Chloroquine contre le coronavirus : Marine Le Pen "ne veut pas que l’espoir pousse les gens à prendre des risques"

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Marine Le Pen, la présidente du Rassemblement national, était l'invitée de la matinale d'Europe 1 lundi 23 mars. 1:55
Marine Le Pen, la présidente du Rassemblement national, était l'invitée de la matinale d'Europe 1 lundi 23 mars. © Europe 1
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Invitée lundi de la matinale d'Europe 1, la présidente du Rassemblement national, Marine Le Pen, appelle les Français à continuer d'observer les mesures de confinement, alors qu'un éventuel traitement du Covid-19 à la chloroquine, un antipaludéen, suscite une forte attente au sein de la communauté scientifique.
INTERVIEW

Pourra-t-on venir à bout de la crise sanitaire déclenchée par le nouveau coronavirus avec un simple médicament ? L'infectiologue français Didier Raoult assure obtenir des résultats "exceptionnels" en traitant les patients positifs au Covid-19 avec de la chloroquine, un médicament commercialisé sous le nom de nivaquine, et normalement utilisé contre le paludisme. Un essai européen mené sur le virus, et intégrant la chloroquine, vient d’être lancé. "Je ne voudrais pas que l’espoir de ce traitement pousse les gens à prendre des risques", a toutefois voulu avertir Marine Le Pen, invitée lundi de Sonia Mabrouk dans la matinale d’Europe 1.

"Il faut faire feu de tout bois"

La président du Rassemblement national se "réjoui[t]" toutefois de cette "piste prometteuse", mais demande aux Français de continuer d'observer scrupuleusement les règles de confinement, meilleur manière jusqu'à présent de lutter contre la propagation de la maladie. "Je me félicite qu’une étude clinique de grande ampleur se mette en place, compte-tenu du fait que nous connaissons bien et depuis longtemps ce médicament", déclare Marine Le Pen. "Je pense qu’il y a déjà dans un certain nombre de pays, depuis un certain nombre de semaines, des éléments qui laissent penser qu’il y aurait des résultats prometteurs, mais pas systématiques, nous ne parlons pas d’un vaccin", relève également la députée du Pas-de-Calais.

De son côté, le ministre de la Santé appelle à respecter un principe de précaution. "Nous aurons des études solides qui nous diront si oui ou non c'est un bon traitement. D'ici à 15 jours, nous devrions avoir des données consolidées", a déclaré Olivier Véran dimanche, sur RTL. "Il faut aussi continuer les recherches sur des traitements alternatifs", ajoute Marine Le Pen. "Il faut faire feu de tout bois en cette période ou un traitement est attendu par le monde entier."

"J’ai attiré l’attention du gouvernement, sans succès"

Toujours au micro d’Europe 1, la patronne du RN s’est également fendue de vives critiques sur la réactivité du gouvernement face à la menace que représentait encore la propagation du Covid-19 en début d’année. "Dès le départ de cette crise, j’ai attiré l’attention du gouvernement, sans succès, lorsque j’ai réclamé le 29 janvier la fermeture des frontières des régions les plus touchées", pointe-t-elle. Marine Le Pen estime également ne "pas avoir été entendue", lorsqu’elle a interrogé l’exécutif sur la pénurie de masques de protection. Interrogé sur ce point dimanche, lors de son passage dans Le Grand Rendez-vous sur Europe 1, le ministre de l'Action et des Comptes publics, Gérald Darmanin, a estimé que "ça n’est pas quand on est en guerre qu'il faut faire des polémiques", assurant que le temps des explications viendrait, mais une fois la crise sanitaire passée.

Europe 1
Par Romain David