du Haut-Rhin et de Moselle sont décédés dimanche des suites d'une contamination au coronavirus, a-t-on appris lundi auprès de la clinique et du maire de la commune où les deux professionnels exerçaient. Selon la clinique du Diaconat de Mulhouse, Jean-Marie Boegle, gynécologue-obstétricien de 66 ans, est mort "des suites" du Covid-19. En Moselle, Sylvain Welling, généraliste de 60 ans, est décédé à l'hôpital de Saint-Avold où il avait été admis mercredi pour des "problèmes respiratoires", a indiqué Gilbert Weber, maire de la commune.

Lundi soir, l'Agence régionale de santé du Grand-Est a annoncé le décès de deux autres médecins dans le Haut-Rhin et en Haute-Saône. Il s'agit de Mahen Ramloll, généraliste de 70 ans, décédé dimanche à l'hôpital de Colmar, et d'Olivier-Jacques Schneller, 68 ans, mort ce week-end à l'hôpital de Trévenans.

Un confinement plus strict, les fêtes religieuses visées 

Au 20 Heures de TF1, Édouard Philippe a annoncé un premier durcissement des règles de confinement, qui pourrait durer "quelques semaines", alors que le Conseil d'Etat demandé de préciser des dérogations de déplacement au caractère ambigu. Quatre domaines sont concernés :

1 - Le sport, avec une limite fixée à "un rayon d'un kilomètre autour de chez soi, au maximum pour une heure, tout seul et une fois par jour" ;

2 - Les marchés ouverts, qui seront fermés mais que les préfets pourront ouvrir par dérogation ;

3 - Les sorties pour motif de santé, à réserver uniquement pour "les soins urgents, ou ceux qui répondent à une convocation d'un médecin" ;

4 - Les obsèques, avec une limitation de présence à "une vingtaine de personnes".

Quant à la question d'instaurer des couvre-feux, "nous n'hésiterons pas là où c'est nécessaire, là où les conditions sanitaires l'imposent à le faire", a indiqué le Premier ministre.

Par ailleurs, Emmanuel Macron, qui a échangé lundi matin avec les responsables des cultes, mais aussi avec des organisations laïques et des philosophes - comme l'a révélé Europe 1 dès dimanche soir - leur a annoncé que les fêtes d'avril devront se faire "sans rassemblement". La semaine sainte et le week-end de Pâques pour les chrétiens tombent du 6 au 12 avril, avant le lundi de Pâques le 13. Les fêtes de Pessah, la Pâque juive, sont prévues du 9 au 16 avril et le ramadan autour du 24 avril.

60.000 Français rapatriés, encore 70.000 bloqués à l'étranger 

La France a déjà organisé le retour de plus de 60.000 Français parmi les 130.000 bloqués à l'étranger par le Covid-19, a annoncé lundi Jean-Yves Le Drian. Le ministre des Affaires étrangères estime qu'une semaine sera encore nécessaire pour achever ces rapatriements. 

La Chine teste un vaccin, la chloroquine sur la table en France...

La Chine a entamé son premier essai clinique pour tester un vaccin contre le nouveau coronavirus, au moment où plusieurs pays sont engagés dans une course pour découvrir un moyen de combattre l'agent pathogène. Ces 108 volontaires, répartis en trois groupes, ont reçu vendredi de premières injections, a rapporté lundi le quotidien anglophone Global Times. Âgés de 18 à 60 ans, tous sont originaires de la ville de Wuhan, d'où est partie l'épidémie. 

Le professeur Didier Raoult, qui dirige l'institut hospitalo-universitaire méditerranée de Marseille, défend pour sa part depuis des semaines l'utilisation de la chloroquine, un antipaludéen, pour traiter le coronavirus. La députée des Bouches-du-Rhône Valérie Boyer, contaminée, suit ce traitement et raconte à Europe 1 : "Dès que je suis rentrée à l’hôpital j'ai pris ce traitement après avoir subi une batterie d'examens (sang, urine, examen cardiaque). Tout ce qu'il propose a déjà été expérimenté et testé", assure-t-elle.

Marine Le Pen, invitée lundi matin d'Europe 1, se "réjoui[t]" de cette "piste prometteuse", mais demande aux Français de continuer d'observer scrupuleusement les règles de confinement, meilleur manière jusqu'à présent de lutter contre la propagation de la maladie. "Je me félicite qu’une étude clinique de grande ampleur se mette en place, compte-tenu du fait que nous connaissons bien et depuis longtemps ce médicament"

... mais l'OMS et le Haut conseil de santé publique mettent en garde 

Les espoirs fondés par la chloroquine ne sont cependant pas partagés par l'ensemble des experts. L'OMS a condamné le recours à des médicaments avant que la communauté scientifique se soit accordée sur leur efficacité, tout en mettant en garde contre "de faux espoirs". Une allusion à peine voilée aux essais cliniques effectués avec de la chloroquine.  

"Des études réduites et non randomisées, réalisées à partir d'observations, ne nous apporteront pas les réponses dont nous avons besoin", a averti lundi soir le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, au cours d'une conférence de presse virtuelle. Le Haut conseil de santé publique a également recommandé de ne pas utiliser la chloroquine, sauf pour des formes graves.

Le bilan dépasse les 15.000 morts dans le monde, confinement national de trois semaines au Royaume-Uni

L'épidémie "s'accélère", a alerté l'Organisation mondiale de la santé (OMS) lundi, tout en estimant qu'on pouvait encore en "changer la trajectoire". Plus de 350.000 cas ont été recensés dans le monde par l'AFP.

Le bilan a désormais dépassé les 15.000 morts sur la planète, dont une grande majorité en Europe (+ de 9.000), selon un bilan de l'AFP. Avec 5.476 décès, l'Italie est le pays le plus touché devant la Chine (3.270), foyer initial de la contagion, et l'Espagne (2.182). Avec 1.395 nouveaux morts ces dernières 24 heures pour un total de 172.238 cas officiellement diagnostiqués, l'Europe est aussi le continent où la pandémie progresse le plus rapidement.

Les mesures de confinement s'étendent désormais partout dans le monde. Lundi soir, Boris Johnson a annoncé un confinement national d'au moins trois semaines au Royaume-Uni. Au total, quelque 1,7 milliards de personnes dans une cinquantaine de pays, dont 700 millions en Inde, sont appelées à rester chez elles. Face à cette situation, Emmanuel Macron et Xi Jinping ont dit souhaiter la tenue d'un sommet extraordinaire du G20 sur les aspects sanitaire et économique de la crise du coronavirus.