Covid-19 : le variant britannique représente "20 à 25% des cas en France", selon Véran

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Olivier Véran a fait un point de situation jeudi en fin d'après-midi.
Olivier Véran a fait un point de situation jeudi en fin d'après-midi. © Stéphane Lemouton, AFP
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Alors que la situation inquiète au sein des hôpitaux, la situation sanitaire de la France est "incertaine, fragile, mais sous contrôle", selon le ministre de la Santé jeudi. Sur le plan économique, Bruxelles a annoncé jeudi un abaissement de sa prévision de croissance pour la zone euro mais table sur un rebond plus fort que prévu fin 2021 et en 2022.
L'ESSENTIEL

Les derniers chiffres publiés par Santé publique France mercredi confirment "un plateau déclinant", selon l'expression de Gabriel Attal, porte-parole du gouvernement. En parallèle, les premiers tests salivaires pour détecter le Covid-19 se déploient aujourd'hui dans des hôpitaux, où, par ailleurs, la multiplication des clusters inquiète. D'après Olivier Véran, qui a tenu jeudi une conférence de presse, le variant britannique représente "20 à 25% des cas en France".

Les informations à retenir : 

  • La situation sanitaire de la Franc est "fragile, incertaine, mais sous contrôle", selon Olivier Véran
  • Le variant britannique représenterait 20 à 25% des cas de Covid-19 en France
  • Les tests salivaires se déploient dès ce jeudi 
  • L'Europe reste "vulnérable", selon l'Organisation mondiale de la santé

Une situation sanitaire "fragile, incertaine, mais sous contrôle"

La situation sanitaire française reste jeudi "sous contrôle" bien que "fragile et incertaine", a estimé jeudi le ministre de la Santé, Olivier Véran, lors d'un point presse jeudi en fin d'après-midi. Les chiffres relevés en France décrivent actuellement "un plateau déclinant", a-t-il expliqué, reprenant l'expression du porte-parole du gouvernement. Plus de 21.000 cas ont été diagnostiqués positifs au cours des dernières 24 heures, selon les chiffres de Santé publique France.

Les hospitalisations sont jeudi en baisse, avec 27.007 patients, 454 de moins que la veille. Santé publique France relève au contraire une légère hausse du côté des réanimations, avec 18 personnes de plus que lors du dernier bilan, portant le total à 3.337 patients. 

Le variant britannique représente "20 à 25% des cas en France"

Lors du même point presse, Olivier Véran a estimé que le variant britannique représentait désormais "20 à 25%" des cas de Covid-19 en France. Sa diffusion n'est toutefois "pas inéluctable", a-t-il ajouté. Les variants brésiliens et sud-africains représentent quant à eux environ 4% des cas de Covid-19 enregistrés dans l'Hexagone.

Le ministre a par ailleurs défendu les moyens de diagnostic dont la France est dotée, annonçant la généralisation prochaine des "PCR multiplexes", un séquençage accéléré qui permettra de repérer rapidement les cas de Covid-19 correspondant à l'un des variants. 

L'Europe est "vulnérable"

Malgré une tendance à la baisse des cas, "l'écrasante majorité des pays européens reste vulnérable", a affirmé l'OMS Europe jeudi, mettant en garde contre "un faux sentiment de sécurité" à cause du nombre encore faible de vaccinés contre le Covid-19.

"Si nous n'arrêtons pas la transmission maintenant, les bénéfices attendus des vaccinations dans la lutte contre cette pandémie pourraient ne pas être évidents", a insisté l'Organisation mondiale de la santé.

Les tests salivaires de détection du virus se déploient en France

En France, les premiers tests salivaires seront déployés jeudi dans certains hôpitaux parisiens. Le ministre de la Santé a également précisé que le public prioritaire reste les enfants, dans les écoles, comme l'avait déjà annoncé Jean Castex. Objectif : identifier rapidement les cas positifs pour préserver les écoles "dont nous souhaitons, explique Olivier Véran, qu’elles puissent rester ouvertes le plus longtemps possible". Selon nos informations, les élèves de collèges et lycées devraient aussi rapidement pouvoir en bénéficier.

Ces tests, comme leur nom l'indique, se font avec un simple prélèvement de salive - il n'est donc plus nécessaire d'insérer un écouvillon dans le nez. Le prélèvement est ensuite envoyé en laboratoire pour analyse. Pas question pour le moment de recourir aux autotests salivaires dont les résultats sont quasi immédiats, mais jugés beaucoup trop aléatoires. Plus de détails sur ces tests salivaires dans notre article ici :

80.443 morts, "plateau déclinant", inquiétudes à l'hôpital

Le dernier bilan des autorités sanitaires confirme que l'épidémie de Covid-19 en France est sur "un plateau haut, même s’il apparaît légèrement déclinant depuis une semaine", telle que le décrivait le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal mercredi. Les chiffres des hospitalisations et entrées en réanimation de malades du Covid-19 sur 24 heures étaient en léger repli par rapport à la veille. Les hôpitaux accueillent désormais 27.417 malades du Covid-19, contre 27.634 la veille, avec 1.525 admissions ces dernières 24 heures (+1.931 mardi).

Le nombre de cas testés positifs s'est élevé à 25.837 mercredi, contre 18.870 mardi, et le taux de positivité (personnes positives par rapport à l'ensemble des personnes testées) est resté stable à 6,3%, comme la veille. 

Parmi les sources d'inquiétude : l'augmentation des clusters à l'hôpital. Dieppe, Brest, Arras, Hénin-Beaumont, Périgueux, La Rochelle, Paris… Toutes ces villes françaises connaissent actuellement des clusters importants au sein-même des hôpitaux. Une situation inédite, qui ne s'était pas produite lors de la première vague de l'épidémie de coronavirus, il y a quelques mois. Conséquences immédiates : les soignants, parmi les principaux touchés par la maladie, travaillent à flux tendu, comme on vous l'explique ici : 

L'Allemagne prolonge ses restrictions jusqu'au 7 mars

L'Allemagne va prolonger jusqu'au 7 mars les restrictions en place pour tenter d'endiguer la pandémie de Covid-19 mais va permettre aux régions d'ouvrir leurs écoles si les conditions sanitaires locales le permettent, a indiqué mercredi Angela Merkel. Commerces non alimentaires, restaurants, cafés, musées ou encore équipements sportifs resteront fermés "compte tenu de l'incertitude concernant la propagation des variants du virus", a expliqué la chancelière, à l'issue d'une réunion sur le sujet avec les Etats régionaux. De nouvelles restrictions plutôt mal perçues par les Allemands, comme nous vous l'expliquons dans ce reportage :

AstraZeneca : bénéfice 2020 plus que doublé pendant la pandémie

Une année 2020 en or : le groupe pharmaceutique britannique AstraZeneca a publié jeudi un bénéfice net de 3,2 milliards de dollars, qui a plus que doublé en une année, et des ventes en augmentation de 9%, à 26,6 milliards de dollars par an, tirées notamment par la forte demande de médicaments contre les troubles générés par le virus, comme l'asthme par exemple. Associé à l'université d'Oxford, AstraZeneca est l'un des premiers laboratoires à avoir mis au point un vaccin contre le Covid-19. L'OMS a annoncé mercredi que ce sérum pouvait être administré aux plus de 65 ans et utilisé même dans un pays où circulent des variants, l'efficacité du produit dans ces deux cas de figure ayant été mise en cause ces dernières semaines.

Zone euro : moins de croissance prévue en 2021, rebond plus fort en 2022

Bruxelles a annoncé jeudi un abaissement de sa prévision de croissance pour la zone euro à 3,8% en 2021 (contre 4,2% anticipé à l'automne) mais table sur un rebond plus fort que prévu fin 2021 et en 2022. "Les perspectives à court terme pour l'économie européenne sont plus faibles qu'attendu à l'automne dernier, alors que la pandémie a accru son emprise sur le continent", estime la Commission européenne dans un rapport. Mais elle s'attend à ce que "l'économie de l'UE retrouve son niveau de production d'avant-crise plus vite que prévu, grâce à une dynamique plus forte au deuxième semestre 2021 et en 2022". L'arrivée des vaccins et la chute du Produit intérieur brut l'an dernier (-6,8% en zone euro) moins marquée que prévue, bien qu'historique, permettent de nourrir cette perspective positive. 

L'Ukraine ne veut pas du vaccin russe

Le gouvernement ukrainien a interdit toute homologation de vaccins contre le Covid-19 développés ou produits en Russie, selon une décision publiée mercredi soir. Des politiques prorusses militent pour le déploiement du vaccin Spoutnik V en Ukraine, qui n'a encore aucun vaccin, mais les autorités prooccidentales ont rejeté cette idée estimant que Moscou, qui soutient une rébellion armée dans l'est du pays, utilise ses injections comme arme géopolitique. "L'homologation de vaccins" contre le Covid-19 "développés ou produits dans le pays agresseur (...) est interdite", stipule la résolution du gouvernement adoptée lundi mais publiée seulement deux jours plus tard.

Plus de 2,35 millions de morts dans le monde

La pandémie a fait plus de 2,35 millions de morts dans le monde depuis fin décembre 2019, selon un bilan établi par l'AFP à partir de sources officielles jeudi en milieu de journée. Le Moyen-Orient a franchi la barre des 100.000 morts. Après les Etats-Unis (471.575 morts), les pays les plus endeuillés sont le Brésil (234.850), le Mexique (169.760), l'Inde (155.360) et le Royaume-Uni (114.851).

Le nombre des victimes est globalement sous-évalué. Il se fonde sur les bilans quotidiens des autorités nationales de santé mais exclut les révisions réalisées a posteriori par des organismes statistiques comme cela a été le cas en Russie, en Espagne et au Royaume-Uni.